Tome II. 1 3i
482 LA PÈLERINE AMOUREUSE, Qui contre ses parens fait sa rébellion. Elle peut éviter qu'un autre la possède , Et n'ose en ce besoin employer ce remède; Enfin par mon avis elle tente autrement Le moyen d'éloigner cet importun amant, Et feint une manie avec tant d'artifice, Qu'il est bien malaisé qu'elle ne réussisse ; Nous n'avons point jugé de remèdes meilleurs, Et bientôt Lucidor aura dessein ailleurs. Source de charité , dont toute âme est ravie ! De vous seule dépend son honneur et sa vie; Favorisez leur flamme et travailler pour eux En l'exécution d'un dessein généreux; Cachez cet accident qui perdroit son estime, Quoiqu'il soit nécessaire et sa fin légitime ; Et feignez que le mal qui trouble sa raison Peut en sa seule mort trouver sa guérison. D'autres en Lucidor causeront d'autres plaies. Et cette peine feinte en finira de vraies.
ANGÉLIQUE, à/7ârr^.
O discours favorable! heureuse occasion Oii je puis m'employer à sa confusion !
( A la Nourrice.)
Oui, je vous promets tout, et voue à cette belle Ce qui dépend d'une âme et discrète et fidèle; Ordonnez seulement , et ne réservez rien De tout ce que mes soins pourront pour votre bien. Voyons-la de ce pas.
LA NOURRICE
O dieux! de quel service Pourrons-nous reconnoître un si pieux office?
( Elles sortent. )