‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 193 sur 442 · Tome II. i · texte numérisé non relu

Tome II. i

Donne à mes passions un agréable prix !

Rossignols , à l'aspect de ces charmes visibles ,

Témoignez que vos cœurs sont encore sensibles ;

C'est de nous que vos chants doivent prendre des lois ,

Et vous êtes sans yeux si vous êtes sans voix.

Ne craignez point ici l'embûche de Térée ;

Son destin doit avoir votre âme rassurée :

Après son lâche effort les dieux vous furent doux ;

Et ce lascif n'est plus qu'un oiseau comme vous.

CJÉLIANE.

Je crains de ces discours une triste aventure.

FLORIMANT.

Et quoi?

CÉLIAWE.

Qu'aimant leur vois vous n'aimiez leur nature, Et qu'ici ma bonté ne me fasse obliger Un naturel comme eux peu sensible et léger.

FLORIMANT.

Quoi , vous suivez du ciel la fâcheuse coutume , Qui ne donne jamais de miel sans amertume; Vous mêlez de l'absinthe aux douceurs que je sens ; Un même instant est doux et cruel à mes sens ? Qui vous fait outrager une amitié si sainte ? Et sur quoi fondez- vous cette jalouse crainte? Mauvaise, vous pourriez si long-temps m'affliger Que véritablement je deviendrois léger, Que mon âme pourroit chez les ombres descendre, Et ne laisseroit plus en ces lieux que ma cendre.

CJiLIANE.

Quand on ôte à l'amour tout sujet de vieillir, Que les moindres faveurs sont encore à cueillir ,

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