‹ Œuvres de Jean Rotrou. [Editées par Viollet-Le Duc]Chapitre 361 sur 442 · Tome IL 3a · texte numérisé non relu

Tome IL 3a

De la confession de toutes ces merveilles.

Elle aime Lucidor, mais si discrètement

Qu'aux yeux de ses jaloux son amour se dément :

Pour l'un elle a dès vœux, pour l'autre des promesses;

Lucidor cependant a toutes ses caresses,

Et, tandis qu'à nos yeux une feinte rigueur

S'adresse à cet amant, il possède son cœur.

Ecoutez ce qui reste , et comment l'avarice

Fait aux plus innocens employer l'artifice':

Ce vice, qui ne naît que proche du trépas,

A leur jeunesse même a semé des appâts :

Pour tirer plus de biens des parens de Célie,

Lucidor l'a portée à feindre la folie ;

C'est tout ce que je sais; son père, cependant,

Qui ne se peut résoudre en pareil accident:

Filène , m'a-t-il dit, cours épargner la peine

De cet objet charmant; dis que Célie est saine;

Fais-lui de ce qui touche et ma vie et mon bien

Une offre de ma part, et ne réserve rien.

ANGÉLIQUE

Adieu, qu'il vive heureux. Ainsi mon espérance En un même moment naît et meurt dans Florence! Ainsi le désespoir, les pleurs et le tourment Me restent pour faveurs de ce perfide amant! Célie aime ce traître; et cette âme rusée De tant de vains soupirs a la mienne abusée! Meurs , déplorable amante ; un effort généreux Finira les rigueurs de ton sort malheureux. Peux- tu sans lâcheté survivre à l'infamie D'avoir aveuglément servi ton ennemie ?

Peux-tu voir en ses bras l'objet de tes désirs,

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