Louis Racine était à Soissons depuis l'année I73a
ao. Ce cachet, tel que nous venons de le décrire, doit être celui d'une des •ours de Jean -Baptiste Racine, rdigieuse : d'Anne Racine ou d'Elisabeth Racine.
LirraB ao. — i . Nous avons copié cette lettre sur l'autographe qui nous a été communiqué, comme celui de la précédente, par M. Auguste de ÏVanrois. L'éditeur de 1807 en avait déjà publié une partie (au tome VI, p. 546-548). Cest lui, nous Tarons dit (vojex d^essus la note a de la lettre précédente) » qui a indiqué la date de 174a, l'autographe portant seulement, à la fin : C^
tiêre, Pabsence de tous met amis, et U solitnde ou je suis en oot été cause. Je ne me suis rien trour^ à tous mander sur VHisiokt en question*. H me semble qu'on nVn parle plus, et la seconde partie, qui ne paroit point, nous justifie assez. Ce que tous m^aTez mande de M. C. pourroit bien être Trai, et il seroit homme à ne TaToir point lue et TaToir fait imprimer ; car il en mouroit d'en- TÎe, et il est lie d'ailleurs aTec tous les colporteurs jan[sénistes] . Pai été sur le point de lui écrire la-dessus ; mais toutes réflexions £ûtes, j'ai cru qu'il Taloit mieux garder le silence. A l'ëgard de ce que TOUS me mandez, cWt une chose qui mente réflexion. C'est à tous d'abord a faire les TÔtres sur la suite qu'on Teut ajouter aux œuTres de mon père ; et ce n'est pas a moi à tous rien dire là-dessus. Laissons faire les libraires : ce n'est que leur intérêt qui les mène. Pour moi, je ne suis pas d'humeur à y contribuer en quoi que ce soit : je les connois trop bien. Quand on me donnera un pririlége pour les œuTres de mon père, et qu'on aimera mieux me le donner qu'à ces misérables-là, à qui il n'appartient en aucune façon, alors je m'y emploierai de toutes mes forces pour donner au public une édition digne de lui, dont sa f^ie feroit une partie. Je pourrois même l'augmenter de quantité d'autres choses, qui feroient plus de plaisir au lecteur que toutes ces dissertations, jugements, réflexions critiques, etc., dont il n'a que faire, non plus que des satires qui peuTent aToir été faites contre lui, et dont l'impertinent libraire est toujours charmé, parce qu'elles grossissent son Tolume. Je me bomerois à donner simplement ce qu'il a donné * (il n'a pas besoin de compagnie), et à donner un texte bien correct où il n'j eut pas un mot qui ne fât de lui. Pour ce qui regarde la ^/V, je serois plus en état qu'un autre de la donner, et elle est même bien ébauchée ; mais je tcux y dire la Térité, et faire connoitre surtout l'infidèle ami qu'il a eu dans Valincourt, qui après avoir rampé toute sa vie auprès de lui, comme aiq>rès d'un honmie à qui il deroit tout, s'est aTisé de faire le seigneur après sa mort, et de se donner comme un homme à qui mon père en un besoin faisoit sa cour, et pour confident de toutes ces impertinences Ta choisir un abbé d'Olivet, qui n'a cherché qu'à m'attraper^, et pour lequel je me
6. novembre, « En 1742, dic4I, Louis Racine tongeait à donner une éditioB des oniTTet de ion père, et ponr obtenir des édurdssements sur le lait rapporté par Talincour, il s'était adressé à son frère atné. »
a. V Abrégé de V histoire de Port^Rojal, Yojez la lettre précédente.
3. Il j • dans I*antographe : « à donner simplement qne ce qu*il a donné. » Nous avons supprimé le que, PinadTcrtance étant évidente.
4. Jean-Baptiste Racine fait pent-étre allusion à l'histoire du manuscrit da Bamqmêt dePlatomt dérobé dans ses tiroirs par l'abbé d'Olivet. Yoyet tome T^ p. ia?.
fend toajoan honneur de déclarer mon profond mépris. Il n^ a -
pas un mot de vrai dans ce que tous me mandez de Texclamation 1 7 4 a de mon père sur la douleur. Jamais homme ne Ta plus crainte*, et même soufferte plus impatiemment, et jamais homme ne Ta reçue de la main de Dieu avec plus de soumission : si bien que quelques jours avant sa mort il me dit ces belles paroles sur ce que je lui disois que tous les médecins espéroient de le tirer d*affaire : « Us diront ce qu'ils roudront, laissons-les dire. Mais tous, mon fils, Toules-vous me tromper, et tous entendez-Tous avec eux? Dieu est le maître ; mais je pub tous assurer que s'il me donnoit le choix ou de la Tie ou de la mort, je ne sais ce que je choisirois. Les frais en sont faits. » Ce furent ses propres paroles. Jugez si c'est là le langage d^un homme qui succombe à la douleur. Aussi M. Despréaux ne pouvoit se lasser d'admirer l'intrépidité chrétienne aTec laquelle il étoit mort, et le dit même au Roi, qui lui dit : « Je le sais, et cela m'a étonné, car je me souTiens qu'au siège de Gand tous étiez le brave des deux*. » Je vous mande tout ceci pour TOUS faire voir que j'en sais autant qu'un autre; mais je me garderai bien de rien donner que je ne puisse dire la vérité, et surtout bien instruire la postérité du respect, ou pour mieux dire de la passion qu'il avoit pour M. Arnaud, dont j'ai plusieurs lettres où il le traite de son « cher ami. > Vous voyez bien que je ne pourrois rien dire de tout cela sans parler de Valincourt comme àvL plus grand misérable ' et du plus fat personnage qu'il y ait eu au monde ; car pour l'abbé d'Olivet, ce seroit lui faire trop d*honnetff que de le nommer. Voilà mes sentiments, et je nVurois envie
5. Craiat dans Pantographe; cependant il 7 a *<m/yertâ à la b'gne suivante.
6. Voyez ei-deasos, p. dag et 33o, et la note a de la lettre i5 (p. 33o).
7. XTéfait Yalincour qui, dans sa lettre sur Jean Racine, adressée à Tabbé d'OUvet et insérée par celui-ci dans son Histoire de V Académie françoise^ avait répandu sur les derniers moments du grand poète le bruit dont Jean-Baptiste Raeine fait justice arec tant d'indignation. Toid le passage de celte lettre où il représente Racine comme ne pouvant plus résister à la douleur: « II lui perça tout d'un coup à la région du fuie une espèce de petit abcès.... Un matin, étant entré dasa son cabinet, pour prendre son tbé selon sa coutume, et s'apercevant que cet abcès étoit sédié et refermé, il fut frappé d*effroi, et s'écria qu'il étoit an booune mort. Il descendit dans sa chambre, et se mit au lit, d*où en effet il n'est pas relevé depuis. On reconnut bientôt que c'étoit un abcès formé dans le foie. Ses douleurs devinrent si cruelles qu'une fois il demanda s'il ne seroit pas permis de les faire cesser en terminant sa maladie et sa vie par qudque remède. « Voyez l'édition de M. Ch.-L. Livet, tome II, p. 33? et 338. Louis Bacine, tout en réfutant aussi Yalincour, a parlé de lui dans ses Mémoires atae bcanconp plus de ménagements que ne fait ici son frère atné : voyet ■otrt tume I, p. 34 1 et 34a.
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' de parler de mon père que pour instruire le public de la piété dans
" laquelle il est mort et nous a tous ëlevës. Pour ses ouvrages, leur procès est fait : le public ne demande qu'à les lire, et n*en demande pas d'autre histoire ; et ce n'est pas à nous à être les critiques et les juges de notre père. Adieu : j'ai envoya à ma sœur de Varirille * sa petite pension, et elle me mande que rotre fille * est en bonne santë. J'ai, comme tous savez, votre argent. Mme de Romanet*® est ici, bien occupée de son fils. Je vois que voua êtes en grand commerce ensemble. Je le suis de même avec M. A., qui m'a mande tout le détail de sa troupe. Mes compliments à toute la famille. Vous ne me dites rien de notre locataire. N'oubliez pat de lui faire faire un commandement, si elle continue à ne rien donner.
Smscripiion : A Monsieur Monsieur Racine, directeur des fermes du Roi, à Soissons.