A UN AIMABLE GOUTTEUX
Cher d'Aigremont, d'où te vient, à ton âge,
Ce mal effréné , dont la rage Au grand galop suit ton rapide essieu , Et pour qui, t'cloignant de ton doux parenlage. Tu te mets en pèlerinage Pour je ne sais quel triste lieu.
Où l'eau du cru sera ton seul breuvage .•* Est-ce le dieu du vin, est-ce l'aveugle dieu ? Le buvois-tu mousseux ? la trouvois-tu jolie ? Ou bien est-ce à-la-fois l'une et l'autre folie? (Car de l'une et de l'autre on te soupçonne un peu);
A ton retour tu nous en dois l'aveu.
En attendant, hélas! la goutte est du voyage; Mais tu la souffres comme un sage, Et la chantes comme Chaidieu.