‹ Œuvres de J. RacineChapitre 89 sur 222 · Elisabeth Hamilton, mariée au comte de Gramont, si connu · texte numérisé non relu

Elisabeth Hamilton, mariée au comte de Gramont, si connu

Ie8^*9 qui ont Time et Taotre beaucoup de bonté poor vous. Adien, mon cher fils. Envoyez à M. de Castigny la lettre que je lui écris. Je ne pois m'empècher de TOUS dire qn*il m*écrit sur votre sujet avec toute Famitié possible.

l5l. — DE RACINE A lEAN-BAFnSTE RACIHE.

A Paris, ce mardi [9 juiOet 1697].

YoTBB cousin, qui va partir tout à Theure, vous ren* dra cette lettre, que j^écris à M. Bontems * pour le prier de demander pour moi d*aller à Marly. Rendez-la-lui le plus tôt que vous pourrez; car il n*y a pas de temps à perdre. Je n'étois pas trop assuré que le Roi allât à Marly cette semaine, M. de Cavoye, que je croyois bien informé, m^ayant dit qu'on n'y alloit que la semaine qui vient*. Au cas qu'on n'y aille point en effet cette semaine, vous n'avez que faire de rendre ma lettre. Je n'en serai pas moins demain à neuf heures et demie à

par les Mémoires qae son bean-frère Hamilton a ëcriu sur sa TÎe. Ls comtesse de Gramont andt été dame do palais de la reine Bfarie- Thérèse. On connaît ses liaisons avec Port-Royal. EUe moamt le 3 join 1708, à rage de soixante-sept ans.

10. Marie-Françoise de BoomonTille, mari^ le i3 aoAt 1671 i AnneJoles duo de Noailles, maréchal de France en 1693. EUe était fort en fiiTeur auprès du Roi et de Mme de Mainteoon. Vo/es les Mémoires de Smint^imcn, tmne VI, p. 4i5.

liBrraB i5i (reroe sur Tautographe, conservé à la BibUothèqne impériale). — i. Alexandre Bontemps était le premier des quatre valets de chambre du Roi, et int&dant des chfiteanx, parcs et domaines de Versailles et de Marly. Né le 9 join i6a6, il moamt le 17 janvier 1701. Voyez les Mémoires de SaimiSimoMy tome m, p. 64-66.

1. Le Roi partit pour Mariy le lendemain du jour où cette lettre a été écrite, c'est-à-dire le mercredi 10 juillet, et il en revint le samedi 10 du même mois.

Yersailles, pour aller présenter votre cousin à M. do "TôoT Fresnoy*. Montrez-lui, s*il vous platt, la chambre et la peDskm qae vous lui avez trouvée, et faites-lui bien des amitiés. Je vous donne le bonsoir.

l52. DE RACINE A JEAN-BAPTISTE RACINE.

 Bfarly, le i5. juillet [1697].

Votre mère vous a écrit une lettre que Ton m*a apportée ici, par laquelle elle vous mandoit qu^à cause des grandes pluies qu'il a fait, et qui peuvent avoir gâté les chemins, elle ne sera que mecredi matin à Versailles. M. Bourdelot^ m'a fort surpris ce matin quand il m'a dit que M. d'Héricour* attendoit aujourd'hui votre mère à dîner. Cest une grande négligence à vous de ne l'avoir pas prié de ne nous point attendre, comme je vous en avois chargé quand je partis de Versailles.

3. élîe do Fresnoy, fils d'un tecrëtaire du duc de Saint-Simon^ p^ de rauteor des Mémoiret^ fut premier commis de Lonrob, pois de Barbeûeux. « Sa femme, dit Saint-Simon {Mémoires^ tomel, p. 60), fut cette Mme du Fresnojr si connue par sa beauté..., pour qui le crédit de M. de Loutou fit créer une diarge de dame da lit de la Reine. » Élie du Fresnoj mourut au mois de février 1698, âgé de quatre-vingt-cinq ans. \oyez le Journal de Dmagemu^ an i5 février 1698. — > On voit par les lettres de Racine à soo fils en date des 97 février et 10 mars 1698, ci-après, p. ai4 et p. aaa, que le cousin dont il parle ici était le jeune de Romanet, aeven de Mme Racine.

LsnmB i5a (revue sur Tantographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — i. Pierre Bonet, dit Bourdelot. U était alors médecin ordinaire du Roi ; il avait été médecin de la Reine. Il mourut en 1709, âgé de cinquante-quatre ans.

a. Voyez ci-dessus, p. i45, la note 8 de la lettre i35. J. RiflixB* yn la

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"JT~ Je vous donne le bonjour. Il n'y a rien ici de nouveau depuis la fiise du chemin couvert de Barcelone'.

SuscripUon : A Monsieur Monsieur Racine le fils, audessus de Tappartement de Mme de Vantadour, près de celui de M. Busca, à VersaiUes. (Cachet rouge, au cygne.)

l53. DB EACniE A JBAJr-*BAPnSTE RACDIE*.

A Marly, ce samedi matb [ao juillet 1697].

Jb vous prie, mon cher fils, dès que vous aurez reçu cette lettre, de faire porter à Port-Royal celle que j'écris à votre tante, ou par Henry, ou par quelque honmie qui vous paroisse sûr. Je crois qu'il vaudroit mieux que Henry la portât. D n'a qu'à louer quelque bidet pour faire ce petit voyage. Je serai lundi matin â Versailles, et je vous ramènerai à Paris. Je vous donne le bonjour.

3. Elle aTait ^t^ umonc^ le i3 à Marlj par an courrier dn dnc de Venddme, parti le 8 an matin. La place demanda a capituler le 5 août; le 10, les troupes françaises commencèrent à y entrer; la garnison e^agnole ne sortit que le i5. Vojet le Journal deùûitgtau^ an samedi i3 juillet, au jeudi i5 aoât et au jeudi la aoât.

Lbtzbb i53. — I. Rerue sur Tautographe, conserr^ à la Bibliothèque impériale.

LETTRBS. 179

l64* BE RACniE A MADEMOISELLE BIvdkRE.

A Paris, ce 8* septembre [1697*].

Je voulois, ma chère sœur, attendre à vous écrire que TOtre affaire fût entièrement terminée. Mais elle ne Test pas encore , et j'ai affaire à des gens fort difficiles, et qoi ont peine à s'accorder ensemble. Cependant n'ayez point d'incpiiétnde , et surtout gardez-vous bien de foire parottre que vous en avez. Qoyez que votre affaire me tient plus au cœur que toutes les miennes *, et qu'on me fait espérer toutes choses avec un peu de patience. Nous avons reçu la toile dont vous prétendez faire présent à mon fils. Vous jugez bien que nous ne sommes pas gens qu'A faille gagner par des présents : c'est bien plutôt à moi à vous en faire. Mais nous parlerons de tout cela quand je serai pleinement content sur tout ce qui vous regarde. Adieu, ma chère sorar : encore un coup, soyez en repos. Je salue de tout mon cœur M. Rivière.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Rivière, à la Ferté-Milon.

Lsmm i54 (rerae tur Pantographe, conserr^ à la Fertë-Milon). — I. Cette lettre semble aroir été écrite peu de temps après la lettre 149, et est très-probablement de la même année. L*aflaire dont Racine parle à sa sœur, et qui n'ëtait pas encore terminée, ne peut être qne c^e du grenier 4 sel, dans laquelle il &Uait s^entendre aree la Teure de M. Hardy.

1. Vojez ci-dessos ime pbrase presque semblable dans la lettre x49« p. 173. Cette préoccupation de la même idée nous semble eoofinner la oonjecture que les deux lettres ont été écrites rers le \ temps.

i8o LETTRES.

l55. — DE YAUBàH A RACINES

Pans, i3. septembre [1697].

Dâ8 aussitôt mon arrivée ici, j'ai écrit, Monsieur, a tons ceux qui pouvoient me rafraîchir la mémoire du siège de Philisbourg • ; et à mon retour j'enverrai a Lille rechercher mes lettres du siège de cette place i M. de Louvois , et de M. de Louvois à moi, avec quelques brouillons des attaques que j'y dois avoir. Sitôt que j'aurai ramassé tout cela, j'en ferai un agenda, que je vous remettrai.

Je n'ai pas plus tôt été arrivé ici que j'ai trouvé Paris rempli des bruits de paix que les ministres étrangers y font courir à des conditions très-déshonorantes pour nous; car, entre autres choses, ils écrivent que nous avons offert , en dernier lieu , Strasbourg * et Luxem-

Lbttbb i55. — I. Cette lettre a ^te' mUrée anx pages 26 et toi- Tantes de la brochure qui a pour titre : Abrégé des services du maréckml de Fauban^ fait par lui en 1708, publié avec un supplément par M, jéugojrat^ lieutenant-colonel du génie ^ Paris, iSSg (in-is). Elle j porte la date da i3 septembre 1696; mais M. Camille Rousset, qui Ta reproduite presque en entier dans son Histoire de Loupois, tome IV, p. 54o et suirantes, a fait remarquer (note i de la page 54a) qn^il doit y avoir erreur sur Tannëe, et qu'au lieu de 1696 il faut lire 1697. « Tout dans cette lettre, dit-il, et d'un bout à l'autre, indique, à notre aris, qu'elle a été écrite pendant le congrès de Rjswick, et précisément dans la dernière crise des négociations. » Noos aTons adopté cette rectification de date, qui nous parait incontestable.

a. Pbilisbourg, assiégé par le grand Daupbin, qui avait sous lui Vauban pour la direction du siège, s'était rendu le 99 octobre 1688.

3. Ce bruit n'était pas sans fondement, puisqu*on lit dans le /oarnal de Dangeau^ a la date du lundi 9 [septembre 1697], à Versailles : « Nos plénipotentiaires à Rjswick ont accordé un terme de vingt jours aux alliés, et voici seulement ce qu'ils ont cbangé aux propositions de la paix : c'est que le Roi laissoit à l'Empereur l'alternative de Strasbourg ou de ce que le Roi offroit pour l'équivalent, et que S. M. présentement veut garder Strasbourg en laissant à l'Em-

LETTRES. i8i

booTg en Tétat qu*ils sont, outre et par-dessus les offires ^^ précédentes qu*on avoit faites; qu*ils ne doutent pas que ces o£Bres ne soient acceptées, mais qu'ils s'étonnent fort qu'on ne les a pas Eûtes il y a deux ans, puisque, si on les avoit fiâtes en ce temps-là, nous aurions eu la paix. Si cela est, nous fournissons là à nos ennemis de qnm nous bien donner les étrivières. Un pont sur le Bhin, et une place de la grandeur et de la force de Strasbourg, qui vaut mieux elle seule que le reste de TAlsace, cela s'appeUe donner aux Allemands 1^ plus beau et le plus sûr magasin de l'Europe pour les secours de Monsieur de Lorraine, et pour porter la guerre en France. Luxembourg, de sa part, fera le même effet à l'égard de la Lorraine, de la Champagne et des Évédiés. Nous n'avons après cela qu'à nous jouer à donner de l'inquiétude à Monsieur de Lorraine : le voilà en état d'être soutenu à merveilles.

Je ne veux pas parler des autres places que nous devons rendre. Je ne vous ai paru que trop outré là-dessus; il vaut mieux me taire, de peur d'en trop dire. Ce qu'il y a de certain , c'est que ceux qui ont donné de pareils conseils au Roi ne servent pas mal ses ennemis.

Ces deux dernières places sont les meilleures de l'Europe ; il n'y avoit qu'à les garder; il est certain qu'aucune puissance n'auroit pu nous les ôter. Nous perdons avec elles, pour jamais, l'occasion de nous borner par le Rhin; nous n'y reviendrons plus; et la France, après s'être ruinée et avoir consommé un million d'hommes pour s'élar-

pereur r^uÎTalent qa*il avoit offert. » Les bruits que Vauban avait reeaeillis à Paris sur la cession de Strasbourg étaient seulement un peu en retard sur les informations qu*on avait k Versailles. Quant i Luxembourg, la France le rendit par le traite signe avec TEspagne le ao tepcenibre 1697.

i8!i LETTRES.

j^ ^ gîr et se foire une frontière, [maintenant] que tout est foit, et qu'il n*y a plus qu'à se donner un peu de patience pour sortir glorieusement d'affaire, tombe tout d'un coup, sans aucune nécessité ;' et tout ce qu'elle a foit depuis quarante ans ne servira qu'à fournir à ses ennemis de quoi achever de la perdre. Que dira-t-on de nous présentement? Quelle réputation aurons-nous dans les pays étrangers, et à quel mépris n'allons-nous pas être exposés? Est-on assez peu instruit dans le conseil du Roi pour ne pas savoir que les États se maintiennent plus par la réputatioii que par la force? Si nous la perdons une fois , nous allons devenir l'objet du mépris de nos voisins, comme nous sommes celui de leur aversion. On nous va marcher sur le ventre , et nous n'oserons souffler. Voyez où nous en sommes. Je vous pose en fait qu'il n'y aura pas un petit prince dans l'Empire qui, d'ici en avant, ne se veuille mesurer avec le Roi, qui de son côté peut s'attendre que la paix ne durera qu'autant de temps que ses ennemis en emploieront à se remettre en état, après qu'ils auront foit la paix avec le Turc. Nous le donnons trop beau à l'Empereur pour manquer à s'en prévaloir.

De la manière enfin qu'on nous promet la paix générale, je la tiens plus infâme que celle du Cateau-Cambrésis*, qui déshonora Henri second, et qui a toujours été considérée comme la plus honteuse qui ait jamais été foite. Si nous avions perdu cinq ou six batailles l'une sur l'autre, et une grande partie de notre pays, que l'État fiit dans un péril évident, à n'en pouvoir relever sans une paix, on y trouveroit encore à redire, la faisant comme nous la voulons faire. Mais il n'est pas question de rien de tout cela, et on peut dire que nous sommes

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