‹ Œuvres de J. RacineChapitre 147 sur 222 · Antoine Amauld · texte numérisé non relu

Antoine Amauld

Lama 3. — i. Ce fragment de lettre est donné ici d*après la copie de la Bibliothèque de Troyes, liasse n* a337 . H est moins complet dans les Mémoirts iê Loms Racine t voyes notre tome I, p. 3i i. Dans la note 3 de la page 3io du même tome, nous avons relevé Ferrenr des éditeurs précédents qui ont attribué cette lettre et la suivante à Fénelon; mais nous aurions dà dire en outra que la lettre sur les Contînmes spirituels se trouvait, aussi bien que ceDe du 14 février 1697, à la Bibliothèque de Troyes. La copie de Troyes constate que les deux lettres sont adressées par le P. Quesnel à M. Wflkrd. La lecture de la première, telle que nous la donnons ici eu rétablissant des passages supprimés par Louis Aadne, aurait suffi pour démontrer l*impossibilité de l'attribution à Fénelon. -» Les Cantiques spirituels avaient été imprimés à Paris, à la fin de 1694. Toyes notre tome lY, p. 145-147.

9. Ces Esttmits ne sont-ils pas ceux que Racine avait laits du livre de

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tendres, natiirelf , pleins d'onction ! Us ^^ent TSme et la portent ' ^ où Tauteur Ta touIq porter, josqu'an ciel, josqu^à Dien. J*ai d^à mis sor Pexemplaire dont je tous snis oblige, le latin dans une des marges, et la traduction [dans*] l'autre, et je crois qu'il sera bon de les faire imprimer arec cet accompagnement dans un pajrt où Tbierrj^ n'a rien k roir ni à dire. Ceux qui n'ont pas assez d'babitude dans PÉcriture pour se pouvoir rendre pr^ntes les paroles qui serrent de fondement aux stances sans le secours du livre seront bien aises de les trouver en même temps sous leurs yeux. J'augure un grand bien de ces cantiques autorisa de l'approbation du monarque, et de son goât , qui fera le goât de bien des gens*. Je regarde l'auteur comme l'apôtre des Muses, et le prédicateur du Parnasse, dont il semble n'avoir appris le langage que pour prêcher en leur langue VÉvangUe et leur annoncer le Dien inconnu. Je prie Dieu qu'il bënisse sa mission, et qu'il daigne le remplir de plus en plus des vëritës qu'il fait passer si agréablement dans les esprits des gens du monde. Que ce seroit une belle chose de voir la vie de J. C, en cantiques détaches, faire les délices et les divertissements de la cour ! mais le diable l'empêchera : il est trop puissant en ce pays-lâ. On pourroit au moins, quand le Roi tient chapelle (stiU roman, german, hispan,^)^ substituer un cantique françois sur le

Hoet, \m Qmêstioms ttjmlnajr (voyei notre tome Y, p. 927-319. et les M^ moires ds Louis Racine, h U page 3o4 de notre tome I) ? Cela nous pandt trèe* vraisemblable. Racine, il est vrai, n*a jamais fait imprimer cet ExWéiUf aatt il peut let avoir montrés à ses amis, à son voisin Willard, qoi en avait appa* remment parlé à ses correspondants Antoine Amanld et Qaesnd; et œnz-cs ne ponvaient manquer de désapprouver un travail de ce genre. S*il en est ainsi , Amanld ne put ètn, comme Quesnel, dédommagé de son chagrin par la kctore des Cantiques : il était mort an mois d*ao6t 1694.

3. Dans la copie, il 7 a dtf, et non dans, Cest une inadvertance on da P. Quesnel lui-même, ou du copiste.

4. Les Cantiques spirituels avaient été imprimés chea Denys Thierry (▼ojei notre tome rV,p. 146, note 1). Le privilège de Thierry n'aurait pas permis à un autre imprimeur de les publier en France. — > Les quatre Cantiques de Racine, comme nous Pavons déjà dit au tome IV, p. 147, ont été réimprimés à la Haye, ches Adrien Moetjens : les premier, second et troisième, au tome H, p. 635, 641 et 643, du Recueil des pièces curieuses et nouvelles tant en prote qu*en persf et le quatrième, au tome III, p. 5i, du même Recueil, Le tome II porte le millésime de 1694, le tome III celui de 1695. Nous ne saurions diie si cette réimpression des Cantiques est postérieure en date à la lettre da p. Quesnel. Quoi qu'il en soit, ce qu'il désirait n'y a pas été lait : on n'y t donné, ni à la marge, ni en notes, le texte latin imité par Racine.

5. Louis Radae a ainsi changé la phrase : c qui sera le goût de tout le monde. »

6. CTest-è-dire : « style romain, allemand, espagnol. » En eCCst» tmtr eU»

LETTRES. 3i7

mystère da jour au motet latin ^ qui se chante ordinairement dans — 7~r" ia chapelle du Roi ; et si cela ëtoit une fois introduit là, on pour- ' ^ roit peut-être Tenir à bout d'introduire dans les paroisses des cantiques spirituek. Ce seroit une manière également agréable et utile d'instruire le peuple, qui lui feroit too^r des mains et de la langue les sottes chansons dont il fait d'ordinaire son divertissement .

4> — DU P. QUESNEL A M. WILLÀRD^. X697

14 férrier 1697.

Jb prends en yéritë beaucoup de part à la douleur et à la joie de riUostre ami ; car il y a, en cette occasion, obligation d*unir ce que saint Paul sépare, flere cum flentiètu^ gaudere cum gaudentlbus *. La nature s'afflige, et la foi se réjouit dans le même cœur ; mais je m'assure que la foi l'emportera bientôt, et que sa joie, se répandant sur la nature, en noiera tous les sentiments humains. Il est impossible qu^une telle séparation n'ait fait d'abord une grande plaie dans un cœur paternel ; mais le remède est dans la plaie, et cette a£Siction est la source de consolations infinies pour l'avenir; et dès à présent je ne doute point qu'il ne conçoive combien il a d'obligation à la bonté de Dieu d'avoir daigné choisir dans son petit troupeau une victime qui lui sera consacrée et immolée toute sa vie en un holocauste d'amour et d'adoration, et de l'avoir cachée dans le secret de sa face, pour j mettre à couvert de la cor-

fdU M difait aoo-tenleintiit da Pape, mais aniai de remperenr d'Aatrichey éa roi d*£spagne, lonqu^iU aMistaient en oérémonie à Toffioe divin. Yoyes le Dietiowudre d« V Académie (à partir de la a^ édition, 17 18), an mot CiâFSf.iJt.

7. Ce pasMge ferait factlement reconnaître nn ami de Port-Royal , uù l'on ëtaii porté à fure dans les prières, et dans Finstmction chrétienne par la lectare des liTrea saints, une grande place à la langue française.

Lrrras 4. — i. Le texte de ce fragment de lettre nons est domé, comme cdm dn fragment précédent, par nne copie de la Bibliothéqne de Troyes, Uasse n* a337 : voyez d-dessos, p. 3i5, la note i de la lettre 3. Loois Racine TaTait déjà fait connaître dans ses Mémoires (voyez au tome I, p. 3ia et 3i3), et cette fois sa transcription a été exacte. Cette partie de la lettre de Qoesnel a été écrite à Toccasion de l'entrée aux Carmélites de la fille atnée de Radne, Mirie-Catberine (ag décembre 1696). Voyez d-dessns, p. i63 et 164, lettre 145, et p. 166, lettre 146.

a. Êpttre aux Bomaimt^ chapitre xn, verset 1 5. Qoesnel interrertit l'ordre des deox membres de phrase.

3j8 lettres.

ig niption da tiède toutes les bonnes qualités qui ne loi ont M données que pour Dieu. An bout du compte, il doit s*en prendre un peu k lui-même : la bonne éducation qu*il lui a donnée, et les sentiments de religion qu*il lui a inspirés. Font conduite à Faotel du sacrifice ; elle a cru ce qu'il lui a dit, que de ces deux bommes qui sont en nous,

L*im toat esprit et tout céfaits Yeut qa*aa ciel mds cesse attudié, Et des biens éternels toocfaé.

Je compte pour rien toat le reste '.

Elle Ta de bonne foi compté pour rien sur sa parole, et plus encore sur celle de Dieu, et s*est résolue d^tre sans cesse attachée au ciel et aux biens étemels. Il n^ a donc qu*à louer et â bénir Dieu, et à profiter de cet exemple de détachement des choses du monde que Dieu nous met â tous derant les yeux dans cette généreuse retraite. Je vous prie d'assurer cet heureux père que j*ai offert sa Tictime k Tautel, et que je suis, arec beaucoup de respect, tout à lui.

t698 S. — DB M. WILLÂRD A M. DB PREFONTAINK * .

3i décembre 169S.

.... Mau Toici une nouTclle particulière qui Ta tous fidre un vrai plaisir. C'est le mariage de Mlle Racine arec^e fils du bonhomme M. de Moramber*. Voici ce qui donna lieu è l'idée qui m'en Tint. On me dit que M. Racine pensoit à marier sa fille. Moi qui saroîs qu'dle aToit passé six mois nouTellement auprès de sa grande-tante l'abbesse de Port-Rojal', je doutai d'abord. Pour m'assnrer du

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