C:ÉPHISE
Non.
THÉANE.
Je l'ai vu , menteuse , à la faveur de l'ombre ; Et je vous écoutois en cet endroit si sombre.
CÉPHISE
Un amant par sa voix imploroit mon secours.
Mais brisons , je vous prie , ou changons de discours.
THÉANE.
Tu m'offenses, ma sœur : quelle injuste croyance, Quel aveugle soupçon cause ta défiance?
T'es-tu dessus ma foi fiée à tes dépens , Et parlé-je de rien si tu me le défends?
CÉPHISE
Qu'en l'esprit des mortels l'inconstance est commune î Mais j'ai trop dit ; adieu , ce discours m'importune.
T H É A N E , la retenant.
Achève-le pourtant, tout importun qu'il est; Car ce discours, sans doute, est de mon intérêt. Tu semblés me chérir d'une ardeur si parfaite, Et tu pourrois, ma sœur, être amie et secrète! Tous ces efforts sont vains : je ne te quitte point, Ou tu contenteras mon esprit sur ce point.
CÉPHISE
Thimante est trop coupable, il faut que je le die: Prépare tes desseins contre sa perfidie; Eteins ces feux naissans , et perds le sentiment Que tu m'as témoigné pour cet indigne amant. Vois ce léger esprit d'un œil aussi sévère Que tu me verras sourde à sa lâche prière.