ACTE 1, SCÈNE
Quehjue contentement me peut toucher le cœur! Ma voix ne vous osa proposer ma sortie, Que vptre autorité possible eût divertie. En ces lieux étrangers mes pensers les plus doux Ont été seulement ceux qui parloient de vous : J'ai toujours dans le sein votre image gardée; J'ai toujours eu des vœux pour cette belle idée. Si tes yeux, juste ciel, m'ont vu changer de fers, Pour me punir assez fais de nouveaux enfers.
NISE.
Ta Nise, cher Pamphile, est enfin satisfaite; Pardonne aux vifs accès d'une amour indiscrète , D'une humeur trop crédule aux conseils d'un enfant, Et de qui ton esprit est enfin triomphant. Tu reconnois ici , cher auteur de ma peine , Un effet d'amitié dessous un front de haine ; Et si tu dois te plaindre , accuse mon amour Du dessein que j'avois de te priver du jour. Mais sortons de ces lieux, que dans cette faiblesse Ce qui me reste encor de vigueur ne me laisse; Oppose ton courage à ces ruisseaux de pleurs, Et fais que je trépasse ailleurs que sur ces fleurs.
PAMPHILE
Excuse , mon souci , la douleur qui me blesse , Qui ne m'a pas permis de prévoir ta faiblesse. Et qui m'a fait donner à mon propre secours Le temps que je devois à conserver tes jours. Le lieu de Florimant est au bout de la plaine. Que tu traverseras avecque peu de peine. Appuie ici ta main. Dieux! qu'avez- vous permis? Et rencontrant mon bien, quel mal ai-je commis?
(Ils sortent.)
279^ LACÉLIANE,