‹ Œuvres de J. DelilleChapitre 328 sur 413 · REMARQUES DES LIVRES III ET IV · texte numérisé non relu

REMARQUES DES LIVRES III ET IV

La même ëncrgîe dislingue les vers où Milton peint les portes de l'enfer s'ouvrant devant leur souverain. Mais rien n'égale les couleurs dont il a peint son voyage à travers le vide et le chaos : là tout est de sa création; et, si ces idées sont fantastiques, du moins elles sont neuves, animées, et revêtues de la plus magnifique poésie : on peut dire que le génie de Milton a peuplé le vide et dompté le chaos; sur-tout il a représenté avec une justesse parfaite l'espace mitoyen où le chaos touche à la création, l'ordre au tumulte, et la lumière à l'ombre. En uu mot, dans ce chant les défauts sont rares et les beautés sont nombreuses; ainsi que dans le premier, les discours et les descriptions y sont admirables; et jamais l'imagination poétique ne s'est montrée ni plus féconde, ni plus originale.

Page 1