Le baron de Sojer
Lbrsb 104 (reme sur Taittogniphe, contenr^ à la Bibliothèqae impériale). — i. Loait Racine a daté cette lettre du ao octobre; ■ak il j a bien 4* dans 1* original.
1. Cétoit son liTre bcfon et le compagnon de tas voyages. [NoU dm Lomé Macmt.)
jg que je peiuKHB avoir apporté : je ne sais même si je ne Tai point perdu, oar jéUÂA comme assuré de Tavoir ici parmi mes livres. Pour plus grande sûreté, choisissez dans quelqu'un des six premiers livres la première lettre que vous voudrez traduire ; mais surtout dioisissezen une qui ne soit pas sèche conmie celle que vous avez prise, où il n*est presque parlé que d'affaires d'intérêt. U y en a tant de belles sur l'état où étoit alors la République, et sur les dioses de conséquence qui se passoient à Rome. Vous ne lirez guère d'ouvrage qui soit plus utile pour vous former l'esprit et le jugement. Mais surtout je vous conseille de ne jamais U^ter injurieusement un homme aussi digne d'être respecté de tous les siècles que Gcéron. Il ne vous convient point à votre âge, ni même à personne, de lui donner ce vilain nom de poltron. Souvenez-vous toute votre vie de ce passage de Quintilien, qui étoit lui-même un grand personnage : Ille se profecisse sciai^ cui Cicero valde placebit^. Ainsi vous auriez mieux fait de dire simplement de lui qu'il n' étoit pas aussi brave ou aussi intrépide que Caton. Je vous dirai même que si vous aviez bien lu la vie de Gcéron dans Plutarque, vous verriez qu'il mourut en fort brave homme, et qu'apparemment il n'auroit pas tant fait de * lamentations que vous si M. Girmeline lui eût nettoyé les dents. Adieu, mon cher fils : faites mes baisemains à M. Chapelier.
Faites souvenir votre mère qu'il &ut entretenir un peu d'eau dans mon cabinet, de peur que les souris ne ravagent mes livres. Quand vous m'écrirez, vous pouvez vous dispenser de toutes ces cérémonies de Kotre trèshumble serviteur. Je connois même assez votre écriture sans que vous soyez obb'gé de mettre votre nom.
3. « Que celui-là sache qu'il a profité, à qui Cicéron plaira beaucoup. » (Quintilien, Institutions oratoires^ livre X, chapitre i, iia.)
Smseriptêom : A mon fils Racine , à Paris. (Cachet "TêçT rooge, au cygne.)
Io5. DE RACINE A JCAlf-BAPTISTE RACINE.
A Fontainebleau, le 5* octobre [169a].
La relation* que vous m'avez envoyée m*a beaucoup diverti, et je vous sais bon gré d* avoir songé à la copier pour m'en faire part. Elle n'est pourtant pas exacte en beaucoup de choses ; mais il ne laisse pas d'y en avoir beaucoup de vraies, et qui sont écrites avec une fort grande ingénuité. Je l'ai montrée à M. de Montmorency' et à M. de Chevreuse. Ce dernier, qui est capitaine des chevau-légers , voudroit bien savoir le nom dn chevau-léger qui l'a écrite, et vous me ferez l^aisir de le demander à M. Vl^ard, à qui vous ferez aussi mille compliments de ma part. Je suis toujours étcmné qu'on vous montre en rhétorique les fables de Phèdre, qui semblent une lecture plus proportionnée à des gens moins avancés. Il faut pourtant s'en fier à M. Rollin*, qui a beaucoup de jugement et de capacité.
I^BXBX io5 (reme tor Tautographe, conserré k la Bibliothèque impériale). — i. Céuit une relation du combat de Steinkerque. {NoU de téditiom de 1807.) — Le combat de Steinkerque arait été firré le 3 août précédent (1693).
a. Cbarlea-Fiançoît-Frédéric duc de Montmorency, fils aine du naréchal de Luxembourg, né le aa février 1 661, mort le 4 août 1726. n prit, â la mort de ton père, le titre de duc de Luxembourg. Il ■▼ait épousé Marie- Anne d*Albert de Luynes, fille du duc de Che-
3. RoQin, qui depuis Tan i683 professait au collège de Plessis- Sofboone, avait été, en 1688, nommé professeur d'éloquence au OMfit royal. U devint recteur de l'Université de Paris en 1694.
TeTT O^ ^^ trouve les fables de M. de la Fontaine qne diez M. Thierry ou chez M. Barbin^. Cela m^embarrasse un peu, parce que j'ai peur qu'ils ne veuillent pas prendre de mon argent. Je voudrois que vous en pussiez emprunter à quelqu'un jusqu'à mon retour. Je crois que M. Despréaux les a, et il vous les préteroit volontiers ; ou bien votre mère pourroit aller avec vous sans façon chez M. Thierry, et les lui demander en les payant. Adieu, mon cher fils : dites à vos sœurs que je suis fort aise qu'elles se souviennent de moi, et qu'elles souhaitent de me revoir. Je les exhorte à bien servir Dieu, et vous surtout, afin que, pendant cette année de rhétorique que vous commencez, il vous soutienne et vous fasse la grâce de vous avancer de plus en plus dans sa connoissance et dans son amour. Qx>yez-moi, c'est là ce qu'il y a de plus solide au monde : tout le reste est bien frivole*.
4. Les direnes ëditions qui araient para des Fables de la Fontaine, en 1668, 1671, 1678 et 1679, se Tendaient chez ClaadeBarfoin ou chez Denis Thierry. La Fontaine arait cëdë à ces deux libraires son privilège de 1667 et celui de 1677. Plus tard, en 1693, il leur céda également le nouyeau privilège qu*il venait d'ohtenirpourl'im* pression de sa cinquième partie.
5. Outre Toriginal de la Bibliothèque impériale, nous avons vu de cette même lettre un autre autographe, appartenant à M. le marquis de Biencourt, qui, après les mots : « tout le reste est bien frivole, » se termine ainsi : c Je serai fort aise d^aroir de vos nouvelles après votre première composition. Ragisb. » Ce n'est pas la seule différence quW remarque entre les deux autographes. Dans celui de M. de Biencourt, la seconde phrase : « Elle n'est pourtant pas exacte, » jusqu'aux mots : « fort grande ingénuité, » manque ; et de même la phrase : « Ce dernier, qui est capitaine, » jusqu'à : « mille compliments de ma part. > Au lieu de : « Je voudrois que vous en pussiez emprunter à quelqu'un, » on y lit : c Je voudrois que vous pussiez emprunter ces fables à qudqu'un ; >» et au lien de : K et il vous les préteroit, Milya'.wetencecasil vous les préteroit. m Après « cette année de rhétorique, » le même anto-
Io6. BB BACIHB A BOILBAl}.
A Fontainebleau, le 6. octobre [169s].
Tai parlé à M. de Pontchaitrain, le conseiller^, du garçon qui vous a servi; et M. le comte de Fiesque', à ina prière, loi en a parlé aossi. Il m*a dit qu*il feroit son poBsiUe pour le placer; mais qu*il jnrétendoit que TOUS hd en écrivissiez vous-même, au lieu de lui fiiire écrire par un autre. Ainsi je vous conseille de forcer on pea votre paresse, et de m'envoyer une lettre pour faû, oa bien de lui écrire par la poste.
Tai déjà fiut nahre à Mme de Maintenon une grande envie de voir de quelle manière vous parlez de Sainte Cyr*. Elle a paru fort toudiée de ce que vous aviez eu même la pensée d'en parier; et cela lui donna occasion de dire mille biens de vous. Pour moi, j*ai une extrême impatience de voir ce que vous me dites que voos m'envoyerez. Je n'en ferai part qu'à ceux que vous voudrez; à personne même si vous le souhaitez. Je crois pourtant qu'il sera très-bon que Mme de Maintenon vcne ce que vous avez imaginé pour sa maison. Ne vous mettez pas en peine ; je le lirai du ton qu'il but, et je ne ferai point tort à vos vers.
Je n'ai pœnt vu M. Félix depuis que j'ai reçu votre lettre. Au cas que vous ne trouviez point les cinq mille francs, ce que je crois très-difficile , je vous conseille de louer votre maison ; mais il faudra pour cela que je
graphe n'a pu les mots : « que tous oommeDoex, » ni après « la grSee de toos aTancer de plus en plus, » les mots : « dans sa oon-
ÏMomm 106 (reme sor l'antographe, eonserr^ â la Bibliothèque iapënale).-* 1. Conseiller au Pariement, fib du oontrdlear génial de» Imanees. Voyea ei-dessas, p. 98, la note 5 de la lettre 9$.
a. Vojea cî-dessos, p. 4$^ la note 3 de U lettre loi.