‹ Œuvres de J.-L. de Guez, sieur de BalzacChapitre 25 sur 89 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le mois d'Avril est passé, et Totila n'est point encore guery. le suis donc d'advis de vous envoyer vostre papier blanc et de remettre mes Escritures à vne autre fois. le parle de mes deux Apologies, qui sont aussi longues que les deux Anticatons de César, et que personne ne peut déchiffrer que Totila. Pour les autres choses promises, vous les trouverez dans le paquet que vous porte Monsieur de La Thibaudiere, et^vous ne les trouverez pas, je m'asseure, indignes de vostre estime ny de nostre bonne Antiquité.

Les Roses pourtant sont ou de ce mesme Florus ou d'vn certain Luxurius qui est venu encore depuis, et qui fleurissoit en Afrique sous Thrasimonde, Roy des Vandales. Vous sçavez, Monsieur, que la Barbarie avoit commencé long-

temps auparavant, non seulement à Carthage mais à Rome mesme, et que sous les Antonins et sous les Sévères, les Poètes ne faisoient point scrupule cTvn Solécisme. Ils allongeoient les brèves, et accourcissoient les longues comme il leur plaisoit, tesmoin

Terror /ïl^yptiaci Niger astat militis ingens,

et

Uunc Reges, hune Gentes amant, Imnc aurea Roma.

Vous avez pu remarquer plusieurs autres semblables attentats dans l'Histoire Auguste, où ces Barbares vsurpent vne authorité tyrannique sur les Syllabes, et violent à la face mesme de l'Empereur, qui estoit aussi souverain Pontife, les plus sainctes Loix de la Grammaire. Ainsi parle nostre Amy de ***, comme s'il parloit des Commandemens de Dieu ou de ceux de l'Eglise.

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