‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 198 sur 442 · ACTE II, SCÈNE III. i^i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. i^i

(A Florimaot.)

Ah ! laissé , cher ami , céder ta passion Au r^ispect que tu dois à notre affection.

(A Philidor.)

Et vous , pour éviter le titre de harbare , Révérez les attraits d'une beauté si rare.

PHILIDOR

Que vous sert d'opposer ces inutiles soins ? Nos armes quelque jour se verront sans témoins ; Et ma juste colère, en rage convertie, Peut être différée et non pas divertie.

( Il sort. )

p A M p H I L E , à Florimant.

J'ai su, des bruits communs qu'on entend à la cour, Que vos inimitiés sont des effets d'amour; Céliane est le prix qui fait votre querelle, Et qu'un même destin vous fait brûler pour elle.

FLORIMANT.

Depuis que l'œil du jour a connu des guerriers , Qu'on préfère à son sang la gloire des lauriers ; Depuis qu'aux beaux exploits l'honneur ouvrit la source. Et qu'il fait traverser de l'Afrique sous l'Ourse, A-t-on vu , cher ami , nos desseins furieux Animés par l'espoir d'un prix si glorieux? Et, quoi que la victoire ait promis à nos têtes. Avons-nous eu pour but de si belles conquêtes?

PAMPHILE

Il est vrai qu'au pouvoir de sa rare beauté

Le plus ambitieux rendroit sa liberté.

Et que lorsqu'un amant adore un beau visage ,

Comme il lui doit son cœur il lui doit son courage.

Mais puîsqu'à ce combat elle ne consent pas , Que le bruit de vos coups fait pâlir ses appas , Et que son cœur blessé vous fait assez paroître Le regret de vous voir dans le péril de l'être , Elle doit de ce bras les efforts lirpiter, Et, pouvant l'employer, a droit de l'arrêter. Mais admirez, monsieur, le bonheur de ma vie : Celle qui sous ses lois ti^nt mon âme asservie, Nise, est....

FLORIMAWT.

Elle est.

PAMPHILE

Chez vous.

FLORIMANT.

O doux ravissement'

PAMPHILE

Je vous conterai tout; courons-y seulement.

rjN DU DEUXIEME, ACTE.

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