ACTE II, SCENE III
Que vous seule pouvez embrasser ma défense, Faites qu'Arcas et moi trouvions contre ses coups Lin asile assuré pour vous-même et pour nous; Rougissez de mon sang plutôt que de mon crime, Ou que je sois l'objet d'un courroux légitime; Puisque mes pleurs sont vains, et mes cris superflus, Qu'il me voie en état d9 ne lui plaire plus; Faites sa honte encore, et son horreur plus grande. Vous-même portez-lui ce cœur qu'il me demande; Forcez-le de rougir de sa déloyauté.
Et je serai tenue à votre cruauté.
Tu crois par ces discours, impudente, effrontée. Prouver que vainement il t'ait sollicitée; •
Il te donne des vœux, il daigne de te voir, Et tu veux sur sa honte établir ton pouvoir; Tu ne partages pas cette ardeur qui le brûle? 11 te faut Jupin même, et c'est trop peu d'Hercule!
lOLE.
O cielî peux-tu souffrir les ennuis que je sens, Si tes yeux sont ouverts dessus les innocens!
DÉJANIRE
O l'innocente humeur! âme double et traîtresse, Tu portes sans orgueil le nom de sa maîtresse, Et tu n'achètes pas d'un amour infini L'honneur de voir ton sort à son destin uni? Pour une indifférente Alcide se captive; / Il souffre des refus, et sa flamme est oisive! IVe joins plus, insolente, à l'impudicité Ces mépris orgueilleux et cette vanité; Immole à ce brutal le plus beau de ton âge,