‹ Œuvres de J. DelilleChapitre 381 sur 413 · VAILLANT DE BRULE · texte numérisé non relu

VAILLANT DE BRULE

Grand merci , belle Caroline ,

Grand merci , charmante Claudine , De ces riches tissus travaillés par vos mains ;

Les rois mêmes en seroient vains.

Ces mailles , de Vulcain ingénieux ouvrage , Qui , sur Mars et Vénus expiant son outrage , Dans le même filet les surprirent tous deux , Et de leur embarras amusèrent les dieux ;

Pallas , dont l'aiguille savante , Marioit les couleurs sur la toile vivante ; Araclmé, que perdit un défi périlleux,

Et dont le changement funeste

De la tapissière céleste

Vengea le dépit orgueilleux ;

Enfin tous ces arts merveilleux,

Jadis si vantés dans la Grèce , Auroient cédé la palme à voire heureuse adresse. Plus clairvoyant, je l'admirerois mieux;

Privé de la douce lumière ,

De l'ingénieuse ouvrière A peine j'entrevois le travail précieux ; Mais mon cœur en jouit, au défaut de mes yeux.

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