‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 304 sur 442 · ACTE V, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE X

Et de deux grands rivaux fera deux grands amis.

(A ftodoliihc.)

Certes , mon cher Rodolphe , il faut que je confesse

Que la vie à chacun est une belle hôtesse,

Et qu'un homme bien sain ne peut qu'imprudemment

S'exposer au hasard de son bannissement :

Elle s'aime chez nous; mais depuis qu'on la chasse,

Elle en sort pour jamais et jamais ne repasse.

Soyons plus ménagers d'un bien si précieux,

Et songeons s'il se peut à vous contenter mieux.

Tout votre deuil consiste en là perte d'Alphrède :

Eh bien ! ce mal est grand , mais n'est pas sans remède ;

Je connois un objet qui ne lui cède pas,

Un miracle accompli de charmes et d'appas.

Qui recevra vos vœux comme un lionneur extrême,

Et que vous priserez autant qu'Alphrède même.

( Bas au Page.)

Page , allez , hâtez-vous.

(Le Page sort.) RODOLPHE.

O ridicule peur!

O dans un mâle sein lâche et débile cœur! Combien me deviendroit la lumière ennemie. Que j'aurois conservée avec tant d'infamie !

Quant à moi je préfère, et crois n'avoir point tort, La plus honteuse vie à la plus belle mort. Mais , au reste , arrivant qu'ayant vu ce visage , Alphrède pût encor vous plaire davantage , Tenez ma lâcheté hors de comparaison Si je me défends plus de vous faire raison. Contemplez seulement cette rare merveille.

43o LA BELLE ALPHREDE,

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