‹ Œuvres de Henri Heine (volume 4)Chapitre 55 sur 81 · LE CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE

Sur le pâle rivage de la mer je m'assis rêveur et solitaire. Le soleil déclinait et jetait des rayons ardents sur l'eau, et les

blanches, larges vagues, poussées par le reflux, s'avançaient écumeuses et mugissantes. C'était un fracas étrange, un chuchotement et un sifflement, des rires et des murmures, des soupirs et des râles, entremêlés de sons caressants comme des chants de berceuses. — Il me semblait ouïr les récits du vieux temps, les charmants contes des féeries qu'autrefois, tout petit encore, j'entendais raconter aux enfants du voisinage alors que, par une soirée d'été, accroupis sur les degrés de pierre de la porte, nous écoutions en silence le narrateur, avec nos jeunes cœurs attentifs et nos yeux tout ouverts par la curiosité, pendant que les grandes filles, assises à la fenêtre au-dessus de nous, prés des pots de fleurs odorantes, et semblables à des roses, souriaient aux lueurs du clair de lune.

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