DE RAGIlfB A BOILEAl]. TaTT
Aa camp de GévriesS le ai* mai [169a].
Il fiim que j'aime M. Vîgan* autant que je foi», pour ne lui pas Touloir beaucoup de mal du contre-temps dont il a été cause. Si je n'a vois pas eu des embarras tels que vous pouvez vous imaginer, je vous aurois été chercher à Auteuil. Je ne vous ai pas écrit pendant le diemin, parce que j'étois chagrin au dernier point d'un vilain clou qui m'est venu au menton, qui m'a foit de fiirt grandes douleurs, jusqu'à me donner la fièvre deux jours et deux nuits. II est percé, Dieu merci, et il ne
■Kn KHiTeiit, oa lai, » comme on le lit dans la yériuble lettre, eu ee qa'il £d]ait dire. Dans la lettre écrite à Boileau, le 18 septembre 1694, Racine prie ton ami d'exhorter son fils c à travailler sërienaencnt et à ae mettre en ëtat de vivre en honnête homme. » Noos retrouvons ici un passage presque textueUement semblable.— Dans le Catalogue J*ime belle coUeetUm de lettres autographes, dont ImwenU mmra Geu h jeudi 7 décembre i854*>*> (^ente Chassiron), à PmrU^ ehe* Imperdet^ iB54$ on annonce, à la page loi, sous le ■• 764, mie lettre autographe 9 sign^, de Racine k Mme Racine, doot planeurs phrases sont citées ; la plupart sont telles qu'on les trouve dans la lettre publia par Aimé-Martin. Il 7 a cependant q»clyies diURérences importantes. La date est : jéu Quesnojr, le 16 mai 169^ La premi^ phrase citée est celle-ci : « Nous partons demain pomr le eamp de Gévries, près de Mons, où est le rendea-vous des umitê de Flandre. » Plus loin, au lieu de : « Ces lettres portent q«e La ville peat tenir, etc. », il 7 a : « Namur ne peut tenir contre lin forées da Roi. » Cette lettre semble donc une nouveOe édition, adrostcment corrigée, de oeUe contre laquelle nous venons de propoaer not objections.
Lcmm 9$ (revue sur Tautographe, conservé à la Bibliothèque napériale). — i . c Le Roi a choisi son oatnp k Givrj, sur la Trouille, à deux lieaet de Mon», s {Journal de Dangeau^ 17 mai 169a.)
%. Vigan était un ami de Racine, chez qui JeaurBaptiste Racine te mis en pension, à Versailles. On trouvera plus loin une lettre de Raciiie à son fils aine (3 juin 169$) qui est adressée : Cke* M, Figam^ k ImpHiia detsne^ à P^ertaiUêt,
J. Racda* Tn 3
- me reste plus qu We * emplâtre qui me défignre, et dont je me consolerois yolontien sans toutes les questions importunes que cela m^attire à tout moment.
Le Roi fit hier ^ la revue de son armée et [de] celle de M. de Luxembourg. Cétoit assurément le plus grand spectacle qu'on ait vu depuis plusieurs siècles. Je ne me souviens point que les Romains en aient vu un tel; car leurs armées n'ont guère passé, ce me semble, quarante ou tout au plus cinquante mille hommes, et il y avoit hier six vingt mille hommes ensemble sur quatre lignes. Comptez qu'à la rigueur il n'y avoit pas là-dessus trois mille hommes à rabattre. Je commençai à onze heures du matin à marcher. J'allai toujours au grand pas de mon cheval, et je ne finis qu'à huit heures du soir'. Enfin, on étoit deux heures à aUer du bout d'une ligne à l'autre. Mais si on n'a jamais vu tant de troi]q>es ensemble, assurez-vous qu'on n'en a jamais vu de si belles. Je vous rendrois un fort bon compte des deux lignes de l'armée du Roi, et de la première de l'armée de M. de Luxembourg; mais quant à sa seconde ligne, je ne vous en puis parier que sur la foi d'autrui. Tétois si las, si ébloui de voir brûler des épées et des mousquets, si étourdi d'entendre des tambours, des trompettes et des timbales, qu'en vérité je me laissois conduire à mon cheval sans plus avoir d'attention à rien, et j'eusse voulu de tout mon cœur que tous les gens que je voyois eussent été chacun dans leur chaumière ou dans leur maison, avec leurs femmes et leurs enfants.