ACTE I, SCENE II
Juge quelle je fus, si tu sais quelle rage
La jalousie excite en un jeune courage,
Et ce qu'outre l'amour l'intérêt de l'honneur
Me fît dire et penser contre ce suborneur.
Mais tous deux me livroient de trop vives atteintes
Pour n'avoir que des |)leurs, ni pousser que des plaintes;
Ce sont de nos affronts des vengeurs imparfaits :
Qui ressent vivement doit passer aux effets.
J'ai déguisé mon sexe, et suivois l'infidèle
Pour divertir l'effet de son ardeur nouvelle ,
Quand la rage des vents, ces fiers tyrans des eaux,
En ce bord étranger a jeté nos vaisseaux.
(Rodolphe et Ferraudc paioissentj ils sont poursuivis par quatre pirates, Vépée à la main.)
Mais, dieux, en quel état et dans quelle aventure Le ciel à mes regards expose ce parjure! Donnons, mon cher Cléandre , et par cette action Fais-moi preuve aujourd'hui de ton affection.