DISCOURS
(Œuvres diverses, — Paris, in-4*, 1644 ]
Les Discours suivants font partie des Œuvres diverses de Balzac, publiées en 1644. De ces discours, quatre sont dédiés à madame de ' Rambouillet *, à savoir : le Romain, la Conversation des Romains, Mecenas, et le morceau sur la Gloire. L'auteur se plaît à exposer aux regards de l'illustre descendante de la famille romaine des Savelli les images héroïques de ses ancêtres : leur grandeur, leur vertu, leur désintéressement dans la vie publique, leur urbanité dans la vie privée. Ce n'est peut-être pas là Rome historique : c'est plutôt Rome idéalisée, Rome telle que la voyait Corneille, à une époque grande où l'on voyait tout en grand.
La dissertation sur la tragédie latine de Daniel Heinsius, intitulée Herodes infanticida, développe une question de critique qui a été fort agitée de nos jours. Balzac s'élève déjà avec beaucoup de raison et d'éloquence contre l'alliance adultère de l'art chrétien avec les inuses païennes. Il paraît que le savant Heinsius sentit la force de cette cri-
* Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, née à Rome vers 1588, fille de Jean de Vivonne, marquis de Pisani, habile négociateur sous les règnes de Henri 111 et de Henri IV, et de Julie Savelli, dame romaine. Elle mourut en 1665. I 12
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tique, car il voulut se venger, et s'avisa d^exhumer un petit Discours politique sur VEstat des Provinces-Unies, que Balzac avait écrit en 1612, à Fépoque de son voyage en Hollande, véritable déclamation d*un écolier, que son enthousiasme pour la révolte des Pay.- Bas commençait peut-être à prévenir en faveur de la Réforme. Chîigriné de la résurrection de cet opuscule dont il avait perdu le souvenir, il s'en explique ainsi avec Chapelain : « D est vray que je suis Fautheur du Discours qui ne craint pas assez les foudres de Rome... mais il est vray aussi que je le composai dans Li chaleur d'un âge qui excuse de bien plus grandes fautes. Puis donc que vingt-cinq ans entiers ont passé sur cclle-cy, il me semble qu'il y a prescription légitime contre toute sorte d'accusateurs... Et en vérité le grand fleinsius devroit avoir honte de s'acharner si cruellement sur la pei*sonnc du petit Balzac, de vouloir triompher en cheveux gns d'un garçon de dix-sept ans... J'ay fait une folie estant jeune, et le bonhonmic Heinsius l'a pubhée vingt^cinq ans après.*. Qui est le plus coupable de luy ou de moy* ?*.. » Cependant, ce lui fut une consohtion, et un triomphe même pour son amour^propre, d'avoir pour second, dans cette querelle, le célèbre Saumaise, duquel il se plaisait à dire : Non hoiiki,
SED SCIENTIJE DEEST QUOD NESCIVIT SALNASIUS.
ËHiretieHH vu cl X.
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DISCOVRS
DISCOVUS PREMIER.