‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 207 sur 442 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Sait bien faire ta voix complice de ton cœur ! Entretiens, entretiens tes nouvelles pensées, Compte combien tes yeux ont de filles blessées, Range encor d'autres cœurs sous le joug de tes lois , Et puis vante partout les glorieux exploits.

( Elle sort. )

FLORIMANT Seul.

Inhumaine beauté , quelle preuve assez forte

Te peut donc témoigner l'amour qui me transporte?

Reviens, belle homicide, et si par mon trépas

Je dois prouver ma flamme à tes chastes appas

Mais sa fuite m'oblige, et me permet de taire

Ce qu'aussi-bien ses yeux ne me verroient pas faire.

Les doux attraits de Nise ont ravi mes esprits ;

Mon cœur a pour objet cet agréable prix;

Céliane y conserve une foible puissance.

Et sa flamme y mourut quand l'autre y prit naissance.

Mais toi qui t'es cliargé du soin de me guérir,

Ami, que ton rapport tarde à me secourir!

Que je languis long-temps dans le dessein d'apprendre

Ce que Nise me doit ou permettre ou défendre ,

Si son cœur est sensible à ma chaste amitié.

Si je dois espérer sa haine ou sa pitié !

Ah ! qu'il vient à propos jouir de cet ombrage

Avec le beau sujet de mon nouveau servage !

2c^S LA CÉLIANE,

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