‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 112 sur 442 · LYSIS, FÉLICIE · texte numérisé non relu

LYSIS, FÉLICIE

LYSIS

J'avise cette belle.

F^LIClE.

Est-ce vous , Floridan ?

LYSIS

Et vous m'êtes fidèle , Je plais seul à vos yeux. , vous m'aimez constamment Et ma jalouse humeur n'a point de fondement?

FiÎLiciE, a pari.

O malheur! c'est Lysis !

LYSTS.

Floridan vient, madame, Recevoir du secours à l'ardeur qui l'enflamme ,

i6o LA CÉLIMENE,

Et pour vous divertir j'ai devancé ses pas ; Vous le verrez bientôt , ne vous ennuyez pas.

FÉLICIE

Qu'est-ce que tu veux dire ?

LYSIS

Oh! les ardeurs parfaites Dont il reconnaîtra l'honneur que vous lui faites! L'incomparable amant ! qu'il a de passion , Et que vous êtes juste en cette élection!

FÉLICIE

Que dit cet insensé?

LYSIS

Faut-il que je le die?

Le ciel , âme sans foi , punit ta perfidie : rloridan s'est moqué; ce vainqueur glorieux Te fait servir de fable aux amans de ces lieux; Il rit de tes faveurs , méprise tes caresses , Et tie te daigne mettre au rang de ses maîtresses ; Le superbe qu'il est ne considère pas Entre tant de beautés de si faibles appas; 11 te plaint en son cœur quand tu crois qu'il t'adore. Vois cette lettre.

FÉLICIE

O dieux!

LYSIS

Et tu m'aimes encore ?

Je me plaignois à tort? la constante beauté ! O miracle d'amour et de fidélité I

FÉLICIE

11 t'a donné la lettre?

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