‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 35 sur 442 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Elles n'ont plus d'appui, de roi, de protecteur. Et de cet accident mon bras seul est auteur.

(Elle devient furieuse. )

Ah! je découvre enfin l'appareil de ma perte;

D'affreuses légions la campagne est couverte ;

Le juste bras du cici sur ma tête descend;

Les enfers vont s'ouvrir, et la terre se fend;

Déjà Mégère sort, et ses noires couleuvres

Vont ajouter ma perte à leurs tragiques œuvres.

Que faut-il? Ce héros ne veut-il que mon sang?

Il est prêt à sortir; piquez, percez ce flanc.

Mais quel dieu, quel démon, ou quel bras redoutable,

Lance contre mon chef ce roc épouvantable ?

A. ce coup, à ce coup, je vais perdre le jour!

Pardon : mon crime , ô ciel ! n'est qu'un crime d'amour.

Mais que dis-je? ma mort est encore incertaine,

Et je veux différer une si juste peine I

Non, non, ces ennemis ont un courroux trop lent;

Je saurai bien mourir d'un coup plus violent;

La main qui tue Hercule est assez généreuse

Pour ne rebrousser pas contre une malheureuse.

Allons, de mille coups sur ce coupable corps,

Réparer une mort pire que mille morts.

LUSCINDE

Dieux! c^mme furieuse et comme abandonnée V • Elle cherche où finir sa triste .^iestinée ! O ciel! ô juste» dieux! détournez son trépas : Mais elle est déjà loin : courons, suivons ses pas.

FIN DU TROISIÈME ACTE

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