ACTE V, SCÈNE X. i6i
LTSIS.
Oui, lui-même, et je jure L'éclat de tes be.iux yeux qui m'ont fait cette injure ; Qu'il traitoit ton amour avec tant de mépris, Qu'un courroux furieux enflammoit mes esprits : Je ne le pouvois voir, ni souffrir son langage , Et je t'allois venger s'il eût dit davantage. Je ne pouvois souffrir qu'il aimât tes appas , Et si j'étois fâché qu'il ne les aimât pas. L'orgueilleux est charmé de certaine Charité Dont il jure que rien n'égale le mérite; Et pensant obliger ma chaste affection , Il m'envoie à sa place à l'assignation. Fais état maintenant du beau nœud qui t'arrête; Vois s'il t'est glorieux' de vanter ta conquête.
FÉLICIE
Surprise à ce rapport, et réduite à ce point, Que dirai-je, ou plutôt que ne dirai-je point? A quoi me résoudra le courroux qui m'enflamme? Mais ce ressentiment m'ôte la voix et l'âme.
(Elle s'évanouit.)
LTSIS, /a soutenant.
Madame, ô ciel! ô dieux! où dois-je avoir recours? Par quelle invention lui donner du secours?
Madame, un mot O dieux! ô fortune ennemie!
Dois-je appeler quelqu'un? sa sœur est endormie.