DE L'AMANT VERD, A MADAME MARGVERITE AVGVSTE
S'il est ainsi, fille au haut Empereur, Fille à César ce puissant conquereur : S'il est ainsi, qu'autresfois par semblant (1) Ayes aymé ce poure corps tremblant, Qui de tes mains ne prendra plus substance ; Las seuffre vn peu ta hautesse et prestance Ses (2) beaux yeux c!ers (pour vn haut bénéfice) Prester lecture à ce derrain ofSce. (3) Derrain dis-ie, quant à moj, qui t'escris : Car mettant fin à mes chants, et mes cris. Je délibère, et sans feinte propose, A mes briefz iours mettre certaine pose. (4) Car : (5) Et comment pourroit vn cœur si gros, En corps si foible, et si petit enclos, Passer le iour que de moy te dépars, (6) Sans se creuer, et pourfendre en deux pars ? 0 Demydieux, ô Satyres agrestes, Nymphes des bois, et fontaines proprettes,
(1) par votre air, façon, visage. — Vu le contexte, ce ne peut pas être ici -.feinte, apparence.
(2) Tes, ëd. 1512.
(3) c.-à-d., message.
(4) je me propose de mettre fin certainement.
(5) Certes, donc, or. Cf. Godefroy. Et car = et en effet. Nous dirions : Car enfin.
(6) c.-à-d. te séparer de moi pour aller en Allemagne.