‹ Œuvres de J. DelilleChapitre 411 sur 413 · A I, OCCASION DU VOYAGE D ANACHARSIS · texte numérisé non relu

A I, OCCASION DU VOYAGE D ANACHARSIS

Si vous ne deviez pas. Monsieur, êlre dégoûté déloges, je vous dirois que votre ouvrage m'a paru ef-

frayant d'érudition et de connoissances , comme il m'a paru enchanteur de style et d'exécution. Avant vous , on n'avoit jamais imaginé qu'aucun ouvrage pût dispenser de lire Platon, Xénophon , tous les historiens, et tous les philosophes de la Grèce. Votre ouvrage, le plus beau résultat des plus profondes lectures, lient lieu de tout cela; et un littérateur peu fortuné avoit raison de dire que voire livre est une véritable économie. Il étoil impossible de faire de toutes ces idées el de toutes ces pensées une masse plus brillante et plus solide; el voire ouvrage m'a rappelé ce mêlai de Corinlhe , composé de tous les mélaux , et plus précieux qu'eux tous. C'est le géuie qui a fondu tout cela.

Ces Grecs , qui savent à peine s'ils ont eu des aïeux illuslres, seroient un peu élonncs , si on leur disoit qu'un étranger a passé trente ans de sa vie à faire leur intéressante généalogie, el a découvert les titres de leur gloire nationale.

On ne peut rien ajouter aux charmes de vos descriptions. Le plus grand poète de la Grèce, cet homme dont vous avez si dignement parlé, passoitpour le premier de ses historiens; el son nouvel historien auroil, comme Plalon , passé pour un de ses plus grands poêles, si une action dramatique, des caractères bien soutenus, des images brillantes, sont de la poésie.

Les villes de la Grèce regardoienl comme un lilre de gloire d'être nommées dans les poèmes de celui dont elles se dispuloient le berceau. Jugez, Monsieur, si moi , qui occupe dans l'empire des lettres un si petit coin, je dois être fier de trouver mon nom dans votre magnifique ouvrage. Il esl intéressant pour toutes les classes de lecteurs ; mais il acquiert un nouveau degré d'intérêt pour ceux qui ont vu les scènes des grands événements que vous décrivez. Vous avez vu les lieux mêmes aussi bien (jue les voyageurs les plus atlenlifs. En revenant d'Albènes, je m'élois flallê un moment d'être consulté par vous ; je fus agréablement surpris d'être instruit par vous - même de tout ce que j'avois TU. On dit que l'Académie d'Athènes va être associée à celle de Paris ; je rends grâces à celui par qui va s'opérer cette confraternité : il sait combien je me tiendrai honoré de la sienne, el l'inviolable attachement que je lui ai voué.

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