SCÈNE XL
Les mêmes; ALPHRÈDE, en femme; LE PAGE.
ISABELLE
Dieux! qu'est-ce que je vois?
CLÉANDRE
Rêvé-je, ou si je veille?
ACASTE
Rodolphe, au nom d'Amour, tournez ici les yeux.
RODOLPHE
Non, non, tous les attraits des beautés de ces lieux, Hélène renaissante avecque tous les charmes Qui de tant de héros ont exercé les armes, Le plus divin sujet qu'on ait jamais vanté, La perfection même et la même beauté, Trouveroient en mon cœur un rocher insensible. Et le verroient pourvu du titre d'invincible; Leurs efforts seroient vains, et leurs plus doux appas Employés sans effet ne te sauveroient pas.
Mais les doux ornemens dont le ciel l'a pourvue Méritent bien au moins l'honneur de votre vue. Jetez les yeux ici.
RODOLPHE
Rien ne les peut toucher; Ton père a démoli tout ce qui leur fut cher, Et rien ne leur plairoit quand Vénus elle-même Viendroit du sein de Mars me dire qu'elle m'aime ; Quand Junon descendroit de la table des dieux ,