Le Dauphin
6. Bernard-François Potier, fils aîné du duo de Givres. Le mai^ uis de Gèvres exerçait la charge de premier gentilhomme de la
chambre, dont il arait alors la survivance depuis près de trente ans. (Note deTédition de 1807.) .7. Le frère du Grand Prieur. — Racine écrit Vaniàwiê^
demande de semblables conseils, c*est qu'on est déjà TsgT déterminée*. Noos cherchons très-sérieusement, votre mère et moi, à la bien établir; mais cela ne se trouve pas du jour au lendemain. A cela près, elle ne nous (ait aocone peine, et elle se conduit avec nous avec beancoup de douceur et de modestie. Adieu, mon cher fils : je n*ai autre chose à vous recommander, sinon de eontînaer à faire comme on m'assure que vous faites. Tai résolu de ne point aller à G>mpiègne, où je n'aurois ^ère le temps de faire ma cour : le Roi sera toujours à cheval, et je n y serois jamais. M. le comte d'Ayen est pourtant bien fâché que je n'aille pas voir son régiment, qui sera fort magnifique. Il me demande souvent de vos nouvelles. Quand vous écrirez à M. Félix le fils, ne lui parlez point de Taffaire de M. de Montarsis*. Je vous exhorte à écrire à M. Despréaux par la première occasion que vous trouverez.
Suscription : A Monsieur Monsieur Racine, gentilhomme ordinaire du Roi, chez Monsieur l'ambassadeur de France, à la Haye. (Cachet rouge.)
iStl. — DE BAGUCE A JEÀN-BAPTISTB RACINE ^
A Paris, le 18. août [1698].
Tàvois résolu d'écrire vendredi dernier à Monsieur l'Ambassadeur et à vous ; mais il se trouva que c'étoit le jour de l'Assomption, et vous savez qu'en de pareils
S. n 7 Ji ainû tUtênmhue, au fëminin, dans l'autographe. 9. Vojes cî-deMiu, p. 16a et a63.
Lama 183. ^ i. Reme sur l'autographe, contenr^ à la Bihliothèque impériale.
27a LETTRES.
,5og joan im père de famille comme moi est trop occupé^ surtout le matin, pour avoir le temps d'écrire des lettres. Votre mère est fort aise que vous soyez content de la veste qu'elle vous a envoyée. Si elle avoit su la couleur de votre habit, elle vous auroit acheté une étoffe qui vous auroit mieux convenu; mais vous dites fort bien que cette étoffe ne vous sera pas inutile, et vous servira pour un autre habit. Votre gi/^re vous remercie de la bonne volonté que vous avez de lui apporter une robe de chambre quand vous viendrez en ce pays-ci; mais elle ne veut point d'étoffe d'or. On nous manda avanthier de Melun que votre sœur Nanette avoit une grosse fièvre continue avec des redoublements. Nous en attendons des nouvelles avec beaucoup d'inquiétude, et votre mère a résolu d'y aller elle-même au premier jour. Vous voyez qu'avec une si grosse famille on n'est pas sans embarras, et qu'on n'a pas trop le temps de respirer, une affaire succédant presque toujours à une autre, sans compter la douleur de voir soufirir les personnes qu'on aime. Je fis hier vos compliments à M. Despréaux, et je lui montrai la lettre où vous me mandez le bon accueil que vous a fait le roi d'Angleterre "r Je suis fort obligé à Monsieur l'Ambassadeur, et de vous avoir attiré • ce bon traitement, et d'en avoir bien voulu rendre compte au Roi. M. de Torcy me promit de se servir même de cette occasion pour vous rendre de bons offices. M. Despréaux est fort content de tout ce que vous écrivez du roi d'Angleterre. Vous voulez bien que je vous dise, en passant, que quand je lui lis quelqu'une de vos lettres, j'ai soin d'en retrancher les mots d'/c/, de là et de c/,
a. Voyez ci-dessas, p. 167, la note a6 de la lettre 180. 3. Racine^ par inadTertance, a ëcrit : « fait attire. » Quelques éditeurs ont substitué assuré k attiré.
LETTRES. a73
qic vous répétez jusqu*à sept ou huit foîs* dans une TspT page. Ce sont de petites négligences qu'il faut éviter, et qui sont même aisées à éviter. Du reste, nous sommes très-contents de la manière naturelle dont vous écrivez, et du bon compte que vous rendez de tout ce que vous avez vu. M. de Torcy me montra le livre du Pur amour* ^ que Monsieur F Ambassadeur lui a envoyé; mais fl ne put me le prêter, parce qu'il avoit dessein de le frire voir à M. de Noailles. Cette affaire* va toujours
4. Racine a ^crit : « sept, huit ou fols. » On pent se demander sH n*a pas tooIu mettre : « sept, huit ou neuf fois; » mais ne seratt-oe point trop dëtermin^ ?
5. « C'était, dit nne note de l'édition de 1807, un lirre qui Tenait de paraître en Hollande en faveur de la nouvelle doctrine du quiétisBe. M Mais comme Fannotateur ne désigne pas ce livre d'une ma* ittère plas précise, nous pensons qu'il a présenté comme un renseignement certain ce qni n'était qu'une conjecture. Nous n'avons pu découvrir d'ouvrage qui ait été publié à cette époque en Hollande, •OQS ce titre : U Pur amour. Racine a-t-il prétendu donner un titre exact ? Nous sommet plutôt porté à croire que, pour plus de com- Mxfité, il a abrégé celui-ci : jipologU de C amour qui nous fait de^ àrtr wériiahUmaU de poêséder Dieu seul, par le motif de trouver moire bonheur dans sa eonnoissanee et son amour. Avec des remarques fort importantes sur les principes et les maximes que M* V archevêque de Cmmlfmy établit sur Camour de Dieu dans son livre intitulé : Explication des Maximes des saints. Par ****. Ce livre, publié en 1698 à Amsterdam (in^*), aux dépens d'Etienne Roger, était dd â la pbme de Qiarles du Plessis d'Argentré, qui plus tard, en octobte 1713, devint évêqne de Tulle, mais n'avait alors que vingt-cinq «■s, et n'était encore qu'un simple diacre et bachelier en théologie.^ Si c'est le livre de d'Argentré que M. de Bonrepaus avait envoyé
à M. de Torcj, la note de Gerniain Gamier est tout â fait erronée. Loin d'être en faveur du nouveau quiétisme, l'auteur s'7 proposait, comme il le dit, « de saper tout d'un coup le quiétisme dans son fondement, » et y réfutait Fénelon. Voyez le jugement que l'archevêque de Gonbrai porte de ce livre, qni lui avait paru remar^ <fuble et digne d'attention, dans sa Lettre à Monseigneur Nvéqm éêMeams sur la charité (OÊCmvres dePénelony tome IX, p. 5-8). 6. Cest-4-dire TafEdre de l'archevêque de Gunbrai. J. Raciw. vu 18
j^ g fort lentement à Rome, et on ne croit pas qu^elle soit encore jugée de deox mois''. M. de Bonac est trop bon d'être si content de nous; j'aurois bien voulu faire mieux pour lui témoigner toute Festime que j'ai pour lui, laquelle est beaucoup augmentée depuis que j'ai eu rbonnevr de l'entretenir à fond, et que j'ai découyert non-seulement toute la netteté et toute la solidité de son esprit, mais encore la bonté de son cœur et la sensibilité qu'il a pour ses amis. Je mande à Monsieur l'Ambassadeur que je n'irai point à 0)mpiëgne, et qae je me réserve pour Fontainebleau : ainsi j'aurai tout le temps de vous écrire, et il ne se passera point de semaine que vous n'ayez de nos nouvelles. Vous ne m'avez rien mandé de M. de Tallard*. A-t-il logé chez Monsieur l'Ambassadeur? G)mment est-on content de lui? On m'a dit qu'il logeroit à Utrech pendant que le roi d'Angleterre sera à Loo. Faites bien des amitiés au fils de Mylord Montaigu*. Je vous conseille même d'éairc au Mylord son père, si Monsieur l'Ambassadeur le juge à propos, et de le remercier des honnêtetés qu'il vous a fait faire par son fils. Vous lui en pourrez mander tout le bien que vous m'en dites. Je lui ferai aussi réponse au premier jour. Adieu, mon cher fils.
SuscripUon : A Monsieur Monsieur Racine, gentil*
7. Elle ne le fat que sept mois après, par le bref d'Innocent XSL, du la mars 1699, qui condamna le livre des Maximes des stùmts^ de Fënelon, et notamment ringt-trois propositions extraites de ce livre. {Note de Ndition de 1S07.)
8. Camille d'Hostun, comte de Tallard, qui fut marëchal de France en 1703, était alors lieutenant génëral des armées du Roi depuis Tan 1698, et ambassadeur extraordinaire de France en Angleterre, n alla rejoindre le roi Guillaume en Hollande. Vojea la Gazette deHqllande des 4 et 18 août 1698.
9. Mylord Montaigu est ce Ralph de Montaigu qui arait été ambftMadeur Cn France. Voyez au tome Y, p. i3a, note s.
iKMmne ordinaire du Roi, à la Haye. (Cachet ronge, au ^^ cygne.)
l83. — BE bagihe a xeait^baptistb raciite^
A Paris, le 3i. août [1698].
Tatois déjà vu dans la Gazette* toutes les magnificences de Monsieur F Ambassadeur ; mais je n^ai pas laissé de prendre un grand plaisir au récit que vous m'en avez fait. Tai tremblé pour vous de toutes ces santés qu'il vous a fiedlu boire, et je m'imagine que, malgré toutes Tos précautions, vous n'êtes pas sorti de table avec la tête aura libre que vous y étiez entré. Nous vîmes, il y a huit jours, une autre entrée, ma femme, votre sœur et moi, bien malgré nous. Cétoit celle des ambassadeurs de Hollande', que nous trouvâmes dans la rue
LEirma i83. — > i. L'autograplie de cette lettre ne se trotiTe pat aajoord'btii dans les maniucriu de Racine À la Bibliothèque imp^îale. Louis Racine en a cependant inaéré une partie dans son Bteuetl^ p. 373. L'éditeur de 1807, qui en a donne le texte plus complet, et tel que nous le donnons nous-même d*après lui, a sans doute ea la lettre originale sous les yeux.
9. L'entrée de Bonrepaus à la Haye, qui eut lien le mardi 19 août, est racontée dans la Gazette de France du 3o août 1698 (p. 416), et dans celle de Hollande du ai aoât. La première décrit le magnifique accueil qu*on lui fit, les honneurs qui lui furent rendus; la seconde donne sur le cortège les détails suivants : ^ De Im Httjre, ie 19 août. M. de Bonrepaus, ambassadeur de France, a int aujourd'hui son entrée publique arec un magnifique et nombreux cortège.... Le train étoit composé de trois beaux carroaaeSy deux à huit et un À six chevaux, et de plus de trente tant pages que ralets de pied et autres domestiques, tous avec des riches livrées, et suivis d'environ soixante carrosses à six, quatre et deux chevaux.... »
3. « Le 34 de ce mois (août 1698), le sieur Heemskerke et le d'Odyck, ambassadeurs extraordinaires des états généraux,
Saint-Antoine lorsque noas y pensions le moins, et il nous fallut arrêter, pendant plus de deux heures, dans un même endroit. Les carrosses et les livrées me parurent fort belles; mais je vois bien par votre récit, et par celui de la Gazette de Hollande^ que votre entrée étoit tout autrement superbe que celle-ci.
i*' septembre, cinq heures du matin.
Pavois hier commencé cette lettre dans le dessein de la faire plus longue; mais M. Boileau le doyen me vint prendre pour aller à Auteuil voir M. Despréaux, qui avoit eu un accès de fièvre. Un autre accès le reprit pendant que nous étions chez lui; mais comme ce n*est qu'une fièvre intermittente et fort légère, il s'en tirera aisément par le quinquina, auquel il a, comme vous savez, grande dévotion. Pour moi, je vais dans ce moment me remettre dans mon lit pour prendre médecine. Votre mère et tout le monde vous salue. Votre sœur Nanette se porte mieux, et a été reçue par sa communauté à faire profession dans deux mois : ce qui la console de tous ses maux. Adieu, mon cher fils : je vous écrirai plus au long la première fois.
L'abbé Genest a été élu a l'Académie^ à la place de Boyer. Votre cousin l'abbé du Pin* a eu des voix pour
firent leur entrée publique en cette ville (Paris).,.. » {GmztiU eu 3o août 1698, p. 418.) — SuiTentd assez longs détails sur cette entrée ; la Gazette parle de <c dix magnifiques carrosses des ambassadeurs, attelés de très-beaux cheraux. » Voyez aussi la GoMeita de Hollande du i*** septembre 1698.