REMARQUES DU LIVRE VIIÎ
jicut en rcjelanl la terre mitoiir rlVux, à la taupe qui sort de la terre. Cette comparaison paroît manquer de goût : la taupe, i|ui dans ce jour fait elle-même partie de Ja création , ne devoit pas être un objet de comparaison; je lui ai donc rendu la place à laquelle elle avoit droit comme les autres animaux. Milton, dans cette énuraération, s'est bien gardé d'oublier le serpent, qui bientôt va devenir l'instrument et l'organe de l'ennemi du genre bumain. C'est un des passages les plus ingénieux de ce chant; et quoiqu'il ne lui donne point encore le caractère de la méchanceté , il le peint comme facile à s'irriter, el annonçant quelquefois un instinct d'inimitié contre l'homme. Raphaël en avertit Adam, et finit par ces mots :
• Mais bientôt plus paisible, ou du moins plus prudent , Il se calme et répond à la voix qui l'appelle : Ne deviens point ingrat, il te sera fidèle. .
Après la création des animaux, Milton peint admirablement ce monde nouvellement créé, étonné de son éclat, jouissant de sori bonheur, et se félicitant de sou cxislcuce. Avec quel art il prépare la naissanee de l'homme! Sans lui la nature est imparfaite, et il manque au monde son plus bel ornement. Ix portrait qu'il trace de l'homme est court, mais sublime: il est l'image de Dieu; c'est par lui que le ciel veut communiquer avec la terre, et recevoir l'hommage de la créature, qu'il lui permet de partager avec la divinité. Un des traits les plus profonds, c'est le privilège qu'a reçu l'homme de communiquer avec le ciel par la prière.
Comme on le voit, rien n'est oublié dans ce tableau, qui caractérise la dignité, je dirai presque la divinité de l'homme; niais re qui est au-dessus de tout éloge , c'est la peinture du Créateur montant et remontant vers le ciel, contemplant du haut de son sanctuaire, avec un œil de complaisance, la créalion nouvelle , el s'admirant dans l'œuvre de ses mains; la nature entière, les planètes, les étoiles, les soleils, le féliciîant sur son passage, se répondant en chœur, et formant un vaste concert de l'harmonie de tous les éléments. L'hymne que les anges chantent à sa gloire est plein du plus céleste enthousiasme, et termine magnifiquement le grand œuvre de la création.
Milton, d'une manière non moins heureuse ni moins brill.inle, a peint la fête que célèbrent dans le ciel les esprits immortels, et leur second cantique ne le cède au premier ni en chaleur, ni en magnificence. Si ce chant pouvoit avoir quelque défaut, ce seroit celui de retarder l'action; mais par son sujet il est lié à l'événement principal d'une manière si heureuse, qu'il doit être regardé comme un des plus beaux de l'ouvrage-