‹ Œuvres de J. RacineChapitre 26 sur 222 · Loois Racine a écrit à tort Esthète · texte numérisé non relu

Loois Racine a écrit à tort Esthète

9. Vojex le commencement de la lettre sniTante, où Racine eor-^ lige rerreur qu'il commet id.

10. Vojez dans V Album la Carte des mowemmUi faits et dot poêteê oùtofét pmt Us armdês de framca et edUs des confédérés pendant le siège deNamÊW.

^^ L'une et Tantre se mettent en mard^ après-demain.

Je paorrai bien n'être pas en état de vous écrire de cinq on six jours; c'est pourquoi je vous écris aujourd'hui une si longue lettre. Ne trouvez point étrange le peu d'ordre que vous y trouverez : je vous écris au bout d'une table environnée de gens qui raisonnent de nouvelles, et qui veulent à tous moments que j'entre dans la conversation. Il vint hier de Bruxelles un rendu, qui dit que M. le prince d'Orange assembloit quelques titHipes à Anderlek, qui en est à trois quarts de lieue. On demanda au rendu ce qu'on disoit à Bruxelles. Il répondit qu'on y étoit fort en repos, parce qu'on étoit persuadé qu'il n'y avoit à Mons qu'un camp volant; que le Roi n'étoit point en Flandre, et que M. de Luxembourg étoit en lulie.

Je ne vous dis rien de la marine; vous êtes à la source*^, et nous ne les savons qu'après vous. Vraisemblablement j'aurai bientôt de plus grandes choses à vous mander qu'une revue, quelque grande et quelque magnifique qu'elle ait été. M. de Givoye vous baise les mains. Je ne sais ce que je ferois sans lui ; il faudroit en vérité que je renonçasse aux voyages et au plaisir de voir tout ce que je vois. M. de Luxembourg, dès le premier jour que nous arrivâmes, envoya dans notre écurie un des plus commodes chevaux de la sienne,

II. n est évident qae Racine avait tooIu écrire c à la toiiroe des noareUes. > Le pronom lesqaî toit, et que plusieurs éditeurs ont à tort retranché, ne laisse aucun doute. — On s*attendait, en ce temps, à on combat sur mer. Dangeau écrivait dans son Journal, à la date du II mai 1691 : f Le Roi a eu nouvelles qu'il y avoit vingt et un vaisseaux anglois aux Dunes, et qu'ils avoient été joints par dix-sept hoUandois ; il J a gnnde apparence qu'avant la descente il y aura on grand combat; car le Roi nous a dit qu'il avoit donné un ordre, tout écrit de sa main, à M. de Tourville de chercher la floUe ennemie et de l'attaquer, forte ou foible, partout où il la trouveroit. >

LBTTRRS. S7

pour m'en senrir pendant la campagne. Vona n^avez ^^^^ jamais vu homme de cette bonté et de cette magnificence; il est encore plus à ses amis, et plus aimable à It télé de sa fcmnidable armée,.qu*il n*est à Paris et a Versailles. Je vous nommerm an contraire oertainefl gens qui ne sont pas reconncnssables en ce pays»ci, et qui, UHit embarrassés de la figure qu'ils y font, sont A peu près comme vous dépeigniez le pauvre M. Jannart** quand il commençoit une coorante. Adieu, mon cher àkmsieur. Voilà bien du verbiage; mais je voua écria aa courant de ma plume, et me laine entraîner an plaisir que j'ai de causer avec vous comme si j'étoia dans vos allées d'Anteuil. Je vous prie de vous souveiûr de moi dans la petite Académie, et d'assurer M. de Poiitchartrain de mes très-humbles respects. Faites auaai Bulle conq[>liments pour moi à M. de la Chapelle. Je prévois qu'il aura bientôt matière à des types phu ma^ fnifiques qu'il n'en a encore imaginés*'. Ëcrivez-moi le phs souvent que vous pourrez, et forcez votre pa« resse. Pendant que j'essuie de longues marches et des campements fort incommodes, serez-vous fort à plaindre quand vous n'aurez que la fatigue d'écrire des lettres bien â votre aise dans votre cabinet? ^

is. Racine parle prcrfiableiiieiit da parent et ami <ie la FonUine, iacqnct Jannait, Mibttitat du procureur gënëral an parlement de Paris, qui arait ^poosë une Unte de Mme de la Fontaine. (Vojex Walokenaer. Histoire Jû im Foniame^ 4« édition, tome I, p. 16-19.)

i3. Le participe est écrit ainsi, avec accord.

j^ 96. — DE RACIIIB A BOILEâD.

Au camp de Gëvries, le aa* mai [169a].

GraiMK j^étois fort mterrompo hier en vous écrÎTint, je fis une grosse fiiitle dans ma lettre, dont je ne mV perçus que lorsqu'on Feut portée à k poste. An lieu de TOUS dire que le quartier prindpal de M. de Luxem« bodrg étoit aux hautes Estines *, je vous marquai qu'il étoit à nûeusies, qui est un village à plus de trois ou quatre lieues de là, et où il devoit aUer camper en partant des Estines^ à ce qu'on m'avoit dit. On parioît même de cela autour de moi pendant que j'écrirois. Tai donc cm que je tous ferois plaisir de vous détromper, et qu'il valoit mieux qu'il vous en coûtait un petit port de lettre que quelque grosse gageure où vous pourries vous engager nud i propos, ou contre M. de la Ghapdie, ou contre M. Hessin. Tai surtout pâli quand j'ai songé an terrible inconvénient qui arriveroit si ce dernier avoit quelque avantage sur vous; car je me souviens du bois qu'il mettoit à la droite opiniâtrement, malgré tous les serments et toute la raison de M. de Guilleragues, qui en pensa devenir fou. Dieu vous garde d'avoir jamais tort contre un tel homme* !

Je monte en carrosse pour aUer à Mons, où M. de Vauban m'a promis de me fiûre voir les nouveaux ouvrages qu'il j a faits. Tj allai l'autre jour dans ce même dessein; mais je sou£Grois alors tant de mal, que je ne songeai qu'à m'en revenir au plus vite.

LsmB 96 (reTue sur rantographe, contenrëàla Bibliothèqae impëriale). — i. « L'armée de M. de Luxemboiirg est camp^ aux hautes et basset Estines. » (Jottrmalde Dangemu, 17 moi 1691.)

s. Voyez au tome VI, p. 56i, la note 4 de la lettre 66.

97* — DM BACUTB A IBAV-BAFTISTE BACIlfB. 77^*

Au camp devant Namar, le 3i* mai [169a].

Vous anrex pu voir, mon cher en£uit, par les lettres q«e f écris i votre mère, combien je sois touché de votre maladie*, et la peine extrême que je ressens de n^ètre pas auprès de vous pour vous consoler. Je vois que vo«s prenez avec beaucoup de patience le nud que Dieo vous envoie, et que vous êtes fort exact à fieure tofA ce qu'on vous dit. Il est extrêmement important pour vous de ne vous point impatienter. J*espère qu'avec la grâce de Dieu il ne vous arrivera aucun accident. Cest une maladie dont peu de personnes sont exemptes; et il vaut mieux en être attaqué à votre âge qu'à nn âge plus avancé. Xaurai une sensible joie de recç*' voir de vos lettres; mais ne m'écrivez que quigid vous serez entièrement hors de danger, parce que vous ne pourriez écrire sans mettre vos bras à Tair et vous refroidir. Quand je ne serai plus en inquiétude de votre mal, je vous écrirai des nouvelles du siège de Namur. Il y a lieu d'espérer que la place se rendra bientôt; et je m'en réjouis d'autant plus que cela pourra me mettre en état de vous revoir bientôt après. M. de Oivoye prend grand intérêt à votre mal et voudroit bien vous soulager. Je suis fort obligé à M. Qiapelier^ de tout le soin qu'il prend de vous. Adieu, mon cher fils. Offrez bien au bon Dieu tout le mal que vous souffirez, et remettez-vous entièrement à sa sainte volonté. Assurezvous qu'on ne peut pas vous aimer plus que je vous

97 (reme sur l'aatogrtpbe, eonferré à la Bibliothèqae impériale). — t. Mon firère aroit alors la pejdte rérole, {Nof de louis Maemê,) s. Cétait on eeclénatdqae qui terrait de précepteur an jeime (NoU éU tédUiom de 1807.)

1^^% aune.} et q^e j'ai une fort grande impatienoe de tous embrasser.

Suscription : Pour mon cher fils Racine.

Page 1