‹ Œuvres de J. RacineChapitre 110 sur 222 · U y a ainsi, -dans Torigiiud : « grand chambrt · texte numérisé non relu

U y a ainsi, -dans Torigiiud : « grand chambrt

,69t I?!* I>* RACniK A JBAM*BAFTISTE RACIint \

A Paris, 14* avrU [1698].

Jb prends beaucoup de part au plaisir que vous aurez d'accompagner Monsieur FAmbassadeur dans la maison de campagne que vous dites qu'il est sur le point de prendre , et j'ai été fort content de la description que vous me fSutes de ces sortes de maisons. J'ai montré votre lettre à Mme la comtesse de Gramond, qui s'intéresse beaucoup aux moindres choses qui regardent Monsieur l'Ambassadeur, et qui vous estime bien heureux d'être en si bonne compagnie. M. le comte d'Ayen m'a dit que vous lui aviez écrit, et qu'il vous avoit fait réponse. Il m'a paru très-content de votre compliment* ; il étoit un peu indisposé quand je partis avant-hier de Marly.

Votre sœur' commence à se racooutumer avec nous, ' mais non pas avec le monde, dont elle paroît toujours fort dégoûtée. Elle prend un fort grand soin de ses petites sœurs et de son petit frère, et elle feit tout cela de la meilleure grâce du monde. Votre mère est trèsédifiée d'elle , et en reçoit un fort grand soulagement. Il a fallu bien des combats pour la faire résoudre à porter des habits fort simples et fort modestes qu'elle a retrouvés dans son armoire , et il a fallu au moins lui promettre qu'on ne l'obligeroit jamais à porter ni or ni argent sur elle. Ou je me trompe, ou vous n'êtes pas tout à fait dans ces mêmes sentiments, et vous traitez

peut-être de grande foiblesse d'esprit cette aversion

LsmB 17 1 •— • I . ReTne sur Faatographe, consenrë à la Bibliothèque impériale.

1. Au sujet de son mariage. Voyez ci-dessus, p. ia4- 3. Marie-Catherine, qui était revenue de Port-Royal. Voyci la lettre précédente, p. a3o et aSi.

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qu'elle témoigne ponr les ajustements et pour la pamre, i^^t j'ajouterai même pour la dorure. Mais que cette petite réflexion que je fSsiis ne vous efiraye point : je sais aussi bien compatir à la petite vanité des jeunes gens, comme je sais admirer la modestie de votre sœur. J'ai même prié Monsieiir T Ambassadeur de vous faire avancer ce qui vous sera nécessaire pour un habit dès que vous en aurez be- 9om, et je m'abandonne sans aucune répugnance à tout ce qu'il jugera à propos que vous (assiez là-dessus. Tai été diarmé de l'éloge que vous me faites de M. de Bonac , et de la noble émulation qu'il me semble que son exemple vous inspire. Mme la comtesse de Gra- ■Kmd, en lisant cet endroit de votre lettre, m'a dit ({u'elle n'étoit point surprise qu'il fi]it devenu un si galant homme, et qu'elle lui avoit toujours trouvé un grand {pnds d'esprit et une politesse merveilleuse. Ayez bien soin de loi témoigner combien je l'honore, et combien je souhaite qu'il me compte au nombre de ses serviteurs. Je n'ai mandé qu'un mot de la santé de M. de Cavoye à Monsieur l'Ambassadeur; mais je vais vous en instruire plus en détail, afin que vous l'en informiez. M. de Cavoye sent toujours les mêmes cuissons au fondement ; il avoit commencé à prendre des eaux de Forges, qu'il (iûsoit venir a Paris ; mais il a fallu les quitter fort vite , parce que ses douleurs s'étoient augmentées très-considérablement. Il a même résolu de quitter tous les remèdes, et d'attendre que le beau temps le remette dans son état naturel. Heureusement il n'a aucun autre acddent qui doive lui faire peur : 3 n'a ni fièvre ni dégoût ; fl dort fort bien ; il a même assez bon visage,' quoique la diète très-exacte qu'il observe depuis cinq mois l'ait assez maigri. Tout son mal, c'est qu'il ne peut être longtemps debout, et qu'il est obligé de s'asseoir dès qu'il a fait le tour de sou

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,^ g jardin. Il s'en ira à Lucienne dès qu'il fera beau, et se contentera d'aller se montrer de temps en temps au Roi, quand la cour sera à Mady. Le Roi même lui a &it conseiller de prendre ce parti, et témoigne beaucoup d'envie de le revoir. Votre petit frère est guéri de son mal de ventre ; mais il est fort enrhumé , aussi bien que Madelon ; ils ne font tous deux que tousser. Fanchon est assez bien, et ne se ressent plus de son accident, que M. Fagon appelle un catarriie^ suffoquant. Il nous a conseillé de lui donner de l'émétique; mais on ne peut venir à bout de lui ùûre rien prendre. Votre mère et votre sœur se portent fort bien, et vous font leurs compliments. Vous trouverez des ratures au bas de cette page ', qui vous surprendront; mais quand j'ai commencé ma lettre, je ne m'étois pas aperçu de ces quatre lignes par où j'avois ccHnmencé celle que j'écrivois à M. de Bonrepaux, à qui je me suis résolu d'écrire sur de plus grand papier. M. Bayard, M. Quentin et plusieurs autres de vos amis me demandent souvent de vos nouvelles. M. Despréaux vous fait aussi ses comfdiments. Il est à la joie de son cœur depuis qu'il a vu son Amour de Dieu imprimé avec de grands éloges, dans une réponse qu'on a faite au P. Daniel, qui avoit écrit contre les Lettres provinciales^. Il avoit voulu s'aller éta-

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