‹ Œuvres de Jean Lemaire de Belges, publiées (volume 2)Chapitre 13 sur 67 · DE CUPIDO ET D ATROPOS · texte numérisé non relu

DE CUPIDO ET D ATROPOS

Et ce voyant de dueil Venus se pauline : Mais Pasithee vne Grâce eut du baulme.

Duquel soudain elle oingnit la piqueure De Volupté, qui santé luy procure.

Puis Aglaia autre Nymphe gentile Print du nectar, et de l'ambroise vtile, Dont les hauts Dieux sont au ciel maintenus . Si en feit boire et menger à Venus.

A sa niëce en mit entre les dents.

Lors eussiez veu miracles euidents.

En moins de temps que ie ne le recite. L'vne se dresse, et l'autre ressuscite : Car plus de force eurent ses médecines, Que nulz vnguents, bruuages, ne racines, Dont en ce monde on sache faire espreuue. Par ainsi donc quand Volupté se treuue Garie acoup du baulme odorifere.

Venus la baise, et ces mots luy profère : Las qui t'auoit ô ma nièce m'amie.

Ainsi nauree, et en mort endormie, Que ie le sache à fin de m'en venger. Lors Volupté monstra l'arc estranger, Et vne flesche encor de son sang teinte, Qui presque l'ha mortellement atteinte.

Venus regarde, et congnoit l'arc de Mort, Dont de despit ses belles leures mord.

Gardez pour Dieu (dit elle) d'y toucher, Filles gardez, ha le notable archer Qui ha changé son tresbel arc d'yuoire A cestuy cy : vous vous enyurez, voire, Est ce bien fait? vous enyurez vous donques? Sus qu'on le prenne, et sans fautes quelconques Qu'il soit porté hors de nostre manoir, Auec son arc hideux, horrible, et noir :

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