B. EDITIONS IMPRIMÉES
Rien de plus confus et de plus difficile à établir que la bibliographie de I.emaire de Belges, Les traités in 4", que généralement on décrit comme formant des publications particulières, dépendent des trois livres ù' Illustrations. Les petites éditions in-16 ou petit in-8° ont seules été imprimées à part. (Brunet, Manuel du libraire, supplément, 1, 828).
1. L'édition la plus exacte, la vraie vulgate de Lemaire, c'est le petit in-fol. en lettres rondes de Jean de Tournes, Lyon 1549. Elle nous a servi de base. Le célèbre imprimeur de la Renaissance a pris le titre suivant : Les Illustrations de Gaule etSingv.laritezde Troye, par maistre Jean le Maire de Belges. Avec la couronne Margaritique, et plusieurs œuvres de luy, non iamais encore imprimées. Le tout reueu et fidèlement restitué par maistre Antoine du Moulin, Masconnais, Valet de Chambre de la Royne de Navarre. — Avec le symbole des deux vipères entrelacées et la devise : Quod tibi fieri non vis, alteri ne feceris. M. Emile Picot signale un exemplaire portant la signature autographe de Montaigne (B. N. L. 96) (1). Il est curieux de remarquer que cette édition si soignée ne contient ni le Temple d'Honneur m les Chansons de Namur. Le volume .se termine par deux couplets en l'honneur de Lemaire, par Claude de St .Julien , chevalier, seigneur de Balleure, ete. L'abbé Sallier (Mém. de l'Acad. des Inscriptions et Belles-lettres, t. XIII) dit : « On regarde l'édition de 1S49 comme la plus parfaite de toutes. » L'abbé Pernetti (Recherches pour servir à l'histoire de Lyon, I, 320) dit que De Tournes se distingue par la beauté et la netteté de ses caractères,
(I) M. Emile Picot, si connu par ses publications bibliographiques et littéraires, m'a bien voulu communiquer les curieuses fiches de sa bibliographie de Lemaire.
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par rexactitmle de sa correction, par le bon choix et le grand nombre de livres qu'il publia. » De Tournes avait, à son service de correction, de véritables savants. L'orthographe est un peu simplifiée, ce qui étonne dans ce désarroi du XV!» siècle. Cf. Palsgrave le Quintil Horatian, le Champ fleury de Geoffroy Tory, et les derniers travaux sur la langue appelée moyen- français. En 1552, Turnèbe écrivait encore au jeune Est. Pasquier : « Nous n"avons pas entre nous d'orthographe assurée. » Burgaud des Marets, éditeur de Rabelais, trouve dans une même page le même mot écrit de trois façons diftérentes. Cf. Revue Moderne, Rabelais et ses éditeurs par Emile Chevalier. — Liltré, Hist. de la langue fr. I, 322, ne trouve pas de fixité, même au moyen-âge. (1)
2. Le temple Honneur et deYertu., ouquel sont contenu/, les chants des bons et vertueux bergiers suppostz de Pan, par Jehan Lemaire, discipse {sic) de Molinet. Paris, Michel Lenoir, 1305 (2). Cf. Brunet, 111, 960. La 2e édition est de lo04 (Brunet, supplément). Id. sans lieu ni date, in-i° goth. B. N. Y. 6172. Rés. Id. Paris, Lothrian, 1556.
Id. — in-8o goth. (vers 1556?) Cat. Didot 1878, n» iU{Yeme)iii). (Au British Museumi.
5. Les Chansons de Namitr. Anvers, Henri Heckert (Van Homberch) 1307, in-4° goth. (Reproduction photo-lithographique par le procédé Asser et Toovey, d'après le seul exemplaire connu de la bibliothèque de Ricli. Héber, actuellement dans la collection de S. A. R. Mgr le duc d'Aremberg.
4. Cy commence ung 7ioi(veau traicfé nommé \a Concorde du gendre (sic) humain composé à Ihonneur de la Saint Conception de la glor. Vierge le iour de laquelle fut conclue a Cambray la tresheureuse paix, moyennant la prudence et félicité de M'"" Marg.
(1) M. Pierre Janet, éd. de Marot (B. El/,.) va jus(iu'à dire pour le XV1« siècle : « Chaque atelier lypographicpie avait alors ses habitudes orthographiques. »
(2) C'est son frère, Philippe le Noir, (lui disait : « Qui se fye en sa grammaire, s'abuse manifestement » Pal.sgrave, tout en raillant l'arbitraire des imprimeurs, avouait que la langue française n'était pas assez parfaite pour cm|)ocher la diversité parmi les écrivains eux-mêmes.
LIIJLIOGUAPUIE. CI
(lAustrice et de bourgoignc, duccssc douaigicre de Savoie, régente et gouv'eelc. — ln-40 golh. (Brunet, 111, 960). 18 feuillets non chil- Irés, avec une ligure en bois sur le titre. C'est en prose et en vers. Au recto du dernier f. on lit : « Imprimé dedans Bruxelles par moy Thomas de la Noe (Van der Nool ?) le moys que le prince volt premier entrer en icelle, qui fust en ianvier mil cinq cens et wyl et ma dame nasquit en ladite bonne ■vùlle le semblable moys là mil cccc quatre vingtz. — Ung certain imprimeur nous a fait Cliambray lire là où nous pronnunchons par droicture Cambray, où il cuide enrichir notre langue, 0 dire vray ou de sa cocquardise (1). Il nous veult faire rire. » — Sur le titre, une figure de la Vierge. Au recto du 2« f. Prologue de Jehan Lemaire ; au verso du dernier, un chevalier arme de toutes pièces. — Brunet renvoie à la Bibliothèque Héber. — Nous n'avons pu retrouver le texte.
5. Lapompe funeralle des obsecques ûe feu Roy don Phelipes lilz unicque de lempereur Maximilien Cesarauguste. Ung chant nouvel touchant laliance d'Engleterre. Lepitaphe de feu Messire George Chastellain cl de maislre Jehan Molinet, iadis Jndiciaircs et Histol'iographes de la trcsillustre maison de Borgoigne, par Jehan Lemaire, Belgien. —
Imprimé pour M. Ruggieri par Enschedé el fils à Harlem 1868, in- 4-0 golh. fig. sur bois en carton. Douze exemplaires sur peau de vélin ; une des plus belles réimpressions du siècle. Cf. Bulletins de l'Acad. de Belgique, 188-4, p. 447.
id. Les funeraulz et solemnelz iriumphes ou pompes des exsecques, etc. (imprimé par D. Jonaust pour le libraire Tross à Paris en 1868. C'est une très ingénieuse reconstitution du texte, tentée par M. J. Petit, de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, d'après Die fanerallen en deerlihe triumpheyi oftpo)npen^ enz.).
(1) Dans un mystère delà Passion d'Arras, on lit : « Cocqicart, evesque des folz, ostez vo chapperon. » (A. Dinaux, Archiv. du Nord, 5e série, V, 377). Cf. La paix faicte à Chambray entre l'Empereur et' le Irescrestien roy de France avec leurs alliez, 1508. Réimpression gothique à très peu d'exemplaires in-S», Paris. 1860. L'original de celte œuvre de Nicaise Ladam, officier de l'archiduc, est décrit par M. Picot (Cat. Rothschild I, n° 489).