II. Vojex ci-defsos, p. 63, la note 1 de la lettre io
II. Fiôl-Sigifmond comte de Luxe, troisième fils du maréchal de LoxemlKMiTg.
i3. Racine a, |>ar m^arde, écrit chamère, an lien de Jambe.
i4* François de la Rochefoucaold, duc de la Roche-Gujon, petitfilsde Fantear degHasimêset gendre de Lourois. H mourut en 1718.
i5. Jean- Armand marquis de Jojeuse, maréchal de France de h promotion du 17 mars 1693. Il commandait Taile gauche.
16. û était aussi un des sept maréchaux que le Roi arait faits le *7 mars précédent. Yojez le Jounud de Dangeau, rendredi %y [mars 1693], k Versailles.
17. Henri de Massue, marquis de Rnrigni» excellent officier, que i> rërocation de Tédit de Nantes arait forcé de quitter la France. U prit alors le nom de lord Gallowaj ; et après la mort du mareclnl de Schomherg, tué à la Bojme en 1690, il se mit à la tête des réfugiés firançais, que commandait ce maréchal. Rurigni ne fttt point tué à Nerwinde, et ne mourut qu'en 17JO. (Note de tédi- 'iw de 1807.)
iio LETTRES.
'j^ 3 chai^ea nos escadrons, en renversa quelques-ans, et enfin fîit renversé lui-même. Le lieutenant-colonel de ce régiment, qui (ut pris, dit à ceux qui le prenoient, en leur montrant de loin le prince d'Orange : « Tenez, Messieurs, voilà celui qu*il vous âdloit prendre. » Je conjure M. Tabbé Renaudot, quand il aura fidt son usage de tout ceci, de bien recacheter et cette lettre et mes mémoires, et de les renvoyer chez moi.
Voici encore quelques particularités. Plusieurs généraux des ennemis étoient d'avis de repasser d'abord la rivière. Le prince d'Orange ne voulut pas. L'électeur de Bavière dit qu'il falloit au contraire rompre tous les ponts, et qu'ils tenoient à ce coup les François. Le lendemain du combat, M. de Luxembourg a envoyé à Tirlemond, où il étoit resté plusieurs officiers ennemis blessés, entre autres le comte de Solms, général de l'infanterie, qui s'est fait couper la jambe ^*. M. de Luxembourg, au lieu de les fSure transporter en cet état, s'est contenté de leur parole, et leur a ifait offiîr toute sorte de rafiratchissements. « Quelle nation est la vôtre ! s'écria le comte de Solms ^* en parlant au chevalier du Rosel ; vous vous battez comme des lions, et vous traitez les vaincus comme s'ils étoient vos meilleurs amis. »
Les ennemis commencent à publier que la poudre leur manqua tout à coup, et veulent par là excuser leur défaite. Us ont tiré plus de neuf mille coups de canon, et nous quelque ^* cinq ou six mille.
Je fais mille compliments à M. l'abbé Renaudot, et
18. Henri Maestrick, comte de Solms. D mourut des toltes de cette opération, à VSige de cinquante-six ans. (Note de VidUion de 1807.)
19. Voltaire {SUeU de Louis XIV ^ chapitre xvi) rapporte le méoae mot, qa*il attribue mal à propos à un comte de Salm. (lèidem.)
ao. D 7 a quelques dans l'autographe.
LETTRES. m
j'cxdteraîce matin M. deCroissy** à empêcher, s^ilpeut, ^^ . le malheureux Mercure galant de défigurer notre victoire, n y avoit sept lieues du camp dont M. de Luxemboorg partit, jusqu'à Nervinde. Les ennemis avoient dnquante-anq bataillons et cent soixante escadrons.
SuscripUon : Pour Monsieur Despréaux.
ia3. DE EAGUIE A JEAN-BAPTISTE RACINE*.
A Fontainebleau « le i^ octobre [1693].
J'ai reçu encore une de vos lettres, qui m'a fait beaucoup de plaisir. M. Despréaux a raison d'appréhender que vous ne perdiez un peu le goût des belles-lettres pendant votre cours de philosophie. Mais ce qui me rasrare, c'est la résolution où je vous vois de vous en rtfrakhir souvent la mémoire par la lecture des meilleurs auteurs; et d'ailleurs vous étudiez sous un régent qui a hii-méme beaucoup de lecture et d'érudition*. Je contribuerai de mon côté à vous fiûre ressouvenir de tout ce que vous avez lu, et je me ferai un plaisir de m'en entretenir souvent avec vous.
Je vis hier vos deux sœurs à Melun*, et je fus fort
SI. Secrteire d'État ao département des affaires étrangères.
Lrxbb is3. — 1. Reme sur l'autographe, oonserré k la Bibliotbèqoe impériale.
»• Le oâèbre Edme Ponrchot, qui fit fidre de si grands progrès *a éeolet de philosophie, et qui professa cette science k Paris pendant Tmgt-ttz ans. Il était ami particulier de Racine, de BoÛeau et de Fénelon. Ce dernier le pressa nônement d'accepter une place de soii»prëoeptenr des enfimts de France. (Ifote Je PéJUion Je 1807.)
3. jfarie-Catherine et Anne Racine, âgées alors, l'une de qnalone ans, l'autre de onze, étaient élerées par les Ursnlines de Me-
lia LETTRES.
' ^ ' content d'elles. Votre sœur atnée se plaint de vous, et elle a raison. Elle dit qu'il y a plus de quatre m<NS qu'elle n'a reçu de vos nouvelles. Il me semble que vous devriez un peu mieux répondre à l'amitié sincère que je lui vois pour vous. Une lettre vous coûte-t-elle tant à écrire? Quand vous devriez ne l'entretenir que de ses petites sœurs, vous lui feriez le plus grand plaisir du monde.
Vous avez raison de me plaindre du déplaisir que j'ai de voir souffirir si longtemps un des meilleurs amis que j'aie au monde ^. Tespère qu'à la fin, ou la nature, ou les remèdes lui donneront quelque soulagement. Tai déjà la consolation d'entendre dire à ses médecins qu'ils ne voient rien à craindre pour sa vie, sans quoi je vous avoue que je serois inconsolable.
0>nmie vous êtes curieux de nouvelles, je voudrois en avoir beaucoup de considérables à vous mander. Je n'en sais que deux jusqu'ici, qui doivent faire beaucoup de plaisir. L'une est la prise presque certaine de Charleroy*, car il ne durera guère plus de quatre ou cinq
Ion, aa couTent desquelles la plus jeune des deux, Anne (Nanette), fit plus tard profession.
4. M. Nicole. (Note de Louis Racine,) — Nicole moumt deux ans après, le 16 norembre 1695. Mme de Coulanges, dans une lettre â Mme de Sërignë, datëe du 18 norembre 1695, atteste les efforts que Racine arait faits pour le saurer : « Je crois M. Nicole mort; il tomba en apoplexie, il 7 a deux jours ; Racine Tint en diligence de Versailles lui apporter des gouttes d'Angleterre, qui le ressuscitèrent; mais on vient de me dire qu*il est retomba, m Vojei les Lettres de Mme de Sépigné, tome X, p. 33i et 339.
5. La tranchée arait été ouverte devant Charleroi dans la nuit du mardi i5 au mercredi 16 septembre. Dangeau, dans son Jcmmol^ a la date du mardi 19 septembre, disait dëjà comme R«cine: «Les lettres qui sont du %y au soir portent qu*on croit que la place (de Charierot) ne durera plus que cinq ou six jours. * Charleroi ne se rendit an marëchal de Villeroi que le dimanche matin 1 1 octobre.
LETTRES. ii3
joon; lantre est la levée du siège de Belgrade *. Quand ' je dis que cette nouvelle doit fSure plaisir, ce n'est pas (|o a parier bien chrétiennement on doive se réjouir des itantages des infidèles; mais Tanimosité des Allemands eit si grande contre nous, qu'on est presque obligé de ranercier Dieu de leurs mauvais succès, afin qu'Qs MÎent forcés de faire leur paix avec nous, et de consentr an repos de la chrétienté, plutôt que de s'accommoder avec les Tores.
Adieu, mon cher fils : je vous écris tout ceci fcHrt à la hàle. Écrivez-moi très-souvent, afin de me donner lieu de TOUS répondre, ce que je ferai une autre fois plus à
On attend au premier jour des nouvelles d'un combat en Italie^.
SuicripHon : Pour mon fils. (Cachet rouge dont Fempremte est efiacée.)
124* - DE RACIHB A JEAN-BAPTISTE RACINK*.
Fontainebleau, le 14* octcdure [1693].
H ne sanxois m*empécher de vous dire, mon cher
6. La nonrene que remperenr L^opold aTait ler^ le n^ de Bdgrade était anrtrée à Fonuineblean dès le S9 teptembre; inaif cBe était ineertaine encore. Elle fbt pleinement confirma le lendemain, 3o septembre. Voyez le Journal de Dang^au^ aux dates da ^ et dn 3o septembre 1693.
7. Le 9 octobre snirant, on apprit à Fontaind^leau la nonrelle ^ la netoire remportée à la MarsaiUe par Catinat, le 4 octobre 1693. Vojex k lettre soirante.
LBras 194 (reme sor Taatograpbe, conserrë à la Bibliotbèque «pMOe.) — I. En tête de la lettre. Racine a écrit : « Pour mon
J. Racub. ¥11 s
ii4 LETTRSS*
^^ - fils, que je suis très-oontent de tout ce que votre mère m'écrit de vous. Je vois par ces lettres que vous êtes fort attaché à bien fidre, et surtout que vous craignez Dieu, et que vous prenez du plaisir à le servir. Cest la plus grande satisfaction que je puisse recevoir, et en même temps la meilleure fortune que je vous puisse souhaiter. J*espère que plus vous irez en avant, plus vous trouverez qu'il n'y a de véritable bonheur que celui-là. J'approuve la manière dont vous distribuez votre temps et vos études; je voudrais seulement qu'aux jours que vous n'allez point au collège, vous pussiez relire de votre Gcéron, et vous rafraîchir la mémoire des plus beaux endroits ou d'Horace, ou de Virgile, ces auteurs étant fort propres à vous accoutumer à penser et à écrire avec justesse et avec netteté.
Vous diiez à votre mère que le pauvre M. de âgur* a eu la jambe coupée, ayant eu le pied emporté d'un coup de canon. Sa pauvre femme*, qui l'avoit épousé pour sa bonne mine, a employé la meilleure partie de son bien à lui acheter une charge, et dès la première année il lui en coûte une jambe. Il a eu un fort grand nombre de ses camarades qui ont été tués ou blessés, je dis des officiers de la gendarmerie. Mais en récompense la victoire a été fort grande, et on en apprend tous les jours de nouvelles circonstances très-avantageuses. On fait monter la perte des ennemis à près de dix mille morts, et à plus de deux mille prisonniers. Il
s. Henri-Joseph marquis de Segor (Racine ëorit Sipir)^ bleaaë à k Marsailie. U était alors capitaine de gendarmerie. U fut plus tard gouTemeur du pays de Foix, et colonel du régiment de Segor. Le marquis de Segur mourut en 1737. Le comte Henri-FVançois de Segur, lieutenant général, était son fils.
3. Une note d^Aimé-Martin dit qu'elle était fille d*un fermier général.
LETTRES. iiS
KBte à scmbaiter que cette victoire soit amyie de la prise TITT ^qudqae place qni nous mette en état de prendre des <|itrtierB en Italie, comme la victoire de Flandre^ est MÎfie de la prise de Charleroy, qui ferme et assm^ entièrement nos frontières de ce côté-là. Uimpoiasance où t*eft trowé M. le prince d'Orange de secourir une place à in^Kirtaiite marque bien la grandeur de sa défiedte et it II perte qu'y firent les alliés. Le Roi reçut hier nouvelle qie les assiégés avcuent battu la chamade dimanche dernier, à sept heures du matin. Ils auroient pu se défende encore huit ou dix jours, à cause de la difficulté qi'oD trouvoit à £ûre des mines sous les bastions et la courtine ; mais ik étoient réduits à dix-huit cent» y de près de quatre mille qu'ils étoient. M. de Ciftille* même, qu'on avoit mis au-dessus du Couverneor pour commander dans la place, étoit blessé. Ainsi h le sont rendus, et ont fait grand plaisir à notre cavalerie, qui cMiimençoit à pàtir beaucoup. Vous pourrez lire ees nouvelles à M. Despréaux, au cas que vous l'alliex iw; car je ne sais si je pourrai lui écrire aujourd'hui, à cause de la quantité de lettres que j'ai ici à écrire.
Tai vu les drapeaux et les étendards qu'a envoyés M. êft Oitinat, et je vous conseille de les aller voir avec iQtre mère quand on les portera à Notre-Dame. U y a œM deux drapeaux et quatre étendards seulement : ce qv narque que la cavalerie ennemie n'a pas fait beau- 001^ de résistance, et a de bonne heure abandonné leur ^ infioiterie, laquelle a presque été toute taillée en pièces.
4* A Nerwinde.
S. On lit dam la Gm^etu du 19 septembre 1693 (p. 470) : « On ^ ^'il y a dans la place (de CharUroi) qoatre mille cinq cenU I,.*. arec le sieur de Pimentel et le sieur de Castillo, qni y
6* Vojres le Lextque,
ii6 LETTRES.
,^-3 n y avoit des bataillons entiers d^Espagnok qui se jetoient à genoux pour demander quartier, et on raocordoit à quelques-uns d'eux, au lieu qu'on n'en faisoît point du tout aux Allemands, parce qu'ils avoient menacé de n'en point fidre.
Il me semble que dans une de vos lettres tous me demandiez la permission de faire présent d'une jithalie à un chartreux. Vous le pouvez fidre sans difficulté. Je suis seulement fôché de ne m' être pas souvenu plus t6t de vous en parler.
Le Roi partira de demain en huit jours pour aller à Choisj^, où il doit coucher deux nuits. Pour moi, j'irai ce jour-là tout droit à Paris, et j'eq>ère que ce sera avec M. de Cavoye, qui commence à se mieux porter, et à qui M. Félix promet une prochaine guérison. Madame sa femme * dit que c'est votre mère qui l'a guéri avec le remède de tête [de] mouton qu'elle lui a enseigné, et dont Mme de Cavoye, qui avoit aussi un commencement de dyssenterie, s'est îotl bien trouvée. Je viens d'apprendre que M. du Tartre * avoit une grosse fièvre. Il a eu en tête de demander la chambre où M. Moreau** est mort d'une fièvre maligne. Je fis ce que je pus pour l'empêcher d'y mettre son lit; mais je ne le persuadai point. Je craindrois qu'il n'eût gagné sa même fièvre. Faites bien des amitiés pour moi à votre mère, et dites-lui que cette lettre est pour elle aussi
7. Le Roi anÎTa à Choisj le jeudi 19 octobre, et en rerînt le samedi s4* Vojez le Journal de Dtmgemty à ces deux dates.
8. Louise-Philippe de CoCtlogon. Elle avait été fille d'honneur de la Reine, et mourut à Paris en 1729, k Tâge de qnatre-TÎngt-huit ans. (Noté ds NdUion de 1807.) — On peut Toir sur Mme de Cavoie les Mémoirts de Saimt^imon, tome I, p. 3i4 et 3i5, et tome XŒ, p. 333.
9. Ici, comme plus haut, p. 13 , il y a <^ Terirê^ dans roriginal.