ACTE V, SCÈNE IX. 5a
LUCIDOR.
Sont-ils faits?
FILIDAN.
J'en ai fait*pour un mélancolique Qui lave de ses pleurs le tombeau d'Angélique , Et non pour un esprit qui paraît si content , Et qui ressent si peu ce qui l'affligeoit tant.
LUCIDOR.
Tu vois, cher Filidan, les adorables charmes
Que j'ai cru n'être plus et qui causoient mes larmes.
Madame, ce travail qu'il vouoit à mes pleurs
Peut mieux que mes sermens vous prouver mes douleurs.
Voyez en quels discours cet esprit estimable
A figuré mon deuil.
FILIDAN.
O rencontre agréable !
LV C]DOB. prend les i^ers et lit.
« Mort, horrible fléau Jes humains, Qui sur les célestes ouvrages Porte tes dangereuses mains Toujours sanglantes de carnages; Fière et barbare déité, Qui d'une aveugle cruauté Dévores tout ce qui respire , .
Si tu ne peux ni voir ni guérir mon tourment, Accrois d'un sujet ton empire :
Rends la maîtresse, ou prends l'amant.
L'Amour, ce tyran triomphant, D'un même trait blessa nos âmes; Pour l'imiter, en l'étouffant, D'un même trait éteins nos flammes.
Angélique vit si je vis , •