Tome II. i
34 HERCULE MOURAiM,
Triomphe à mes dépens de cet esprit volage; Vois ce lâche vainqueur à ton pouvoir soumis , Mais ne me fais point voir au moins mes ennemis ; Rends par eux seulement ta victoire certaine, Tous tes regards ensemble y suffiront à peine. Ton visage qu'il prise est horrible à mes yeux, J'appelle mes démons ce qu'il r»mme ses dieux: Kous trouvons ton abord différemment funeste; Lui comme un doux poison, et moi comme une peste; En ce qui m'épouvante il trouve des appas.
(Elle va pour sortii-. )
lOLE, pleurant et la retenant. Madame....
DÉJANiRE, s'en allant.
Arrête, infâme! et ne suis point mes pas. lOLE , seule avec Arsides»
O ciel! 6 terre! ô dieux! quelle est mon infortune, Que je serve d'objet à leur plainte commune ! Je déplais pour trop plaire, et, contre mon souhait, Je vois que l'un m'adore et que l'autre me hait; Leur haine et leur amour également m'outrage ; L'une plaint son affront, l'autre plaint son servage; Tous deux sur mon honneur font un injuste effort: L'un le veut étouffer, et l'autre le croit mort. De ma perte dépend leur conimune allégeance: L'un prépare le crime et l'autre la vengeance, lole, triste objet et de haine et d'amour, <| Entre ces ennemis tu conserves le jour! Tu diffères la fin d'une vie importune, Et n'oses t'affranchir de mille morts par une! Veux-tu point voir Arcas à tes yeux égorgé? Attends-tu qu'en son sein le poignard soit plongé,