‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 258 sur 442 · ACTE IIÏ, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IIÏ, SCENE I

Devoit on quelque sorte être mon homicide : Je ne m'étonne pas, si léger, si mouvant. Que je sois le jouet et de l'onde et du vent. Tl étoit, belle .Vlphrède, il étoit légitime Que le ciel égalât ses armes à mon crime, Et que voulant punir le mépris de ma foi , Ma mort eût des auteurs inconstans comme moi.

CLÉANDRE

Puisse de nous le ciel détourner toute injure ! Mais je crains pour Alplirède une triste aventure: Depuis qu'on la tira de ce triste séjour. Le soleil quinze fois a ramené le jour Sans qu'on nous ait parlé d'aucun point qui la touche : A peine à ces voleurs un mot sort de la bouche ; Et je n'ose me plaindre, en la doute où je suis Que la mort ait déjà terminé ses ennuis.

RODOLPHE

Le ciel lui soit plus doux!

CLÉANDRE

Je sais quelle folie Est à l'homme une peur sur un songe établie ; ,,

Mais ce triste soupçon m'inquiète si fort, Que je ne vois la nuit qu'images de la mort, Que spectres , qu'ossemens , que feux , que précipices , Que juges, que bourreaux, que fers et que supplices; Et toujours tant de trouble à mon sommeil est joint , Que mon repos dépend de ne reposer point.

RODOLPHE

Les dieux dessus moi seul répandent leurs disgrâces î Que tombe sur moi seul l'effet de leurs menaces! Mais combien à propos Ferrande vient ici !

376 LA BELLE ALPHREDE,

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