‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 272 sur 442 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les MiMEs; ALPHRÈDE, en cavalier; ACASTE, EURILAS.

PREMIER VALET., aux autres^ Eraste a fait son coup; amis, retirons-nous.

(Ils sortent)

isK^E'L'L'E^ h Eurilas.

Achève ton forfait; viens, monstre sanguinaire, Viens confondre le sang des filles et du père. Ah! ma sœur, étouffons ce serpent odieux, La honte de la terre et la haine des cieux.

EURILAS , se démasquant.

Ma fille, quel respect, quel devoir de nature Te permet ce transport?

( Alphrède et Acaste se de'masquent.) ISABELLE.

Quelle est cette aventure?

Que vois-je? est-ce mon père? 6 ciel! ô justes dieux! Dois-je ici m'assurer au rapport de mes yeux?

EURILAS.

Baise à ces cavaliers les mains qui t'ont servie; D'elles tu tiens l'honneur, d'elles je tiens la vie : A leur rare valeur le ciel avoit commis Le fléau qui devoit choir sur nos ennemis.

ISABELLE

Je ne puis qu'être ingrate à ce plaisir extrême ; Mais la vertu, mon père, est le prix de soi-même; Et qui sait dignement employer un bienfait, Seul prend sa récompense et seul se satisfait.

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