‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 257 sur 442 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

(une prison.) RODOLPHE, CLÉANDRE, les fers aux mains.

RODOLPHE

C2uEL destin m'interdit et la mort et la vie? Que ne m'est la dernière ou permise ou ravie ! Au captif si long-temps incertain de son sort Chaque instant de sa vie est pire que la mort. Noires filles du Temps, divinités avares , Que dans les beaux dangers vos faveurs sont barbares î Pourquoi, me rencontrant parmi tant de combats, S'engourdissoient vos mains et ne m'attaquoient pas? Que ne m'atteigniez-vous aux brèches des murailles Où j'ai vu des héros faire leurs funérailles? Pourquoi dedans un camp, pourquoi dans les duels Vos traits m'épargnoient-ils? Pour m'être plus cruels, Pour ôter à ma mort l'honneur que je souhaite , Pour réserver aux vents le soin de ma défaite , Et de l'humide sein de l'instable élément Me voir jeter aux fers, des fers au monument? Certes , non sans raison y un élénlent perfide

Page 1