D£ RÀCIirB AU MÉBIB
Tai parcouru tout ce que les anciens auteurs ont dit de b déesse Isis, et je ne trouve point qu'elle ait été adorée en aucun pays sous la figure d'une vache, mais seulement sous la figure d'une grande femme toute couverte d'un grand voile de différentes couleurs, et ayant au front deux cornes en forme de croissant. Les uns disent que c'étoit la lune, les autres Cérès, d'autres la terre, et quelques autres cette même lo qui fut changée en vache par Jupiter.
Mais voici ce que je trouve du dieu Apis, qui sera, ce me semble, beaucoup plus propre à entrer dans les or^ nements d'une ménagerie. Ce dieu étoit, dit-on, le même qu'Osiris, c'est-à-dire ou le mari ou le fils de la déesse Isis. Non-seulement il étoit représenté par un jeune taureau, mais les Égyptiens adoroient en effet, sous le nom d'Apis , un jeune taureau bien buvant et bien mangeant, et ils avoient soin d'en substituer toujours un autre en la place de celui qui mouroit. On ne le laissoit guère vivre que jusqu'à l'âge d'environ huit ans, après quoi ils le noyoient dans une certaine fontaine;
LdtfTBX 196 (reme tur l'autographe, eotaerwé k la Biblioth^ue impériale). — i. Monsieur le Prince se proposait de décorer la màiagerie de Chantilly de quelque ouvrage de peinture ou de sculpture. D avait communiqué ses idées à Racine, et lui avatt de* mandé un mémoire sur ce sujet. {Note tU réJithm de 1807.) — Nous avions espéré que cette circonstance du projet de décoration de la ménagerie nous permettrait de donner, au moins approximativement, la date de cette lettre, on de ce petit mémoire. Mais les recherches que M. le duc d*Aumale a permis de £ûre à ce sujet dans les papiers de la maison de Coudé n*ont pu nous fournir aucune lumière. Dans une description manuscrite de Chantilly et de sa ménagerie, qui a été écrite vers la fin du dix-huitième siècle, il ne se trouve rien qui indique que le prince de Coudé ait exécuté le projet que suppose le mémoire de Racine.
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et alors tout le peuple prenoit le deuil, pleurant et fiûsant de grandes lamentations pour la mort de leur dieu, jusqu^à ce qu*on Teût retrouvé. On étoit quelquefois assez longtemps à le chercher. Il falloit qu*il fût noir par tout le corps, excepté une tache blanche de figure carrée au milieu du front, et une autre petite tache blanche au flanc droit, faite en forme de croissant. Quand les prêtres Tavoient trouvé, ils en donnoient avis au peuple de Memphis; car c*étoit principalement en cette ville que le dieu Apis étoit adoré. Alors on alloit en grande cérémonie au-devant de ce nouveau dieu, et c'est cette espèce de procession qui pourroit fournir de* sujet à un assez beau tableau.
Cent prêtres marchoient habillés de robes de lin, ayant tous la tête rase, et étant couronnés de chapeaux de fleurs, portant à la main, les uns un encensoir, les autres un sistre : c'étoit une espèce de tambour de basque. Il y avoit aussi une troupe de jeunes enfants, habillés de lin, qui dansoient, et chantoient des cantiques; grand nombre de joueurs de flûtes, et de gens qui portoient à manger pour Apis dans des corbeilles; et de cette sorte on amenoit le dieu jusqu'à la porte de son temple. Ou, pour mieux dire, il y avoit deux petits temples tout' environnés de colonnes par dehors, et aux portes des sphinx, à la manière des Égyptiens. On le laissoit entrer dans celui de ces deux temples qu'il vouloit, et on fondoit même sur son choix de grandes conjectures ou de bonheur, ou de malheur, pour l'avenir. Il y avoit auprès de ces deux temples un puits d'où l'on tiroit de l'eau pour sa boisson ; car on ne lui laissoit jamais lK>ire de l'eau du Nil. On consultoit même ce
s. Sur cette locution, Tojez, an tome IV, la note t de la page 7a; Tojez aussi le Lexique,