Voyez au tome VI, p. $$7, la note 7 de la lettre
i3. Voyez ci-detsns, p. 44* 1^ iM>te 8 de la lettre 99.
14. La lettre continue ainsi dans Tautographe de M. Boatron- Charlard : « Je suis en peine de la santé de M. Nicole. Voua m'obligeriez de me mander si tous en avez des nonrelles. M. le duc de Cherreuse s'informa fort de votre santé hier et ce matin. J*fti en une lettre de Mme la comtesse de Gramond, et j'ai opinion qu'elle doit avoir a se plaindre de ne point recevoir de vos lettres.
« Je suis, Monsieur, bien entièrement À vous.
c RAouni. »
Lkitrb 119 (revue sur Tautographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — i. Ce ne peut être que la lettre de même date, que nous venons de donner immédiatement avant celle^â.
a. On n'a pas cette réponse de Boileau. Racine en parle aussi an commencement de la lettre is8, p. 116.
3. Louis Boucberat, qui avait succédé, comme chancelier de France, à le Tellier, en i685. Il mourut le a septembre 1693, Igé de quatre-vingt-quatre ans.
LETTRES. i3i
dUji orf parier de œtte affîiire, mais que M. Coorin*^- -^' ivoît opirnoo qo'ùJi ne ponvoit rirai ftire de bon ni d'ufle au poMie de ce projet. Ainsi on m'a dit qa*il fiindroit loi fiûre parier encore par des gens qui eussent phs d*aiitorité sur son e^nrit. Je verrai là-dessus M. de Hariay*, et lui demanderai s'il veut et s'il peut s'en Bêler, et entreprendre de persuader Monsieur le Chancelier.
D me paroft, par TOtre lettre, que tous portez un peu fenrie i BDle de la Qiapelle* de ce qu'elle a lu plus de comédies et plus de romans que vous. Je vous £rai, arec la sincérité avec laquelle je suis obligé de vous pirier, que j'ai un extrême chagrin que vous fassiez tant de cas de toutes ces niaiseries, qui ne doivent servir fout au plus qu'à délasser quelquefims l'esprit, mais qai ne devroient point vous tenir autant à cœur qu*elles fant. Vous êtes engagé dans des études très-sérieuses, ^ doivent attirer votre principale attention, et pendant ^ foos y êtes engagé et que nous payons des maîtres poir vous en instruire, vous devez éviter tout ce qui peut dissiper votre esprit et vous détourner de votre icade. Non-seulement votre conscience et la religion Kvs y obligent, mais vous-même [devez''] avoir assez de coosidénition pour moi et assez d'égard, pour vous eonfenncr un peu à mes sentiments pendant que vous
4- Lcmii CootÛB, prudent en la cour des monnaiet. H entra à TAcadteîe firuçaife en 1697.
5. Nîodaf-AiigastedeHarlajy seigneur de Bonnenil, de Celi,etc., coueOler au Parlement, mort le i^^ arril 1704. Il arait ^pouB^, le M décembre 1670, la fille du chancelier Louis Boucherat. Il fut, en 1697, enroj^ à Ryswick comme premier plénipotentiaire.
6. Anne de Besté la Chapelle, petite-nièce de Boileau, née en 1^1) morte en 1796. Elle était fiîle de Henri Besté la Chapelle, ^t nom arons parlé à la note i a de la lettre 69, tome VI, p. Byi .
7' Le ma^dê9€z a été omis dans Tautographe.
i3a LETTRES.
^ êtes en un âge* où vous devez vous laisser conduire. Je ne dis pas que vous ne lisiez quelquefois des choses qui puissent vous divertir Tesprit, et vous voyez que je vous ai mis moi-même entre les mains assez de livres firançois capables de vous amuser ; mais je serois inconsolable si ces sortes de livres vous inspiroient du dégoût pour des lectures plus utiles, et surtout pour les livres de piété et de morale, dont vous ne parlez jamais, et pour lesquels il semble que vous n*ayez plus aucun goût, quoique vous soyez témoin du vériuÂle plaisir que j'y prends préférablement à toute autre chose. Croyez-moi, quand vous saurez parler de comédies et de romans, vous n'en serez guère plus avancé pour le monde, et ce ne sera pas par cet endroit-là que vous serez le plus estimé. Je remets à vous en parler plus au long et pli^ familièrement quand je vous reverrai, et vous me ferez plaisir alors de me parler à cœur ouvert là-dessus, et de ne vous point cacher de moi. Vous jugez bien que je ne cherche point à vous chagriner, et que je n'ai autre dessein que de contribuer à vous rendre l'esprit sdide, et à vous mettre en état à ne me point fSure de déshonneur quand vous viendrez à parottre dans le monde. Je vous assure qu'après mon salut, c'est la chose dont je suis le plus occupé. Ne regardez point tout ce que je vous dis comme une réprimande, mais comme les avis d'un père qui vous aime tendrement, et qui ne songe qu'à vous donner des marques de son amitié. Ëcrivez^moi le plus souvent que vous pourrez, et faites mes c<nnpliments à votre mère. Il n'y a ici aucune nouvelle, sinon que le Roi a toujours la goutte et que tous les jHrinces reviennent de l'armée de Flandre *.
8. Racine a ^crit par m^garde : « pendant que roua en êtes en un âge. »
9. « Le Roi garde encore le lit; il a des douleurt asies Ttolentet
LETTRES. i33
l3o. — DE HAGIIIB A LA M^RB AGràS TôtT
DS SAinTB-THiULE RAGI0e\
A Versailles, le i% novembre [1694].
Ji tms parti eiqprès de Paris
....'im peu de temps, parce que la chose demandoit qaelqoes réflexions. Il dit que M. du Tronchet est fort iMmiéte Inmuney mais qu'il faut voir s'il lui convient d*ètre votre supérieur, et même s'fl vous convient qu'il
IcfBoiti. » {Journal de DmmgemUy Jimamehe 3 [octobre 1694], à Foih tmtUêm.) — « On a enrojé le congé à Monneor de Chaitret et à tMi Meaneort les princes poor les faire reTenir dès que le prince iTOange sera parti. » (JomriuUJe Damgemt, vemlreM i« octobre [1694], è tommmthUâu,)
iMmM i3o. — I . Cette lettre, ou plutôt partie de lettre, ainsi que pWeort antres également ëprites par Racine à la Mère Agnès de Sûnte^Tbède, et que nous donnons ci-après, nous a M commn- ■iqa^, en x866, par M. Stânte-Beure , dont la perte rëcente a M n rirement ressentie dans tout le monde littéraire. H avait trovré les copies de ces lettres dans des Joumaus manuscrits de Nn-Bofoi, consenrës à la bibliothèque de la maison de Klarenburg, etqa*Q avait eus entre les mains, ^ce à l'obligeance de M. le doctair KarMen, directeur du séminaire d'Amersfoort. — « M. de la Gnnge, dit Besoigne dans V Histoire de Cahhaye de Port^Ro^al (lySi)^ to«e n, p. S99, ajant été pourru de la cure de Villers-le-Bel, ne pvt pas continoer les foncticms de supérieur de Port-Rojral. Ainsi Poe pensa à en demander un autre. On proposa à Monsieur l'Ardierêqne (de Harlajr) M. du Tronchai, chanoine de la Sainte- CbqieOe. M. Racine alla roir Monsieur l'ArcheTéque et en conféra >vcc loi. » Dans la lettre que nous donnons. Racine rend compte ^ cette conférence à Tabbesse de Port-Royal, sa tante. ~ Outre Totmige de Besoigne, on peut Toir, pour cette correspondance ^ Raeine arec sa tante au sujet du choix d*un supérieur, V Histoire tnéreU de Port-Bofoly par dom Qémencet, tome VIII, p. 289-294, 3oo-3o3, et 3i9-3a4.
>. Cette lacune est dans la copie qui nous a été communi- ^^. Avant les mots : « un peu de temps, » Racine arait sans ^te écrit quelque chose dans ce sens : « Monsieur l'Aroheréque i^eUma. »
i3/» LETTRES.
jg le son. Je kd ai repréiemé oombien il étoit à souhaiter qu^on ne vous donnât point on homme qui ftlt d*hiimem* à troubler et à inquiéter votre maison, et que j'espérois de sa bonté qu'il auroit soin de laisser les choses dans la paix où elles sont. U m*a répondu fort honnêtement qu'il vous laisseroit ce choix à vousmêmes, et qu'il y apporteroit toutes les fiicilités qui dépendroient de lui. Il m*a &it entendre qu'il en avoît déjà parlé au Roi; et je n'en ai pas douté un moment. Enfin il s'est étendu sur vos louanges, et m'a répété encore qu'il ne pouvoit pas être plus satisfiadt de votre conduite qu'il étoit, et qu'il en avoit plus d'une foît assuré Sa Majesté. J'ai fait mon possible pour tirer de lui une réponse plus positive ; mais il a persisté à me dire que rien ne pressoit et que la chose méritoit ud peu de réflexions. Voilà, ma chère tante , tout ce que je vous puis mander de ses sentiments. Je puis pourtant ajouter à cela qu'il ne m'a p.iru en lui aucune mauvaise intention ....
l3l. DE RACHŒ A LA Miu AONi»
DE SAIlfT&TECfeCLS HACIME \
Ce lundi, veille de saint Andrë [29 novembre 1694].
M. l'abbé Dongois*, chanoine de la Sainte«Chapelle, et un de mes meilleurs amis, étant allé voir avant-hier
Lsxrms i3i. — i. Cette lenre ett tirée det mêmes journaux mantisoriu qne U prëc^ente. Us la domient pour un simple extrait.
a. Gille Dongois, neren de Boileau : Toyex ci-dessus, p. 75, la note S de la lettre iio. Vàbhé Dongois, né en i636, monrat en 1708.
LETTRES. i35
Monfliear rArchevéque, ce prélat, après lui avoir ^^ fMiqiie temps parlé de moi, au sujet des Cantiques* que Yoas avez vus, loi demanda confidemment ce qu*il pen« Mit de M. du Tronchet, son confrère. M. Tabbé Dongois kà en paria avec toute Testime possible, et le dépeignit eomme un ecclésiastique également plein de sagesse et de piété. Là-dessus Monsieur rArchevéque lui raconta les vues que tous aviez eues pour en faire votre supériev, prit de là occasion de témoigner toute la satisbcdon qn^il avoit de votre bonne conduite, et enfin umm qu^il n^avoit aucun éloignement à vous accorder M. du Tronc^et, quoique lié très-étroitement, dit-il, «▼ecM. de Tillemont* et M. le Nain*. Il ajouta qu*il en av<Ht parlé au Roi, et fit entendre qu'il étoit persuadé que c*étoit moi qui vous avois inspiré cette vue. H. Fabbé Dongois fit réponse qu'à la vérité vous ne pcNoriez pas dioisir un plus honnête homme, ni qui lui pftt être moins suspect; mais qu'il étoit convaincu que M. dtt Tronchet ne vouloit être supérieur ni de votre maison ni d^ancune autre.
Monsieur TÂrchevêque l'assura qu'il étoit disposé à vous acc(»rder tel autre homme que vous demanderiez SOT son refos, pourvu que vous ne lui proposiez aucune persoune distinguée pour être d'intrigue ou de cabale, n permit à M. l'abbé Dongois de me rendre compte de tonte cette conversation. M. l'abbé Dongois me vit ioDc dès le soir même, et me dit qu'il avoit vu l'après-
3. Let Cantiques spirituels, Vojez ci-det8as, les lettres 117 et isS, iteBâcine à Boilean, du s8 septembre et du 3 octobre 1694.
4. LMiîs-Sâ>astien le Nain de Tîllemont, anteur des Mémoires ftv servir à f histoire eeeUnastique des six premiers siècles^ et d*autm nTants ouvrages. H ëtait ne le 3o norembre 1687 ; il mourut ^ 10 janTÎer 1698.
5. Jean le Nain, mattre des requêtes, père de Tillemont ; il mourat on mois après son fils, le 9 férrier 1698.
i36 LETTRES.
dtnée M. Tabbé du Trondiet, et qa'il FavcHt trouvé trèB-sensible à rhonneur que vous lui vouliez fiûre, mais trèB-réflolu à ne point accepter cet honneur, et à ne se mêler d'aucune direction. Nous avions résolu d'abord, M. Dongois et moi, d'aller voir ce matin Monsieur rArchevéque; mais j'ai cru qu'il valoit mieux que je fusse instruit auparavant du choix que vous avez à loi proposer. Je vais cette après -dhiée à Versailles, d'où je crois aller à Marly mercredi prochain, pour y demeurer jusqu'à samedi au soir. Ayez la bonté entre ci et ce temps-là de prendre vos mesures pour le sapérieur que vous avez à lui demander, et je me chargerai très-volontiers de lui en parler. On m'a dit que vous aviez pensé à M. de la Barde* et à Monsieur le curé de Saint-Sé vérin''. Le premier est un honmie tout languissant, à ce qu'on m'a dit, qui a déjà quelque atteinte d'apoplexie, et qui n'est point du tout en état d'agir ; l'autre est un très homme de bien, plein de bonnes intentions, et qui aime la vertu et le mérite. Je crois même que Monsieur l'Archevêque l'estime particulièrement. M. l'abbé Dongois croit que vous pourriez {MX>poser aussi Monsieur le curé de Saint-Merry*, dont Monsieur l'Archevêque s'accommoderoit très-volontiers, et qui seroit peut-être en état de vous rendre de grands services. On m'a nommé M. GobiUon, curé de Saint- Laurent, dont on dit beaucoup de bien. Tattends votre réponse à Paris, où je serai samedi prochain, et m'offre