‹ Œuvres de J. DelilleChapitre 171 sur 413 · o Per ducis Evandri nomen, devictaque bella · texte numérisé non relu

o Per ducis Evandri nomen, devictaque bella

Spemque meara, patriœ quas nunc subit a^mula laudi, FiJite ne pedibus; ferro rumpenda per hosti3 Est via, qua globus illc virum dcosissimus urget : Hac vos et Pallanta ducem patria alla reposcit. Numina nulla premunt : mortali tirgcnmr an hoste

L'ÉINÉIDE.

Eh ! quel moyen d'ailleurs d'échapper aux combals ? D'un côté c'est la mer qui s'oppose à vos pas; De l'autre vos remparts , les Troyens et la gloire. Votre ari'èt est dicté : la mort ou la victoire. »

Il dit, et tout-à-coup sa bouillante valeur Les entraîne avec lui. Lagus , pour son malheur, Tient s'offrir à ses coups : taudis que du rivage Il enlève un rocher qu'a rencontré sa rage, Il le perce à l'endroit où, traversant le dos. Des deux flancs recouverts de leurs robustes os L'épine en s'alougeant occupe rintersalle. ^ Pour retirer le fer de la lance fatale Par son bras vigoureux avec force enfoncé, Sur l'emicmi mourant taudis qu'il s'est baissé, Hisbon sur le vainqueur lève déjà le glciive, Veut venger son ami : le héros se relève. Et , perçant ses poumons encor gros de courroux , Par un coup plus rapide a prévenu ses coups. Sthénélus lui succède : il poursuit , il immole , Sans respect pour son nom, le superlie Anchemole; Lui qui, de sa marâlre iufame suborneur, De ta coudie , ô Rhétus ! osa souiller l'honneur.

Et vous , au même jour nés de la même mère. Double objet de regre's pour un malheureux père, O Thymber ! ô Laris ! vous tomljez expirants. Vos traits pareils en tout, de vos propres parents Embarrassoient l'amour et la vue indécise, Et leurs yeux se plaisoieut à leur douce méprise. Mais , par deux coups divers , également affreux , Pallas sut trop, hélas! vous distinguer tous deux. La tète de ThyniJDer roule sur la poussière; Et toi, jeune Laris, l'alleinte meurtrière A fait tomber ta main, dont les doigis défaillants Serrent encor le fer de leurs nerfs tressaillants ! Cette main en mourant paroît te reconnoilre. Et ses derniers efforts semblent chercher son maîti'e.

Les exploits de sou chef, encor plus que sa voix,

Mortales; totidem nobis anLmseque manusque. Ecce, maris magna claudit nos objice pontus; Deest jam terra fugse : pelagus Trojamne petemus ? » Haec ait, et médius densos proruinpit in hostis.

J-o Obvius huic primiim , fatis adductus iuiquis ,

Fit Lagus : hune, magno vellit dum pondère saxiim, Intorto figit telo, discrimina costis Fer médium qua spina dabat, hastamque receptat Ossibus haerentem : quem non super occupât Hisbo, lUe quidem hoc sperans : nam Pallas ante ruentem , Dum furit, incautum crudeli morte sodalis, Excipit, atque ensem tumido in pulmone recondit. Hinc Sthenelum petit, et Rhœti de gente vetusta Anchemolum , thalamos ausum incestare novercae.

h° \os etiam gemini, Rutulis cecidistis in arvis, Daucia, Laride Thymberque, simillima proies, Indiscreta suis, gratusque parentibus error : At nunc dura dédit vobis discrimina Pallas; Nam tibi, Thymbre, caput Evandrius abstulit ensis; Te dccisa suum, Laride, dextera quaerit; Semianimesque micant digiti, ferrumque retractant.

Arcadas adcensos mouitu, et praeclara tuentes Facta yiri, mixtus dolor et pudor armât in hoitci.

Et de honte et de rage enflamment à-la-fois Le lier Arcadien, digne enfin de le sui^Te. Rhétus au fer mortel de lui-même se li\Te, Et de l'heureux llus sa mort sauve les jours; La lance de Pallas alloit trancher leur cours, Lorsque Pvhétus, fuyant sur son essieu rapide Les armes de Teuthras et son frère intrépide, Intercepte le coup; et, mourant pour autrui, Tombe, et périt d'im trait qui n'étoit pas pour lui.

Ainsi , loisqu'un berger a de la flamme avide Dispersé dans les bois la semence rapide. De rameaux en rameaux par les veuls emporté Le vaste embrasement s'étend de tout côté; Lui, du haut d un rocher, voit leurs touffes brillantes, Et suit d'un œil content les flammes triomphantes : Ainsi, brave Pallas, tout s'enflamme à ta voix, Et les liens à l'envi secondent tes exploits. Mais, rappelant sa force et sa valeur guei'rière, Halésus à leur rage oppose une barrière : Déjà tombent ensemble aux gouffres de Pluloa Le fier Démodocus , et Phérète et Ladon. Sur lui Sirymon levoit sa redoutable épée; Mais par un coup plus prompt sa main tombe frappée. Un roc atteint Thoas : avec ses os meurtris De son cerveau sanglant s'envolent les débris. Ecoutant de son cœur les alarmes trop sûres (Le cœur devine mieux souvent que les augures), Le père d'Halésus le cacha dans les bois; Mais quand du sort lui-même il eut subi les lois, La Parque sur son fils jetant sa main cruelle A Pallas dévoua sa viclime noinelle.

" O fleuve des Toscans ! dit le brave Pallas , Viens, et conduis le trait que balance moa brasi Conduis-le dans le sein de ce guerrier farouche. Si tu remplis le vœu que t'adresse ma bouche. Si ta faveur le livre à mes heureux efforts. J'orne de sa dépouille un chêne de tes bords. »

Tum Pallas bijugis fugientem Rhœtea praeter 4oo Trajicit. Hoc spatium, tantumque morae, fuit llo; Ho, namque procul validam direxerat hastam, Quam médius Rliœteus intercipit, optime Teuthra, Te fugiens, fratreraque Tyren; curruque volutus Caedit semianimis Rutulorum calclbus arva. Ac velut, optato ventis œstale coortis.

Dispersa inmittit silvis incendia pastor; Conreptis subito raediis, extenditur una Horrida par latos acies Volcania campas; Ille sedens victor flammas despectat ovantis : 410 Non aliter socium virtus coit omnis in unum, Teque juvat, Palla ; sed bellis acer Halesus Tendit in adverses, seque in sua conligit arma. Hic maclat Ladona, Pheretaque, Demodocumque; Stryraonio dextram fulgenti deripit ense Elatam in jugulum; saxo ferit ora Thoantis, Ossaque dispersit cerebro permixta cruento. Fata canens silvis geuitor celarat Halesum; Ut senior leto canentia lumina soivit, Injecere raanum Parcae, telisque sacrarunt <2° Evandri : quem sic Pallas petit ante precatus :

<< Da nunc, Thybri pater, ferro, quod missile libre.

Pallas est exaucé : tandis que sa jeunesse Du vieillard Imaon prolégeoit la foiblesse , Halésus à la mort livre un sein désarmé.

Par ce coup éclatant Lausus est alarmé : Pour ranimer des siens l'audace défaillante, Lausus, s'abandonnant à sa fougue bouillante, Frappe l'énorme Abas , e( tenasse avec lui Des Troyens effrayés le plus superbe appui : Toscans, Arcadiens, et les héros de Troie, Tainqueurs même des Grecs, sont devenus sa proie. L'un sur l'autre portés, l'un de l'autre rivaux, Les deux camps , chefs , soldais , font des efforts égaux ; Les rangs pressent les rangs, les U-aits manquent d'espace; Dans Pallas , dans Lausus , même ardeur, même audace : ■ Tous deux jeunes, tous deux éclatants de beauté. Mais , hélas ! de leur sort triste fatalité ! Tous les deux sans retour ont quitté leur patrie; T-ous deux cherchent la mort; et, malgré leur furie, Par les coups l'un de l'autre ils ne périront pas ; Un dieu gaide leur chute à de plus nobles bras.

Dans ce même moment, Turnus à pas rapides Pousse parmi les rangs ses coursiers intrépides; Sa sœur l'a fait voler au secours de Lausus. Il arrive. « Arrêtez , dil-il , c'est à Turnus A combattre Pallas ; moi seul du téméraire Je dois tirer vengeance : eh ! que ne peut son père Voir comment un guerrier traite un jeune orgueilleux ?» Il dit, et tout fait place à ce combat fameux. Pallas du fier Turnus admire l'arrogance. Son superbe courroux, son port, sa taille immense; Et son œil, répondant à son regard altier. Avec un froid dédain le parcourt tout entier. « Tiens, dit-il; que ma main t'arrache la victoire,, Ou qu'un trépas illustre honore ma mémoire,

Fortunam atqu2 viam duri per pectus Halesi; Haec arma exuviasque viri tua quercus babebit. » Audiit illa dcus : dum texil Imauna Halesus, Arcadio infelix telo dat pectus inermum.

At non caede viri tanta perterrita Lausus, Pars ingens belli, sinit agmina : priinus Abantem Oppositum interimit, pugnœ nodumque moraraquc. Sternitur Arcadiœ proies; stcrnuotur Etrusci;

43o £t vos, 0 Graiis inperdita corpora, Teucri.

Agmina concurrunt ducibusque et viribus xquis. Extremi addeusent acies; née turba moveri Tela maousque slnit : hinc Pallas instat et urget; Hinc contra Lausus, nec multum discrepat «tas, Egregii formae; sed quels fortuna negarat In patriam reditus : ipsos conçu rrere passus Haud tamen inter se magni regnator Olympi; Moi illos sua fata manent majore sub hoste. Interea soror aima monet succurrere Lauso

<♦<> Turnura, qui voiucri curru médium secat agmen. Lt vidit socios : « Tempus desistere pugns; Solus ego in Pallanta feror; soli mihi Pallas Debetur ; cuperera ipse parens spectator adesset. » Haec ait, et socii cesseront sequore jusso. At, Rutulum abscessu, juvenis tum jussa superba Miratus, stupet in Turno, corpusque per ingens Lumina volvit, obitque truci procul omnia visu :

A mon pore , crois-moi , l'un ou l'autre est égal :

Cesse donc la menace, et connois ton rival. »

Il dit, et sans effroi, sans arrogance vaine.

Au devant de Turnus s'aviince dans la plaine :

De ses braves soldats tout le sang s'est glacé.

Mais déjà de son char Turnus s'est élancé;

C'est à pied, c'est de près, et sans vaine assistance,

Qu'il veut contre Pallas mesurer sa vaillance;

Et tel qu'un fier lion, qui dans un pré lointain

Voit un taureau farouche au front large et hautain

Préparer au combat sa corne menaçante.

Part, les crins hérissés et la gueule écumante;

Ainsi Turnus accourt d'un pas précipité.

Inégal en vigueur, mais égal en fierté ,

Pallas le voit venir, et l'attend sans rien craindre;

Et, s'arrètant au lieu d'où le trait peut l'atteindre,

« Toi qui daignas t'asseoir aux festins paternels.

Hercule! entends ma voix des palais éternels,

Dit-il ; que ce Turnus à sa main expirante

Me voie ici ravir son armure sanglante;

Qu'il descende aux enfers , la rage dans le cœur.

Et de ses yeux mourants distingue son vainqueur ! »

Hercule en gémissant écoute sa prière;

La pitié de ses pleurs a mouillé sa paupière.

« Mon fils, dit Jupiter, dans cet humain séjour

Chaque mortel paroît, disparoil sans retour;

Mais par d illustres faits vivre dans la mémoire.

Voilà la récompense et le droit de la gloire.

Ilion vil périr plus d'un enfant des dieux;

Et Sai'pédon mon fils n'esl-il pas mort comme eux ?

Ce fier Turnus lui-même, il faudra bien qu'il meure.

Et la Parque déjà file sa dernière heure. »

Ainsi dit Jupiter, et du palais des cieux

Vers les champs des Latins il rejette les yeux.

Talibus et dictis it contra dicta tyranni :

« Aut spoliis ego jam raptis laudabor opimis,

4âo Aut leto insigni : sorti pater aequus utrique est. Toile minas. » Fatus, médium procedit in aequor. Frio-idus Areadibus coit in praecordia sanguis. Desiluit Turnus bijugis; pedcs adparat ire Comminus : utque Ico , spécula quum vidit ab alla Stare procul caraiiis meditantem in pra^lia taurum, Advolat : haud alla est Turni venientis imago. Hune ubi contiguum missae fore crcdidit hastae Ire prior Pallas, si qua fors adjuvet ausum Viribus inparibus, maguumque ita ad athera fatur :

460 „ Per patris hospitium, et meusas, quas advena adisti. Te prccor, Alcide, cœptis ingeutibus adsis; Cernât semineei sibi me rapere arma cruenta , Victoremque ferant morientia lumina Turni. " Audiit Alcidcs juvencm, raagnumque sub imo Corde premit gemitura , lacrvmasque effudit inaues. Tum Genitor natura dictis adfatur amicis : « Stat sua cuique dies ; brève et inreparabile tempus Omnibus est vitae; sed famam extcndere factis, Hoc virtutis opus. Trojae sub mœnibus allis

JT" Tôt gnati ceciderc deum; quin occidit una Sarpedon, mea progcnies : etiam sua Turnum Fata vocant, metasque dati pcrvenit ad aevi. » Sic ait, atquc oculos Rutulorum rejicit arvis.

Ces deux fameux rivaux déjà sont en présence : Pallas d'un bras nerveux a fait voler sa lance ; Et, tandis qu'il saisit son glaive étiucelani, Le trait impélueux, qui s'élance en siftlant, Va frapper à l'endroit où l'épaule cachée Supporte la cuirasse autour d'elle attachée ; Et, malgré le pavois dont il perce les hords, Son fer du grand Turuus vient effleurer le corps. Pallas avec transport accepte ce présage , Et cet heureux essai redouble son courage. Tiu'nus d'un bois noueux , que termine un long fer. Arme son bras puissant, le balance dans l'air : « Tiens, vois qui de nos traits est le plus redoutable ! » Il dit : au même instant le dard inévitable, Malgré l'airain, le fer dans la flamme durcis. L'un sur l'autre plojés, l'un par l'autre épaissis. Malgré les doubles peaux que son tissu rassemble, Traverse sa cuirasse et son cœur tout ensemble. Le courageux Pallas l'arrache tout saiiglcuit; Et sa vie aussitôt s'échappe avec son sang. Sous l'inutile poids de sa brillante armure, Le jeune infortuné tombe sur sa blessure , Et mord, en insultant le bras qui l'a dompté, De ces bords ennemis le sable ensanglanté, Turnus, d'un pied cruel foulant ce triste reste, « Vous, témoins d'une audace à son ûls si funeste. Soldats d'Évandre , allez , remettez-le en ses bras ; C'est ainsi que j'ai dû lui renvoyer Pallas. Cependant je veux bien , pour consoler un père , Accorder à son corps l'asile funéraire : Qu'il lui dresse un tombeau, j'y consens; mais ce iils Aura payé bien cher ses funestes amis ! » Il dit, et, sur son corps posant son pied barbare. Saisit son baudrier, l'en dépouille , et se pare De ce riche trophée où l'art a reproduit Cet hymen exécrable et cette horrible nui»

At Pallas magnis emittit viribus hastam, * Vaginaque cava fulgenteni deripit ensem. * Illa volans, humeris surgunt qua tegmina summa, Incidit, atque, viam clypei tuolita per oras. Tandem etiara raagno strinxit de corpore Tiirni. Hic Turnus ferro prseSxum robur acuto

<S° In Pallanta diu librans jacit, atque ita fatur :

« Adspice, num mage sit nostrum penetrabile telum. » Dixerat; at clypcum, tôt ferri terga, tôt aeris, Quum pellis totiens obeat circumdata tauri, Vibrant! médium cuspis transverbeiat ictu, Loricaequae moras, et pectus perforât ingens, nie rapit calidura frustra de volncre telum ; Una eadcmque via sanguis animusque sequuntur. ■Coaruit in volnus; souitum super arma dedere ; Et terram hostilem moriens petit ore crucnto.

190 Qucm Turnus super adsistens :

« Arcades, haec, inquit, memorcs mea dicta refertc

Evandro : qualem meruit, Pallanta remitto.

Quisquis honos tumuli, quidquid solamen humandi est,

Largior ; haud iUi stabunt vïneia parvo

Hospitia. » Et lœvo prcssit pede, taJia fatus,

Exanimera , rapieus inmauia pondéra baltei ,

Inpressumquc nefas : nna suh nocte jugali

Qui , cachant les forfaits des lâches Danaïdes , Inondèrent de sang leurs couches homicides ; Du travail de Clonus superbe monument.

Turnus s'en applaudit. Fatal aveuglement! Combien de sou bonheur l'homme aisément s'enivre] Sans prévoir l'avenir, au présent il se li\Te. Hélas! le moment vient, il ne tardera pas, Oîi l'orgueilleux Turnus paiera cher ce trépas; Et, teignant de son sang ces marques de sa gloire, Maudira, mais trop tard, sa fatale victoire! Cependant de Pallas les amis gémissants Poussent en longs sanglots de lugubres accents , L'environnent en foule, et, l'arrosant de larmes, Piapporlent ce guerrier étendu sur ses armes. O cher et triste objet! ô combien ton cercueil Va porter chez Évandre et de gloire et de deuil ! Hélas ! à peine entré dans la lice guerrière , La mort avant le temps vient finir ta carrière. Console-toi; le sort, en abrégeant son cours, Ajoute à ton grand nom ce qu'il ôte à tes jours.

Bientôt un avis sûr au généreux Énée Du malheureux Pallas apprend la destinée, Lui dit quel grand danger environne les siens, Qu'il est temps de voler au secours des Troyens. Il part, moissonne tout sur son sanglant passage. C'est toi , Turnus , c'est loi que demande sa rage : Pallas et son trépas , Évandre et sa douleur. Sont présents à ses yeux, sont présents à son cœur: Il n'a pas oublié les services d'Évandre, Sa table hospitalière et son accueil si tendre. De Sulmon et d'Ufens huit malheureux enfants Par ses terribles mains sont saisis tout vivants; Du bûcher d'un ami, dont l'ombre les réclame, Bientôt leur sang captif arrosera la flamme. Magus au même instant se présente à ses coups; Le trait vole : aussitôt, tombant sur ses genoux,

Csesa manus juvenum fœde , thalamique cruenti ; Qux Clonus Eurytides multo cselaverat auro;

^00 Quo nunc Turnus ovat spolio gaudelque potitus. ISescia mens hominum fati, sortisque futurs. Et servare modum, rébus sublata secundis! Turno tempus erit , magno quum optaverit eratuiu lutaetum Pallanta, et quum spolia ista dicmque Oderit ! At socii multo gemitu lacrymisque Inpositum scuto referunt Pallanta fréquentes. O dolor, atque decus magnum rediturc parcnti! Hsec te prima dies bello dédit, hœc eadem aufert; Quum tamen ingentis Rutulorum linquis acervosj

i'o Wec jam fama mali tanti, sed ccrtior auctor Advolat jEneae, tenui discrimine leti Esse suos : tempus versis succurrere Teucris. Proxima quaeque metit gladio, latumque per agmen Ardens limitem agit ferro; te, Turne, superbum Cïdc nova quarens. Pallas, Evandcr, in ipsis Omuia sunt oculis; mensae, quas advena primas Tune adiit, dextraeque datae. Sulmone creatos Quatuor hic juvcnes; totidem, quos educat Ufens, Vivenlis rapit, inferias quos immolet umbris,

^20 Captivoque rogi perfundat sanguine flammas. Inde Mago procul mfensam contenderat hastam ,-

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