‹ Œuvres de J. RacineChapitre 120 sur 222 · Racine a ëcrit tâchés (tasekez · texte numérisé non relu

Racine a ëcrit tâchés (tasekez

LsTTBK 177. — I. Revne sur l'autographe, conserrë à la Biblio-

LETTRES. a53

manière dont elle se conduit envers elle. Madelon a eu ' ces jours passés une petite vérole volante, qui n*aura pas de suite pour elle. Dieu veuille que les autres ne s* en ressentent pas! Je crains surtout pour le petit lionval, qui pourroit bien en être pris tout de bon. U est très-joli, a[^rend bien, et, quoique fort éveillé, ne nous donne pas la moindre peine*. Tallai, il y a trois jours, diner à Auteuil, où se trouvèrent M. le marquis de la Sale •, M. Félix et M. Boudin *. M. de Termes y vint aussi, et y amena le nouveau musicien M. des Touches ', qui fait encore un autre opéra pour Fontainebleau. Après le dîner il chanta plusieurs endroits de cet opéra, dont ces Messieurs parurent fort charmés, et surtout M. Despréaux, qui prétendoit les entendre fort distinctement, et qui raisonna fort, à son ordinaire, sur la

s. Louis Racine dit ici modestement dans une note : « H ëtoit aisément content de ses enfants, qu'il trouvoit toujours charmants, i

3. Louis Caillebot, marquis de la Salle, maître de la garde-robe depuis l'année 1679. 11 arait été sous-lieutenant des chevau-lëgers. Bf^leau, au vers m de son épChv ir. Ta nommé parmi les chefs les plus intrépides qui passèrent le Rhin à la nage en 167s. Sur le marquis de la Salle et sur sa famille, royez les Mémoires de Saimi" Hmorn^ tome X, p. s57-s6i.

4. Boudin, fils d*un apothicaire du Roi, fut doyen de la faculté de Paris, médecin du Roi, et enfin premier médecin du Dauphin . D araît Tesprit très-omé, c plein d'agrément, de Tiracité, dit Stmt-Simon (tome IX, p. 35 et 36).... G'étoit à qui l'auroit, bommet et feomies du plus haut parage et de la meilleure compagnie..., rieux à diner, jeunes dans leurs parties. >

5. André Cardinal Destouches , né en 1671, mort en 1749* ^ irait fait représenter le 17 décembre 1697, àTrianon, avec un grand succès, son opéra d*Issé, L'autre opéra, qu'il préparait pour le voyage que le Roi fit à Fontainebleau du % octobre au i3 novembre 1698, ëtait celui à'Jmad'u de Grèee^ dont le Journal de Demgeau a noté trois répétitions à Fontainebleau : Tune le 17 octobre 1698, la seconde le s4 du même mois, la troisième le 7 novembre. AmmdU de Grèce fut représenté pour la première fois à l'Académie royale de Hosique le 16 mars 1699.

a54 lettres.

'^gg momqae *. Le musicien fut fort étonné que je n* eusse point entendu son dernier opéra. M. Despréaux lui en voulut dire les raisons^, qui Tétonnèrent encore davantage, et peut-être ne le satisfirent pas beaucoup.

La plupart de ces Messieurs me demandèrent fort obligeamment de vos nouvelles, et je leur dis que vous étiez rhomme du monde le plus content. Ils n eurent pas de peine à le croire, connoissant Monsieur rAmbassadeur comme ils font, et le regardant tout à la fois comme le plus aimable et le plus habile homme qui soit au monde. M. Despréaux leur dit combien il avoit plaisir à lire les lettres que vous m'écriviez, et les assura que vous seriez un jour très-digne d'être aimé de tous mes amis'. Vous savez que les poëtes se piquent d'être prophètes; mais ce n'est que dans l'enûiousiasme de leur poésie qu'ils le sont, et M. Despréaux leur parloit en prose. Ses prédictions ne laissèrent pas néanmoins de me iaire plaisir et de flatter un peu la tendresse paternelle. C'est à vous, mon cher fils, à ne pas faire passer M. Despréaux pour un faux prophète. Je vous Tai dit plusieurs fois : vous êtes à la source du bon sens, et de toutes les belles connoissances pour le monde et pour les afiaires. J'aurois une joie sensible de voir la maison de campagne dont vous faites tant de récit, et d'y manger avec vous des groseilles de Hollande. Ces groseilles ont bien fait ouvrir les oreilles à vos petites sœurs et à votre mère elle-même, qui les aime fort, comme vous savez. Je ne saurois m' empêcher de vous dire qu'à chaque chose d'un peu bon que l'on uous sert

6. D ëtoit un peu sourd, et se connoissoit fort peu en musique. (^Notê de Louis Kacine.)

7. Qu'il n'y alloit pas par scrupule. (Note de Louis Racine,)

8. n aToit dit apparemment digne de son père^ ce qu'il n'ose répéter. (Noie de Louis Racine.)

LETTRBS. ^55

Im taMe, fl loi échappe toujours de dire : « Radne ^^ g

num^roit volontiers d'une telle chose. » Je n*ai ja-

mjûs ira en vérité une si bonne mère, ni si digne que

vous fiissiez votre possible pour reconnoltre son amitié.

Ao moment que je vous écris ceci, vos deux petites

8ce«rs me viennent d'apporter un bouquet pour ma fête,

qui sera demain, et qui sera aussi la vôtre*. Trouverez-

vous bon que je vous fasse souvenir que ce même saint

lean, qui est votre patron, est aussi invoqué par FÉglise

eomme le patron des gens qui sont en voyage, et qu'elle

lui adresse pour eux une prière qui est dans ïltiné-

rairc^*^ et que j'ai dite plusieurs fois à votre intention?

Adieu, mon cher fils : faites mille amitiés pour moi à

M. de Bonac, et assurez Monsieur l'Ambassadeur du

respect et de la reconnoissance que ma femme et

toute ma fiunille ont pour lui.

Suscription : A Monsieur Monsieur Racine, gentilhomme ordinaire du Roi , chez Monsieur l'ambassadeur de France, à la Haye. (Gichet rouge, au cygne.)

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