‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 13 sur 442 · ACTE I, SCÈNE III. ai · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. ai

Non, non, de ta beauté mou cœur sera le prix; Mais, cédant aux attraits, je vaincrai les' mépris.

lOLE.

Le plus fier ennemi, quelque ardeur qui l'enflamme, Dompte malaisément ce qui dépend de l'àme : Un tyrannique empire et d'injustes efforts Ont soumis à vos lois ce misérable corps; Mais, ^ous quelque tyran que ce captif respire. Un heureux désespoir en peut oter l'empire : Mourant, il peut franciiir cette barbare loi; Et s'il ne s'aime pas, il est maître de soi.»

HERCULE h genoux.

Ah! voilà rebuter d'un mépris trop sévère Celui qui t'aime seule, et seule te révère. Pardonne, belle lole, à mon affection Cette mauvaise humeur et cette émotion ; Sois-moi cruelle, ingrate, inhumaine, farouche; L'amour peut arracher quelques mots de ma bouche , Je puis bien d'injustice accuser tes appas, Mais de t'outrager plus , Hercule ne peut pas. k Le ciel dessus mon chef répande le supplice Dont te peut menacer mon aveugle cajxrice! Mon père en cet instant me voie avec horreur , Et relance sur moi les coups de ma fureur !

lOLE.

Détournez donc ailleurs cette flamme lascive ,

Et ne croyez avoir en moi qu'une captive.

Puisque vos traitemens, ou rigoureux ou doux,

Ni le temps ({ui peut tout, ne peuvent rien pour vous.

HERCULE

Je vaincrai ta rigueur par d'invincibles armes : Hercule s'instruira de l'usage des larmes; Hercule en même temps saura vivre et mourir, Et s'oublîra soi-même afin de t'acquérir.

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