‹ Œuvres de J. RacineChapitre 82 sur 222 · DB EACnfB A lEAir-BAPTISTE EAGINE. Tëôe · texte numérisé non relu

DB EACnfB A lEAir-BAPTISTE EAGINE. Tëôe

A Paris, ce dimanche au soir [,a3 dëcembre 1696^].

VoTRB mère m* écrivit mardi dernier à Versailles , et m^cnvoya la lettre de ma sœm* , que je tous avois dit que j'attendoîs avec beaucoup d'impatience.

renvoyai, comme vous savez, à la poste de Versailles, mecredi * matin , et votre Henry me vint dire qu'il n y aroit rien pour moi. Je vous prie d'y renvoyer et d'y aller vous-même, et de vous plaindre un peu de ce qu'on a gardé si longtemps ce paquet sans 'vous le donner; car vous m^aviez dit qu'on portoit à vos tables les lettres qui sont pour ceux qui y mangent. Quoi qu'il en soit, renvoyez-moi le paquet de ma femme, dès qu'on vous l'aura rendu. Toute la famille se porte bien. Votre petit firère est tombé ce matin la tête dans le feu, et sms votre mère, qui l'a relevé sur-le-champ, il auroit etf le visage tout perdu. H en a été quitte pour une brAhire qu'A s'est fiûte à la gorge, laquelle a appuyé cootre un dienet tout brûlant. Nous sommes bien obligés de remercier le bon Dieu de ce qu'il ne s'est pas bit plus de mal. Votre sœur ' se prépare toujours à en-

iMmm 145 (rerue fur Taotographe, cooserré a la Bibliothèque iapërtale). — i. Cette date, donnée entre parenthèses par Tëditear de 1807, doit être exacte; car Racine parle dans sa lettre de rentrée aux Carmélites de sa fille, qui derait aroir lieu le samedi saÎTant ; et dans une note de la lettre du 10 janvier 1697, a Mlle Ri- TÎère, le même éditeur de 1807, qdi avait eu des renseignements recueillis par Jean- Baptiste Racine , dit que la fille ainée de Racine entra aux Carmélites le 29 décembre 1696.

a. Racine écrit ainsi : meeredi,

3. Marie-Catherine, Tainée des filles de Racine. Elle avait alors MÎae ans et sept mois. Sur son entrée aux Carmélites du faubourg SatBt-Jaoqoes, voyex la lettre suivante de Racine à Mlle Rivière^ do 10 janvier 1697, ^^ ci-après, parmi les Leitreâ éU divers à divers^ cdle da P. Qnesnel, en date du 14 février K697.

i64 LETTRES.

j^ g trer .aux CarméHtes samedi prochain, et le grand fixnd, ni tout ce que je lui ai pu dire, ne Font pu persuader de différer au moins jusqu'à un autre temps. La petite Mlle de Frescheville * est à l'extrémité, et peut-être même est-elle morte à l'heure qu'il est. Vous voyez par là que notre heure est bien incertaine , et que le plus sûr est d'y penser le plus sérieusement et le plus souvent qu'on peut. Tespère être dimanche prochain à Versailles : ma femme aura soin de vous envoyer du linge à dentelle ce jour^là. Je vous donne le bonsoir.

Suscription : A Monsieur Monsieur Racine le fils, gentilhomme ordinaire du Roi, à Versailles. (Gichet rouge, au cygne.)

1697 ^46. BB RACINE A MADBMOISELLB HIyIiBRB^

A Paris, le 10. janvier [1697].

Votre dernière lettre, ma chère sœur, ne m'est parvenue que depuis quelques jours. J'étois à Versailles

4. L'ëditeur de 1807 dit qa'eUe ëtait fille d'un des parenu de Boileau. Toutefois nous ne tronrons pas le nom de Frescherille dans VM^xplieation généalogique si étendae que Berriat-Saint-Prix a donnée an tome m, p. 436-465, des Œuvres Je BoiUau. Racine parle encore de Mlle de Firesckerille dans deux lettres à son fils aîné (i a septembre et 3f octobre 1698) ; dans la seconde M. de FreschcTille est aussi nommé. Dans les deux, c'est à Auteuil, dans la maison de Boileau, que nous trouvons Mlle de Frescheville.

Lbitbb 146. — I. Louis Racine (p. agS-Soi) a donné cette lettre avec quelques suppressions et changemenU, et y a mêlé une partie de la lettre suivante. Nous avons suivi, pour Tune comme poor Pautre lettre (à deux leçons près pour la seconde : vojez les notes i et 6 de la lettre 147), le texte publié par Téditeur de 1807. D est vraisemblable que Tantographedes deux lettres, quoiqu'il ne le dise que pour la seconde, lui avait été communiqué par la famille de Racine.

LBTTRB& i65

qiiiid eUe est armée ici, et ma femme, qui aaroit qae ^^ jêitendxHB de vos nouvelles avec impatience, crut ne pooTOÎT mieux fiure que de me radresser où j'étois; nais elle ne me fut point rendue, par la négligence des eommis de la poste, et il fallut la foire revenir ici, ce ifà me causa un retard de quinze jours. Tapprouve txmi ce qae vous avez fiût, et je vous en remercie. Diaprés toat le bien qui m'a été dit du jeune homme qoi recherche la petite Mouflard *, je verrai avec plaisir ce maiîage , et je leur donnerai pour mon présent de noces une somme de cent firancs : c'est tout ce que je puis &îre. Vous savez que notre (amiUe est fort étendae, et que j'ai un assez bon nombre de parents à aider de temps en temps : ce qui me force à être réservé sur ce que je donne, afin de ne manquer à aucun d'eux quand il aura recours à moi dans l'occasion. D*ailleurs Tétat où sont présentement mes affaires me présent une sévère économie, à cause de tout l'argent qœ je dois encore pour ma charge. Je dois surtout six flûDe Inrres qui ne portent point d'intérêt, et l'honnêteté Teut que je les rende le plus tôt que je pourrai, pour n^étre pas à charge à mes amis. Tespère que, dans un autre temps, je serai moins pressé, et alors je pourrai faire encore quelque petit présent à ma oousine. Le cousin Heniy ' est venu ici, fait oomme un misénUe, et a dit à ma femme, en présence de tous nos domestiques, qu'A étoit mon oousin. Vous savez oomme je ne renie point mes parents, et oomme je tàdie à les soulager; mais j'avoue qu'il est un peu rude qu'un

». AiiDe4tfarie Racine, fille de Jesn Raeme, afeol de notre poSte, irait épouêé, le lo juillet i635, FVançob Monflard : Tojex an tooM YI, p. 5i5, la note 6 de la lettre 44. La petite Monflard était probalilenient petite-fiUe de cette tante de notre poète.

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