‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 197 sur 442 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

FLORIMANT, PHILIDOR, CÉLIANE, sortant du bois; ensuite PAMPHILE.

FLORIMANT.

Enfin le dieu du jour a permis à sa sœur D'étaler ses appas aux yeux de son chasseur : Il nous fait retirer ; les beaux rais de son frère Ne brillent plus du tout dessus notre hémisphère.

(Philidor paroît. )

Mais sachons le dessein de ce fameux rival, Qui sans doute en ces lieux attend un coup fatal , Et dont les vains désirs se repaissent encore De l'espoir d'agréer aux beaux yeux que j'adore.

PHILIDOR

Je vois l'indigne objet qui préside à mon sort. Que mon esprit malade endure à cet abord!... Que fait mon beau soleil si tard en cette plaine ?

Je plaignois les amans dont l'espérance est vaine.

a86 LA CÉLIANE,

PHILIDOR

N'avois-je point de part en ce triste discours?

Tant que je veux enfin vous donner du secours.

PHILIDOR

Comment proposez-vous de guérir ma foiblesse ?

En fuyant votre abord, puisque le mien vous blesse.

PHILIDOR

Ce cœur n'est point encor sensible à mes soupirs ?

Aussi peu que ce bois l'est à ceux des zéphyrs.

PHILIDOR

Et Florimant est cher à vos yeux qu'il adore?

Autant comme Zéphyr l'est auîf: filles de Flore.

PHILIDOR

Eût-on cru qu'un bel œil s'abusât quelquefois?

FLORIMANT.

Le sien ne fut jamais plus juste qu'en ce choix.

PHILIDOR

Non depuis que ta feinte a son âijie occupée.

FLORIMANT.

Depuis qu'elle a connu ma flamme et mon épée ; Et lorsque par ta mort elle en aura jugé, Elle en sera plus sûre , et je serai vengé.

(Ils se battent.)

PAMPHïLE, arrivant pour les séparer.

Si dessus vos esprits ma prière est sans charmes , Au travers de ce corps faites voie à vos armes.

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