‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 205 sur 442 · ACTE 111, SCENE III. ^ agS · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCENE III. ^ agS

Payez à mon ami ce que vous me devez; Et qu'un heureux hymen entretienne la flamme Que vos divins attraits on fait naître en son âme.

NISE.

Ne croyez point, mes yeux, à ce spectre mouvant, A ce corps seulement formé d'air et de vent , Et qui pour me tromper emprunte la figure D'un qui partage encor le beau feu que j'endure. Cet agréable amant trouve son mal trop doux ; Un ri\»al déplairoit à son esprit jaloux. Déçois, déçois, fantôme, une ame plus facile; Mon cœur ne peut douter de la foi de Pamphile.

PAMPHiLE, tirant son épêe.

Non , non , je ne suis plus cet amant fortuné , Depuis qu'à te quitter les dieux m'ont condamné , Et je rends par ce coup leur colère assouvie.

(Il veut se tuer.)

Toi, juge par ma mort si je n'ai point de vie;

Ne la diffère point.... Où se fonde ta peur,

Si tu crois que ce corps ne soit que de vapeur?

NiSE, le retenant.

Cruel, qu'à mon respect ta rage se retienne, Ou permets à ma main de précéder la tienne. Inhumain , lâche auteur de tous mes déplaisirs , Pamphile , oui , mon cœur s'acccfrde à tes désirs : Tu ne vois plus, mon tout, mon âme suspendue. Ordonne à qui tu veux la faveur qui t'est due, Soumets à ton ami ce misérable corps , Et calme , cher amant , ces furieux efforts ; Qu'il dispose à souhait de ma franchise offerte; Mon cœur, ce déplaisir m'est plus doux que ta perte :

Mon mal s'adoucira par ce contentement^ Que je n'aurai jamais refusé mon amant.

PAMPHILE

Quels dieux m'affranchiront du titre de barbare ? Comment reconnaîtrai-je une faveur si rare? Ne plains point mon tourment, adorable beauté, Puisque mon mal ne vient que de ma cruauté. Possède Florimant, et qu'un siècle de joie Préserve d'accidens vos deux trames de soie.

riN DU TROISIEME ACTE.

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