SCÈNE II
SALMACIS, m«e de Dalmatie; CÉPHALIE, sa sœur; LE MÉDECIN, CLÉANDRE.
SALMACIS
O céleste merveille , 6 divin changement. Qui ne peut procéder que du ciel seulement! Ma sœur, il voit le jour.
CÉPHALIE.
Mon âme en est ravie , Nous avons vu sa mort , et nous voyons sa vie.
LE MÉDECIN
Puisque dans ce péril les dieux l'ont conservé, A quelques grands exploits son bras est réservé ; Son front promet beaucoup; et croyez qu'un courage Est capable de tout s'il sait vaincre un orage.
CLÉANDRE
Incertain en quels lieux mon œil voit la clarté, Dissipez mes soucis , adorable beauté:
Habité-je des eaux les cavernes profondes? Vos yeux comme soleils brillent-ils dans les ondes? Est-ce une illusion qui se présente à moi? Est-ce quelque naïade, ou Thétis que je voi? M'oserai-je enquérir quelle est votre naissance. Pour régler mon respect par cette connaissance?
SALMACIS
Ma sœur vous l'apprendra ; mais il est à propos Pour votre allégement et pour votre repos, Que ce lit serve encore à ces membres débiles Sur qui les flots ont fait des efforts inutiles.
(Au Médecin.)
Et vous, puisque le ciel a conservé ses jours, A les faire durer prêtez votre secours ; Employez-y vos soins , et que la médecine Vous fournisse un secret d'une vertu divine Qui rende à ce beau corps sa première santé , Et fasse de sa vie un éternel été.
LE MÉDECIN
J'emploîrai pour ses jours le soin que j'ai des vôtres. Et les secrets du ciel seconderont les nôtres.
(Il sort.) CLÉANDRE.
11 faut rester ingrat après tant de bienfaits , Et mon ressentiment ne peut avoir d'effets! Qu'heureux sera le jour où cette triste vie Que vous me conservez pour vous sera ravie! Vous me verrez un cœur et sans feinte et sans fard , Et cette occasion ne peut venir que tard.
SALMACIS , assise près de lui avec Céphalie. Je ne veux pour tout prix qu'apprendre qui j'oblige, Et le visible deuil dont votre esprit s'afflige;