ACTE IV, SCENE I
Sait bien faire ta voix complice de ton cœur ! Entretiens, entretiens tes nouvelles pensées, Compte combien tes yeux ont de filles blessées, Range encor d'autres cœurs sous le joug de tes lois , Et puis vante partout les glorieux exploits.
( Elle sort. )
FLORIMANT Seul.
Inhumaine beauté , quelle preuve assez forte
Te peut donc témoigner l'amour qui me transporte?
Reviens, belle homicide, et si par mon trépas
Je dois prouver ma flamme à tes chastes appas
Mais sa fuite m'oblige, et me permet de taire
Ce qu'aussi-bien ses yeux ne me verroient pas faire.
Les doux attraits de Nise ont ravi mes esprits ;
Mon cœur a pour objet cet agréable prix;
Céliane y conserve une foible puissance.
Et sa flamme y mourut quand l'autre y prit naissance.
Mais toi qui t'es cliargé du soin de me guérir,
Ami, que ton rapport tarde à me secourir!
Que je languis long-temps dans le dessein d'apprendre
Ce que Nise me doit ou permettre ou défendre ,
Si son cœur est sensible à ma chaste amitié.
Si je dois espérer sa haine ou sa pitié !
Ah ! qu'il vient à propos jouir de cet ombrage
Avec le beau sujet de mon nouveau servage !
2c^S LA CÉLIANE,