Duit Paatogniphe, trowfé^ aans accord
LETTRES. a6i
l8o« DB RACUVE À JEAN-BAPTISTE BAONE ^
A Paris, le a4* juillet [1698].
M. de Bonac vous dira plus de nouvelles que je ne voas en puis écrire, et même des nôtres, nous ayant (ait rhonnenr de nous voir souvent, et de dhier quelquefois arec la petite famille. U vous pourra dire qu*elle est fort gaie, à la réserve de votre sœur, qui fut fort triste le dernier jour qn'il dîna chez nous ; mais elle étoit alors si accablée de sa migraine, qu*elle se jeta dans son lit dès qa*fl fut sorti, et y demeura jusqu*an lendemain sans boire ni manger. Je la plains fort d'y être si sujette ; cela même est cause de toutes les irrésolutions où elle est sur Tétat qu'elle doit embrasser. Je fais mon possible pour la réjouir; mais nous menons une vie si retirée qu'elle ne peut guère trouver de divertissements avec nous. Elle prétend qu'elle ne se soucie point de voir le monde, et elle n*a guère d'autre plaisir que dans la lecture, n'étant que fort peu sensible à tout le reste. Le temps de la profession de Nanette s'avance fort, et il n'y a plus que trois mois jusque-là. Nanette a grande impatience que ce temps-là arrive. Babet témoigne aussi une grande envie de demeurer à Yariville. Votre cousin le mousquetaire*, qui l'a été voir, il y a trois jours, en revenant de Mondidier, l'a trouvée * fort grande et fort jolie. On est toujours charmé d'elle dans cette maison ; mais nous avons résolu de ne l'y plus laisser qu'un an, après quoi
LsRmx 180. -~ I. Revue sur raatographe, conserrë à la Bibliotbèqae imp^iale.
9. Louis de Romanet, sieur Dufos, premier maréchal des logis de la seconde compagnie des mousquetaires de la garde du Roi. Il éuit fils de Jean -Baptiste de Romanet, trésorier de France à Amiens, un des frères de Mme Racine.