LIVRE VII
Alleslàt la graudem- de sa noble origine ; Qui, doué de raison, sentant sa dignité, Revint comme à sa source à la divinité, La peignit dans ses traits, brillât de sa lumière ; Aux pieds de l'Eternel envoyât sa prière, Fivàt sur lui son cœur, son esprit et ses yeux.
« O mon fils ! dit alors le monarque des deux , Créons 1 homme pour nous , créons-le à notre image ; Que du monde il reçoive et m'apporte l'hommage. » Il dit, et tu naquis; lui-même eu chaque trait Grava sa ressemblance, et traça son portrait. Tu vivais seul encor, mais sa main paternelle Forma pour ton bonheur ta compagne fidèle ; Puis il dit à tous deux : « Allez, heureux époux, Tivez, croissez, aimez, et multipliez-vous; De vos nombreux enfants peuplez ce nouveau monde. Et rangez sous vos lois les airs, la terre et l'onde. » (Mais toi, dans quelque lieu que le ciel t'ait formé, Car alors aucun lieu n'étoit encor nommé, Adam, tu t'en souviens, de ses mains bienfaitiices, Lui-même le porta dans ces lieux de délices, Dont les brillantes fleurs et les fruits savoureux Sont à-la-fois le charme et du goiit et des yeux. Eh bien ! les fleurs, les fruits que ce lieu te présente, A tes fibres désirs sa bonté complaisante Les abandonne tous; mais du bien et du mal L'arbre, intei-dit pour loi, te deviendroit fatal. Oui , par lui de la mort doit connnencer l'empire : Qui le cueille est coupable, et qui le goûte expire. Contiens donc tes désirs.) Il dit, vil ses travaiLX, Et s'admira lui-même en les voyant si beaitx ;
i'o GoverD the rest; self-knowing, and from thence Magnanimous to correspond with hcaven; But grateful to acknowledge whence Lis good Descends, thither with heart, and voice, and eves Directed in dévotion , to adore And worship God Suprême, wbo made Lira cbicf Of ail his Works : therefore the' Omnipotent Eternal Father (for where is not Le Présent?) thus to his son audiblr spake : ' Let us make now man in our image, man
iîo In our similitude; and let them rulc Over the fish and fowl of sea and air, Beast of the field, and over ail the earlh. And everv creeping thing that creeps the ground. •» This said, he form'd thee, Adanf; thee, O man! Dust of the ground, and in thv nostrils breatL'd TLe breath of life; in his own image he Created thee, the image of God Express; and thon becam'st a living soul. Maie Le created thee; but thr consort
53o Female, for race; then l>less'd mankind , and said: ' Be fruitful, multiplv, and fill die earlh; Sulidue it, and tbroughout dominion hold Over fish of the sea, and fowl of the air. And everv living tbiog that moves on the' earth. ' Wherever thus created, for no place Is yet distinct by name, thence (as thou know'st) Ile brought thee into this delicious grove, 'l'his garden, pianted with the trees of God, Délectable both to bchold and tasle;
Et le sixième soir et la sixième aurore Aux prodiges du jour applaudirent encore.
« Là ne s'arrête point l'infatigable auteur : De sa demeure sainte il gagne la hautem- ; Veut, du fond de sa gloire et de son sanctuaire, Qu'habite sa grandeur, qu'entoure le mystère, Toir ce jeune univers si beau, si gracieux. Conforme à sa pensée , et digne de ses veux ; Toir son empire accru de ses nouveaux empires. Il s'élève en triomphe; et d'innombrables Ivres, Les acclamations, les chants et les concerts, Félicitent l'Auteur, le Roi de lunivers.
« Un hymne universel (lu l'entendis sans doute) Accompagnoil le char vers la céleste voùle ; Tous les astres rendoient un son harmonieux ; Les cieux applaudissoient, l'air répondoit aux cieux. Les soleUs sarrètoient , et, jeune, vierge et pui-e, La nature fètoit le Dieu de la nature.
« Le voici ! s'écrioient tous les anges en chœur ; Voici de l'univers l'incomparable Auteur ; Il arrive : ouvrez- vous , demeures élhérées ! Et vous , sur vos gonds d'or roulez , portes sacrées ! De son sixième jour l'ouvrage est accompli : Il revient triomphant, son décret est rempli. Qu'à nos vœux, à nos voLx le ciel entier réponde : Rien ne manque à sa gloire , il a créé le monde ; Il a fait l'univers, il fait notre bonheur. Du séjour des élus impérissable honneur. Lui-même au milieu d'eux a choisi sa demeure; Dieu sera près de nous ; nous jjourrons à toute heure L'adorer, le servir, et porter aiLX humains
5*0 And freelv ail their pleasant fruit for food
Gave thee; ail sorts are herc that ail the earth yields, Varielv without end; but of tlie tree, ^Vhich, tasted, works knowledge of good and evil, Thou maj'st not; in the day thou eat'st, thou dicst; Death is the penalty impos'd : beware.
And govern weLl thy appetite; lest Sin Surprise thee, and her black alfendant, Dealh. Herc finisii'd he, and ail that he had made View'd, and bchold ail was entirely good;
5^ So even aud morn accompllsL'd tLe sixtL daj. « Vet not till the Creator from his work Desisting, though unwearicd, up relurn'd, Lp to the beaven of heavens, his high abode; Thence to bchold this new-created world, The' addition of his empire, how it show'd lu prospect from his throne, how good, Low fair, Answering Lis grcat idea. Up Le rode Follow'd witL acclamalion, and iLe sound SympLonious of ten tLousand Larps, that tun'd
^f"' Aogelic harmonies : the earth, the air
P.esouoded, (thou remcmber'st, for tLou Leard'st,) The heavens and ail the constellatiDns rung, The planets in tlicir station listening stood, AVLile the bright pomp ascended jubilant.
' Open, ye cverlasting gâtes! they sung, Opcn, ye heavens! your living doors; let io The great Creator from Lis work return'd Magnificent, Lis six davs' work, a world! Open, and Lencclorth oft; for God will deign
PARADIS PERDU
Les trésors de sa grâce et les dons de ses mains ;
Lui rapporter leurs vœux , lein-s hommages fidèles.
Pour jamais ouvrez-vous, demeures élernelles;
Et puissent cire unis par d'invincibles nœuds
Et l'homme et le Très-Haut , et la terre et les cicux ! »
«Tels, du chaos domplé solennisant la fête, De leur Roi triomphant ils chantoient la couquète. Il approche : soudain du séjour fortuné Sur leurs gonds éicrnels les portes ont tourné : Les deux ballants font place à ses grandeurs suprêmes, Et devant ses regan'.s ont reculé d'eux-mêmes ; Dans sa demeure enfin leur maitre est arrivé. Un chemin sablé d'or et d'étoiles pavé , Sur une mer de feu le conduit dans son temple. Tel , au milieu des nuits , ton œil charmé contemple Cette voie où, pareils à des points enllammés , En poussière d'argent les astres sont semés. Il entre : à sou aspect tout s'enivre de joie.
« Mais l'omljre sur Éden par degrés se déploie : La septième soirée obscurcit l'univers; Le jour fuit, le soleil redescend dans les mers; Et du pâle orient , nageant déjà dans l'ombre , Le crépuscule obscur annonce la nuit sombre. Enfin, le fils de Dieu parvient au mont sacré, Qui, de foudres, d'éclairs et d'ombres entouré, Et porlant jusqu'aux cieux sa cime inviolable, Est du trône de Dieu la base inébranlable. A côté du Très-Haut le Verbe s'est assis : Le père en ses travaux accompagnoil son fils , Privilège divin de la toute-puissance :
Seul il remplit l'espace, et tout sent sa présence. L'Auteur, la fin de tout, lui-même de sa maiii Des mondes à son fils a tracé le dessin. Six jours aiusi remplis, rarchitccte suprême
^7° To visit nft the dwellings of jiist men, Dcligliled; atid with fréquent intcrcourse Thilher will send his winged njesseogers On errands of supernal grâce. '
So siing, Tlie glorious train asccnding : he through heavcn, That open'd wide her blazing portais, led To God's cteinal house direct the way ; A broad and ample road, wliose diist is gold And pavements stars, as stars to Ihce aj)pear, Seen in the galaxy, that milky wav, 53o ^vliich nightly, as a circling zone, tliou seest Powdcr'd with stars.
And now on earth the sevcnth Evening arose in Eden, for the sun Was set, and twilight from ihc east came on, Forerunning night; «lien at the holy mount Of heaven's high-sealed top , the' impérial throne Of Godhead, lix'd for ever firm and sure, The filial power arriv'd, and sat him down With his great Fathcr; for lie also went Invisible, yet staid, (such privilège ^0'^ Hath Omniprésence) and the work ordain'd, Author and end of ail things; and, from work Now resting, bless'd and hallow'd the seventh dav, As resting on that day from ail his work, But not in silence whoUy kept.
Consacre le septième au repos , à lui-mcme. Tout le ciel fut en paix, et de ses saints loisirs Ses anges fortunés partageoient les plaisirs.
« Mais, dans ce calme heureux, leur sublime délire Ne laissa reposer la harpe, ni la lyre; Durant le jour enlier l'orgue majestueux. Les fils releniissants du lulh volu[)lueux, La voix mélodieuse à la cithare unie, Ensemble répandant un torrent d'harmonie. Tantôt résonnoieiit seuls, et tantôt tour-à-tour. Des fleurs jonchent au loin le célesle séjour ; L'encens fume, et porté vers la montagne sainte. D'un nuage odorant en a voilé l'enceinte.
<c Salut, ô Jého\ah! chanloit le ciel en chœur; Tu nous reviens plus grand que quand ton bras vainqueur Foudroya la révolte et vengea ton empire. Tu déiruisois alors, et tu viens de produire. Ton empire est sans borne, et ton pouvoir sans fin : Contre un de tes regards, contre un trait de ta main. Que pouvoit, Dieu puissant, leur ligue ambitieuse .'' En vain ils espéroient (espérance trompeuse 1), Décourageant la foi, refroidissant l'amour, Séduire tes sujets et dépeupler ta cour; Tu te lèves : soudain tes ennemis succombent ; Ton trône est agrandi de leurs trônes qui tombent. Mais la bonté, grand Dieu, tire le bien du mal. Ce globe, qu'environne une mer de cristal. Ce beau séjour de l'homme est ton heureux ouvi'age : Placé si près du ciel, lui-même en est l'image. Que son sein est fécond, son domaine étendu ! Qu'avec grâce dans l'air ta main l'a suspendu ! De quels feux rayonnants la clarté l'environne ! De quels astres pompeux tu formas la couronne ! Monde encore désert, mais dont peut-être un jour
The Iiarp Had work and restcd not; the solemn pipe. And dulciiner, ail organs of swcet stop, AU sounds on fret by string or golden wirc, Tcmpcr'd sofi tunings, iutermix'd with voice Choral or unison : of incense clouds,
<^o Fuming from golden censcrs, hid the moiiut. Création and the six days' acts they sung : ' Great are Ihy works, Jchovah! infinité Tliy power! what thought can ineasure thec, or longue Relate thee? Greater now in ihy return Tlian from the giant angels : thee that day Thy thunders luagnified; but to croate Is greater than created to destroy.
Who can impair thee, mighty king, or bound Thy empire? Easily the proud attem[)t
6'o Of spirits apostate, and llieir counscls vain,
Thou hast repell'd; while impiously they thought Thee to diminisii, and from thec withdraw The nuniber of thy worsliippers. Who seeks To lessen thee, against his purpose serves To manifest the more thy miglit: his evil Thou uscst, and from ihence creat'st more good. Witness this ucw-raade world, anolher heaven From hcavcn-gate not far, founded in view On the clear hyaline, the glassy sea;
Czo Of amplitude almost immense, with stars